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Archives de la catégorie ‘Voyages – Amérique’

Un hiver facile, qu’ils disaient

Pendant notre séjour de trois mois au royaume des snowbirds, on n’a cessé de nous dire que l’hiver était facile cette année chez nous. C’était sans doute vrai, mais depuis notre retour rien n’est plus faux. Nous étions à peine sortis de notre Grande bleue qu’une vague de froid, la première de l’année, s’abattait sur le Québec. Passer brusquement de plus 20 à moins 25 degrés Celsius a constitué une initiation assez brutale à l’hiver québécois.

Depuis, nous avons connu d’autres grands froids, mais aussi de la neige, de la pluie, du grésil et du verglas. Bref, depuis notre arrivée, nous avons eu droit à tout ce qu’on déteste l’hiver : le froid, bien sûr, mais aussi les trottoirs givrés, la sloche au coin des rues, l’humidité qui nous transit, les vents polaires qui s’engouffrent entre les gratte-ciel et trouvent des failles dans nos vêtements. À quelques reprises, quelques minutes après avoir mis le nez dehors, on s’est dit que la course que nous avions projetée, après tout, pouvait attendre. Un jour, c’était à cause du froid; le lendemain, de la pluie; le surlendemain, du froid encore. Rien pour nous réconcilier avec l’hiver quoi!

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Bye, bye, Florida !

Sur le chemin du retour.

Sur le chemin du retour.

Nous étions très contents de quitter le Naples RV Resort. Mais nous n’avons pas été très heureux d’arriver au Gulfair Resort, à Fort Myers Beach. J’ai dit à Lise : «Je crois que nous ne pourrons descendre plus bas.» Difficile d’imaginer en effet plus affreux et plus quétaine. D’autant que les pluies des derniers jours avaient donné au terrain un maquillage de boue qui l’enlaidissait encore plus. «J’aimerais mieux retourner au Québec que de continuer à fréquenter des endroits pareils!» ai-je ajouté.

Étais-je visionnaire? Toujours est-il que, quatre jours plus tard, nous avons été contraints de reprendre la route du nord. C’est que le lit mural de notre autocaravane est resté coincé dans une position qui ne nous permettait plus de l’utiliser. Nous n’aurions même pas pu nous coucher en position debout comme Papa et Maman dans La petite vie. Les deux premiers mécanos consultés nous ont avoué ne pas pouvoir faire grand-chose. J’ai téléphoné chez Horizons Lussier, le concessionnaire Leisure pour le Québec, où on nous a confirmé, avec autant de gentillesse que d’honnêteté, que ce type de réparations était généralement compliqué.

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Record de pluie et docteur $US

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Carole, une voisine, vient de m’envoyer les statistiques : «Il est tombé 12,98 pouces de pluie en janvier, lance-t-elle. Le record de 1991 était de 7,95 pouces et la moyenne est de 1,94 pouce… Conclusion : un mois de janvier des plus pourris… Vive la Floride !!!» Carole et son mari Alain ont été nos compagnons d’infortune pendant 31 jours au Naples RV Resort. Ils occupaient un emplacement particulièrement boueux, on l’on voyait leurs deux vélos émerger au milieu d’une grande flaque d’eau derrière leur belle autocaravane.

Les chiffres accablants de janvier m’ont pourtant fait plaisir. Ce n’est pas que je me complaise dans nos malheurs de caravaniers. Mais en me relisant parfois, il m’arrive de me trouver moi-même râleur. Les données de notre voisine m’incitent donc à croire que j’avais quelques bonnes raisons de me plaindre. Plus de douze pouces au lieu de deux, c’est, si je compte bien, six fois plus que d’habitude. Je pouvais bien trouver le camping marécageux et le temps moche. J’aurais même pu, dans les circonstances, me lamenter davantage, il me semble.

D’autant, je vous le rappelle, que j’ai été malade. Je veux bien croire qu’une infection urinaire, ce n’est pas un infarctus. N’empêche que, même si ce n’est pas mortel, c’est douloureux. Il faut se faire soigner ; ça ne passe pas juste en priant.

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Un mois au même endroit

La plage était difficilement accessible.

La plage était difficilement accessible.

