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Archives de janvier, 2017

Habiter Griffintown

La vue sur les immeubles de Griffintown et les gratte-ciel du centre-ville, avec le mont Royal à l’arrière-plan, est une des plus belles de la métropole.

La vue sur les immeubles de Griffintown et les gratte-ciel du centre-ville, est une des plus belles de la métropole.

J’habite Griffintown depuis plus de six ans maintenant, et il est bien possible que j’y demeure jusqu’à la fin de mes jours, car je ne vois pas de quartier à Montréal qui me convienne mieux.

Pourquoi Griffintown ? Pour être près du centre-ville, mais sans l’agitation qui y règne. Pour la vue qu’on y a de la montagne et du centre-ville. Pour la proximité du Vieux-Montréal, du Vieux-Port, du parc Jean-Drapeau et du canal de Lachine. Mais surtout, pour faire (presque) tout à pied, ce qui est bien commode quand on a choisi de vivre sans auto. C’est ce qu’on appelle savamment aujourd’hui le transport actif, un mode de déplacement qui comprend, outre la marche, le vélo ainsi que le patin ou la planche à roulettes, des bidules bien sympas qu’on peut voir également dans notre quartier mais que je préfère laisser aux autres.

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La si belle victoire de Federer !

Son triomphe, Federer le doit à la solidité de son revers.

Son triomphe, Federer le doit à la solidité de son revers.

Même si je connaissais déjà le résultat, j’ai regardé en entier la finale opposant Federer à Nadal, sans même rater un point. Certes, c’eût été plus excitant de la suivre en direct. Mais je ne suis pas sûr que j’aurais survécu. Il y a eu dans ce nouveau « fedal » tellement de revirements, tellement de tournants, tellement de points cruciaux qu’il aurait fallu doubler ma dose d’antiarythmiques. Et je ne suis même pas certain que ça aurait suffi, notamment au début de la cinquième manche quand ce diable de Rafa a pris le service de Roger et résisté à des tonnes de balles de bris pour s’envoler avec une avance de 3-1. Là, c’est d’antidépresseurs dont j’aurais eu besoin. Mais grâce aux vertus de l’enregistreur, ce merveilleux bidule qui permet aussi de sauter les pubs, je suis encore en vie ce soir.

Regardée en différé, j’ai adoré cette finale. Je l’ai trouvée passionnante pendant quatre manches et époustouflante au dernier set. Je me suis même pris à aimer Nadal. Si, si, je vous assure. Non seulement j’ai trouvé son jeu admirable, mais même son attitude m’a paru très correcte. Vous me direz que je serais sans doute moins élogieux s’il avait gagné. On ne peut rien vous cacher. N’empêche que j’ai apprécié à sa juste valeur sa formidable pugnacité, son remarquable coup droit et ses volées trop rares mais si habiles. À mes yeux, son excellence a rendu l’exploit de Federer (un 18e Grand Chelem tout de même) plus grand encore. Permettez-moi un instant de grandiloquence, moi qui préfère la moquerie, cette finale était épique.

Je suis évidemment très heureux de la victoire du Maestro, dont je suis passionnément la carrière depuis qu’il a battu le grand Sampras à Wimbledon en 2001. Je regrette juste de n’avoir pas cru en ses chances, mais je ne suis pas le seul. « Je me sens un peu con, m’a écrit Ray59, d’idolâtrer un joueur pendant des années, de le considérer comme le meilleur de tous les temps et de ne pas être capable de croire une seconde en sa victoire… J’étais blasé, Roger non… » J’aurais pu dire la même chose, mais j’ajoute que je suis très content de m’être fourvoyé. (suite…)

L’Open d’Australie est fini

Attention : le texte qui suit contient des railleries qui pourraient choquer les rafans. La prudence est de mise.

Rafa rugissant, le poing brandi, l'œil assassin. (Getty Images)

Rafa rugissant, le poing brandi, l’œil assassin. (Getty Images)

Pour moi, l’Open d’Australie a pris fin avec la très belle demi-finale opposant Roger Federer à Stanislas Wawrinka. Je ne suivrai ni la finale Dames ni la finale Messieurs. Je manquerai peut-être deux affrontements épiques, mais tant pis !

Passons vite sur le duel qui opposera les deux Williams. J’ai du mal à regarder les matchs de l’une et l’autre. Alors, imaginez l’une contre l’autre. Si les sœurs ne mélangent pas leurs nombreuses pilules, Serena devrait l’emporter en trois manches sur Venus, fracassant du coup le record prestigieux de Steffi Graff. Mais on s’en fout.

