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Archives de octobre, 2008

Et maintenant le retour

Dans mon dernier envoi, je vous conseillais la rue Masséna, moins touristique, disais-je. J’avais tout faux. Il s’y promène autant de touristes que dans le Vieux-Nice. Rien de surprenant du reste, car cette rue piétonne est à deux pas des grands hôtels et de la promenade des Anglais.

Pour se retrouver avec les Niçois, il faut fuir un peu plus loin. Mais pas beaucoup. Les touristes, c’est bien connu, sont moutonniers et peureux. Ils ne s’aventurent jamais bien loin de leur hébergement et s’assurent, quand ils entrent dans un restaurant, qu’on pourra leur parler en anglais.

Nous voilà donc juste un peu en périphérie du quadrilatère touristique. Et là, ô merveille, on découvre la vie niçoise, laquelle m’a l’air bien agréable. Nous sommes allés deux fois au même restaurant, tenu par un homme d’un âge certain (à peu près le mien) particulièrement chaleureux. La seconde fois qu’il nous a vus, il nous a offert l’apéro.

Nous avons aussi poursuivi notre visite des musées. Lundi, nous sommes allés au Musée asiatique. Un très beau bâtiment, mais un peu vide côté contenu. À moins que je n’aie rien compris à l’esprit zen. Soit dit en passant, c’était gratuit. C’était aussi gratos le lendemain au Musée d’art moderne et contemporain. J’ignore comment ils font pour survivre, mais c’est bien sympa. Ce musée est le second coup de foudre de notre séjour à Nice.

Je ne sais pas si c’est parce que les musées ne coûtent pas un rond, mais nous avons ensuite dépensé une petite fortune dans une boutique de vêtements. J’entrais pour acheter un jean. On est ressorti avec la moitié du magasin. C’était pour se consoler des pertes des dernières semaines en Bourse.

Bon, dans quelques minutes se sera l’opération valises, puis demain, une journée d’aéroports et d’avions. Comme d’habitude, nous voilà un brin nostalgiques. Heureusement que vous êtes là et qu’on vous aime beaucoup. Sinon, on céderait peut-être au charme de la Côte d’Azur.

Ce fut, au total, est bien beau voyage. J’ai eu, il est vrai, quelques soucis avec le déconnage horaire (à moins que ce ne soit le décollage horaire). Il y a eu quelques déceptions. Mais minimes en fait. Nous avons été bien accueillis et nous repartons heureux d’être venus.

Nous vous embrassons. À bientôt.

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De retour à Nice

Nous avons retrouvé avec beaucoup de plaisir Nice, sa merveilleuse baie des Anges, sa superbe promenade des Anglais et ses beaux palais. Depuis deux ans, la ville s’est encore embellie. Un tramway tout neuf et tout rutilant la traverse. Au bout de son parcours, on a aménagé un grand parc agrémenté de fontaines.

Notre petite connaissance de la ville ne nous a pas empêchés samedi de nous retrouver dans un piège à touristes. Dans le Vieux-Nice, en effet, nous avons débouché sur une grande place, où l’on trouve des dizaines de restaurants. À chaque entrée, une préposée tente de harponner le touriste de passage à coups de menus, tous plus alléchants les uns que les autres, paraît-il. À la 33e place, si j’ai bien compté, nous avons fini par entrer. Qu’avons-nous choisi ? Vous n’avez pas deviné encore ? Une salade niçoise bien sûr. C’était bien, tant côté prix que côté goût. Mais il y avait là bien trop de touristes, british surtout, pour qu’on y retourne. Après tout, quand on veut entendre parler anglais, l’ouest de Montréal fait très bien l’affaire.

Dès le lendemain, nous avons retrouvé avec bonheur la rue Masséna, une grande voie piétonne fréquentée par les Niçois et les Niçoises. Ce n’est pas moins cher, ce n’est vraisemblablement pas meilleur, mais c’est plus sympa.

L’hôtel où nous logeons est couci-couça. La nuit dernière, Lise a entendu ronfler notre voisin. Et moi, je l’ai entendu écouter la radio vers 6 h du matin. Quel con, ce mec ! Mais il a réglé sa note, de sorte que nous devrions mieux dormir cette nuit. Enfin, quand on a choisi par l’internet un hôtel à 65 euros, il ne faut pas s’attendre au confort du Négresco, le grand hôtel devenu l’icône de la ville. Et puis, il y a une connexion wi-fi grâce à laquelle je vous écris. Alors, on ne se plaindra pas.

Je m’en voudrais de terminer sans vous parler du musée Chagall, que nous sommes allés visiter cet après-midi. Si vous aimez ce peintre, c’est LE musée à voir à Nice. Plus encore que celui de Matisse, où nous étions allés il y a deux ans. On y trouve, notamment, une série de grands tableaux connus sous le nom de Message biblique. Ne soyez pas rebutés par le sujet. Ces œuvres n’ont rien de vraiment chrétien. Chagall était d’ailleurs un bon vieux Juif. Sa vision de l’Ancien Testament est plus spirituelle que religieuse. Il voit la Bible « comme la plus grande source de poésie de tous les temps ». Le peintre voulait qu’on y trouve « une certaine paix, une certaine spiritualité, un sens à la vie ». J’y ai ressenti pour ma part une grande émotion de beauté.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

Une journée à Aix

Comme dans la chanson de Brel, je voulais voir Saint-Tropez, mais on a vu Aix-en-Provence. C’est là que mon amour avait décidé d’aller. J’ai bien résisté une nuit entière, mais au matin, sous la torture, j’ai fini par céder.

Je ne le regrette pas toutefois, car Aix est une fichue de belle ville. Primo, on y entend presque partout ce bel accent provençal que j’aime tant. Secundo, c’est chic et classe. Tertio, il y a des jeunes, plein de jeunes. Et enfin, il y a des tonnes de belles filles. Je ne me souviens pas d’en avoir vu autant de mignonnes depuis Sienne. Ce qui n’est pas peut dire.

Après une journée passée à Aix, j’en conclus que le Var, juste à côté, est devenu un département de retraités. Quand ils sont le moindrement fortunés, les gens âgés quittent la grisaille du Nord pour venir s’installer dans cette région réputée pour ses hivers particulièrement cléments.

Mais quand on est devenu soi-même un vieux croûton, il me semble qu’un peu de belle jeunesse sert de fontaine de Jouvence. Dans le Var, on voit plein de têtes grises ou teintes. Les plus mal en point déambulent avec une, voire deux cannes, et parfois même en fauteuil roulant. Tant mieux pour eux si le soleil du Midi vient réchauffer leurs articulations. Mais moi, ça me déprime un peu.

Il y a sans doute des retraités que ce voisinage de retraités rassure. Moi pas. Le dernier endroit où j’irais vivre, c’est bien dans une tour de pensionnés. Elles poussent comme des champignons en ce moment autour de Montréal.

Vivre avec des jeunes nous force à assumer nos rides, nos cheveux gris, nos articulations raides. Mais c’est plein de vie. C’est la vie qui continue.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

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