En arrivant au Naples RV Resort, on ne craignait pas seulement que le lieu ne soit pas à la hauteur de nos attentes. On redoutait tout autant la durée du séjour. Durant les 18 mois où nous avons parcouru l’Amérique du Nord, nous ne sommes jamais restés un mois au même endroit. En fait, nous n’avons jamais dépassé 15 jours, et encore, ce fut exceptionnel. La plupart du temps, nous ne restions que quelques jours, voire un seul. C’est ce qui nous plaît le plus dans le caravaning : rouler et découvrir. Mais la Floride s’y prête mal.

naples - resortAlors, un mois dans un «resort», c’était tout un défi. Nous avons survécu. Certes, chaque fois que notre voisin immédiat s’est installé dans son abri-cuisine pour écouter du rap, à deux pas de nous, nous avons levé les yeux au ciel. Nous avons même songé à demander un autre emplacement. Mais, outre qu’ils n’étaient pas nombreux, nous n’étions pas certains d’améliorer notre sort. Notre voisin n’est pas le seul, en effet, à écouter sa musique sans écouteurs.

Cependant, nous avons trouvé notre rythme de croisière. Nous avons quelquefois quitté notre camping pour nous rendre au centre-ville de Naples, toujours agréable. Outre la 5e Avenue, que je vous ai vantée, nous avons découvert la 3e Rue, tout aussi cossue. De temps à autre, nous sommes allés faire des courses chez Monsieur Walmart ou chez Madame Costco, où il y avait toujours foule, même le lundi matin, et où certains clients conduisaient leur gros panier comme s’il s’agissait d’une formule Un. Je déteste ces lieux, mais je retrouve mon sourire à la caisse, dollar canadien oblige.

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Soixante et onze ans

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L’an dernier, j’ai fêté mes 70 ans en Baja California. Le chiffre me donnait un peu le vertige. Soixante et onze ans, c’est moins impressionnant. C’est juste une année de plus. Il me reste encore neuf années avant d’atteindre les 80 ans. Un âge vénérable que j’ai de bonnes chances d’atteindre si l’on en croit les dernières statistiques sur l’espérance de vie des Québécois.

Dans le sud de la Floride où les côtes de 10 mètres sont des pics, je ne peux pas vraiment me tester en montagne. Mais physiquement, je ne suis toujours pas trop détérioré.

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Premières impressions de Naples

Vue du centre-ville de Naples.

Nous sommes arrivés au Naples RV Resort avec un peu d’appréhension, car nous n’avons pas l’habitude de réserver un camping pour un mois. Pour nous, c’est une éternité et, comme le dit Woody Allen, l’éternité c’est long, surtout vers la fin. Et j’ajouterais, surtout si vous vous êtes trompé de camping.

Pendant quelques minutes, c’est ce que nous avons cru. Nous nous retrouvions coincés sur un petit emplacement entre trois caravanes vétustes, laides et défraîchies. La table était bancale. La dalle de ciment sur laquelle elle était posée était toute croche. C’était évidemment à craindre. Quand on réserve un «economy RV site», on ne peut s’attendre au grand luxe. Mais le prix (856$ pour un mois, taxes comprises) avait motivé notre choix en ces temps de dollar canadien chagrin.

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Enfin aux Keys !

keys - soleil

Dès que nous avons quitté Miami, nous nous sommes sentis, Lise et moi, tout légers. Un peu plus et ma douce moitié s’envolait. Il faut dire aussi qu’il ventait fort et qu’elle faisait moins de 50 kilos toute habillée la dernière fois qu’elle a grimpé sur un pèse-personne. Je n’ai pourtant pas cessé de la nourrir pour compenser la dégringolade du dollar canadien, je vous jure. Elle a droit à sa ration quotidienne et même davantage. Mais rien n’y fait.

De mon côté, j’ai toujours un petit bedon qui me retient au sol. J’ai beau le rentrer sur les photos, Lise n’est pas dupe. Heureusement, le camping est rempli d’Américains gigantesques qui font deux fois mon poids. Chaque fois que j’en croise un, je fais remarquer à ma compagne l’énormité de son gabarit. Je n’ai pas réussi pour autant à lui faire oublier ma propre panse. Mais je n’ai pas tout perdu puisqu’elle m’a rebaptisé «le plus petit des gros maris».

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