Rafael Nadal, lui, ne risque pas de mélanger ses ordonnances avec qui que ce soit. Il sera donc fin prêt. Je sais que beaucoup salivent déjà à l’idée de ce nouveau « fedal », un classique, dit-on. Pas moi. J’ai encore essayé de regarder Rafa jouer pendant ce tournoi. Rien à faire. Après dix minutes, c’est comme si j’écoutais un discours de Donald Trump, j’ai envie de fracasser mon bel écran plasma. Après douze ans, je n’en peux plus de voir le Majorquin suer, grimacer, ajuster son slip et ses mèches, ou de l’entendre rugir, le poing brandi, l’œil assassin.

C’est plus fort que moi, je n’arrête pas de changer de place sur la causeuse, je tire mon slip, la tête me démange, je deviens moi-même tiqueur, je peste sans arrêt. Un peu plus et je me mettrais à « sacrer » comme le metteur en scène Denoncourt à Tout le monde en parle. Rafa est assurément un grand champion, mais il m’insupporte. N’étant pas masochiste, je ne vais pas me lever à 3 h du mat pour le regarder placer méthodiquement ses bouteilles ou sauter comme un dingue pendant le tirage au sort.

Il est probable malgré tout que je vais enregistrer ce « fedal ». Si Nadal est battu, je regarderai les derniers jeux pour avoir le plaisir, peu glorieux mais combien jouissif, de le voir perdre. Mais il ne perdra pas. Il y a un antidote à son jeu teigneux, mais seul Novak Djokovic l’a trouvé, et il a disparu au deuxième tour. Federer a un jeu sensationnel, le plus beau du tennis. À 35 ans, c’est un délice de le voir encore survoler les courts. Mais il commet trop de fautes pour triompher d’un Nadal au jeu appliqué, un peu terne peut-être, mais d’une terrible efficacité. Le Majorquin devrait l’emporter en quatre manches.

Huit milliardaires aussi riches que la moitié de l’humanité

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a empoché pas moins de 11,2 milliards de nouveaux dollars en 2016.

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a empoché pas moins de 11,2 milliards de nouveaux dollars en 2016.

« À l’occasion de l’ouverture du forum économique de Davos, écrit Vanity Fair, l’association britannique Oxfam a publié un rapport choc dénonçant l’accroissement des inégalités dans le monde. Et pour cause, huit individus se partagent tranquillement plus de 426 milliards d’euros, soit l’équivalent de ce que la moitié de ce que l’humanité possède. » Je vous rappelle que la moitié de l’humanité, c’est la bagatelle de trois milliards six cent millions de personnes.

La liste de privilégiés comprend notamment Bill Gates, le fondateur de Microsoft, dont la fortune atteint tranquillement 75 milliards de dollars, et Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, qui a empoché pas moins de 11,2 milliards de nouveaux dollars en 2016. Comme on dit, ces deux-là craignent plus la fin du monde que la fin du mois. On dira que l’un et l’autre alimentent des fondations humanitaires. Sans doute. Mais je doute que leur générosité compense la disparition des profits de leurs entreprises dans les paradis fiscaux.

Certes, on peut chipoter sur la méthodologie qui a engendré ces chiffres effarants. Reste qu’ils prouvent que nous ne vivons plus dans des démocraties, mais dans des ploutocraties.

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Soixante-douze ans

D’ici mon centième anniversaire, je devrais être tout à fait serein.

D’ici mon centième anniversaire, je devrais être tout à fait serein.

Atteindre 70 ans, c’est impressionnant. Ma compagne, qui vient tout juste de franchir ce cap, pourrait vous en dire quelque chose. Mais avoir 72 hivers, comme je l’aurai demain, c’est le train-train de l’existence. Une fois de l’autre côté du miroir, du côté des vieux, la vie continue, et ce n’est pas si terrible. J’ai du temps devant moi. Il me reste huit ans avant mes 80 ans, le prochain grand cap.

Bien entendu, fêter ses 72 ans sereinement suppose que l’on soit en forme. Et je le suis. Je sens même en moi une grande énergie, une vitalité qui croît au lieu de décroître. Ça doit être parce que Lise court cinq kilomètres un matin sur deux pendant que je reste au lit ; ça me fait un bien énorme !

Cela suppose également que la santé soit bonne. Et elle l’est. Ma dernière échographie cardiaque était impeccable et mon cardiologue s’est montré très rassurant. Ma nouvelle docteure, en revanche, est d’une nature plus inquiète. J’aimais bien son prédécesseur, qui n’était pas très zélé. Il ne faisait aucun suivi de la prostate (plus de doigt vous savez où) et ne demandait aucun bilan sanguin. Ma docteure a exigé au contraire un examen sanguin complet en plus d’une analyse et d’une culture d’urine. Elle voulait aussi que je voie un urologue et que je passe un test d’ostéodensitométrie pour s’assurer que mes vieux os ne sont pas troués par l’ostéoporose (ce qui, bien évidemment, ne serait pas rose). C’est sans compter le scanographe pour un polype dans le nez ainsi que l’inévitable et si plaisante colonoscopie.

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Déménager ou rester là : la suite

Une publicité des Bassins du Havre.

Une publicité des Bassins du Havre.

En août dernier, j’ai raconté la rage de déménagement qui s’était emparée de nous à la fin de nos aventures de caravaniers (1). Nous étions allés visiter, souvenez-vous, toutes les salles de montre de Griffintown en plus de jeter un œil aux tours du centre-ville. Nous avions même fait une offre en bonne et due forme pour un appartement dans la phase 4 du Lowney sur Ville. Offre que nous avions résiliée deux jours après.

Puis deux mois plus tard, nous avions réservé un beau condo dans la phase 2 des Bassins du Havre, avec superbe vue sur la montagne et le centre-ville. Mais une fois de plus, on avait fait marche arrière. Cette fois, le projet de déménager paraissait définitivement abandonné. Nous nous étions donné plein de bonnes raisons pour rester là où nous étions. On avait déjà un bel appartement, s’était-on dit, ajoutant qu’il était inutile de déménager pour rester dans le même quartier, qu’un déménagement coûte cher en argent et en temps, que la vente d’un condo, c’est stressant, etc. Ce ne sont pas les arguments qui manquaient. On en a beurré épais en espérant que le mélange devienne bien collant. Eh bien, la colle n’a pas tenu plus de deux mois.

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De belles lectures en 2016 (2)

abandon

J’avais limité ma liste de belles lectures pour 2016 à dix titres. Mais ce choix me semble un peu trop restrictif. Voici donc quelques livres supplémentaires.

En attendant impatiemment la publication en français du troisième tome d’Une amie prodigieuse, je me suis lancé dans un roman antérieur d’Elena Ferrante, Les jours de mon abandon. L’opus commence sur les chapeaux de roue. « Un après-midi d’avril, aussitôt après le déjeuner, mon mari m’annonça qu’il voulait me quitter. Il me le dit tandis que nous débarrassions la table… » J’ai rarement lu une ouverture aussi réussie. Un paragraphe et j’étais accroché.

S’ensuit une descente aux enfers qui dure des mois et que la romancière italienne nous décrit avec une force remarquable. C’est très puissant, notamment pendant les chapitres qui décrivent l’interminable journée où l’épouse abandonnée touche le fond. Mais attention, il ne faut pas être soi-même déprimé pour se lancer dans cette longue description d’une âme torturée par la jalousie, la colère, l’agressivité, la dépression et l’anxiété. Cela dit, une fois embarqué, vous voudrez savoir s’il y a une vie après l’abandon.

On a parfois critiqué la traduction française des œuvres de Ferrante. C’est mieux depuis qu’elles sont traduites par Elsa Damien. Mais dans Les jours de mon abandon, il y a des passages très crus qui, selon moi, sont plutôt mal rendus dans notre langue. Mais le roman est si fort qu’on finit par oublier que traduire, c’est trahir un peu.

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de Mourir, mais pas trop, le deuxième recueil de nouvelles de mon ex-collègue Agnès Gruda. « Agnès a pris du métier, avais-je écrit. Elle a un sens du récit qui me rappelle le maître du genre, Guy de Maupassant. Comme lui, elle sait construire en quelques pages un scénario qui a du punch. »

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire La petite communiste qui ne souriait jamais, de Lola Lafon, un récit biographique inspirée par Nadia Comaneci. L’auteure prend sans doute beaucoup de libertés, au point d’imaginer un dialogue avec la célèbre gymnaste. Mais le résultat est audacieux et passionnant. À travers l’histoire de Nadia, Lola Lafon brosse un portrait des pays communistes de cette époque.

J’ai également beaucoup aimé Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan, dont j’ai vanté il y a deux jours D’après une histoire vraie. Le premier raconte la vie de sa mère. Si vous lisez les deux œuvres, c’est celle-là qu’il faut découvrir en premier. Vous comprendrez pourquoi en lisant la deuxième.

Enfin, un des plaisirs de la lecture étant la relecture, j’ai relu avec bonheur le chef-d’œuvre d’Alberto Moravia, Le mépris. Je me propose de le relire cette année, mais cette fois en italien.

Je vous souhaite de bien belles lectures en 2017 !

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