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Archives de la catégorie ‘Voyages – Québec’

De gîte en gîte

La salle à manger de l’auberge Wanta-Qo-Ti, à Escuminac.

N’ayant plus d’autocaravane, nous avions choisi cette année de nous arrêter dans des chambres d’hôtes, mieux connues au Québec sous l’appellation bed and breakfast. C’est une expérience que nous n’avions pas faite depuis une vingtaine d’années. On nous avait dit que ces gîtes s’étaient beaucoup améliorés depuis. C’est vrai, en tout cas si l’on se fie aux trois dans lesquels nous nous sommes arrêtés.

Le premier, Comme au premier jour, à Saint-Pacôme, tenait même plus de l’auberge que de la chambre d’hôtes. On y trouvait, outre quatre luxueuses chambres à l’étage, un restaurant-café et une petite boutique au rez-de-chaussée. Tout y est joli et tout était bon. Mais les prix étaient plutôt élevés et le service un tantinet guindé. Généralement, dans ce type d’établissement, on s’attend à plus de convivialité.

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En route vers la Gaspésie

Combien y a-t-il de haltes routières sur la 40 entre Trois-Rivières et Québec ? Si vous avez répondu zéro, vous gagnez un mauvais café à la prochaine halte où vous vous arrêterez. Il nous a donc fallu sortir de l’autoroute pour manger les bons sandwichs que Lise nous avait préparés, justement pour ne pas avoir à quitter la route.

Une fois sur la 20 en direction de Rivière-du-Loup, les choses s’améliorent un peu. Il y a trois haltes après Québec. Mais une est fermée en raison de travaux qui risquent de s’éterniser et l’autre est située à deux pas de Rivière-du-Loup. Il est donc préférable de ne pas boire trop de thé vert ou toute autre boisson qui fait faire pipi.

À partir de la vallée de la Matapédia, en revanche, les haltes sont nombreuses, les municipalités ayant pris la relève de notre gouvernement radin. Rien à voir, bien sûr, avec les grandes haltes de l’Ontario, avec station-service, casse-croûte et grandes toilettes. Mais au moins, il y a des tables à pique-nique, des arbres, parfois un beau cours d’eau et à l’occasion, quand les budgets le permettent, des toilettes qui ne sentent pas mauvais.

Heureusement, les paysages sont beaux et les gens sont si gentils. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les Français, nombreux à venir chez nous, qui n’arrêtent pas de répéter combien nous sommes fins. Au début, je trouvais qu’ils beurraient un peu épais. Mais au cours de ce voyage, j’ai essayé de nous voir à travers les yeux des Cousins, et je dois admettre qu’ils ont parfaitement raison. Partout où l’on passe, les gens sont extraordinairement accueillants. Même quand vous leur dites que vous venez de Montréal, ils ne se départissent pas de leur sourire. C’est vous dire.

Le destin

Quand nous avons pris la route, l’attentat de Barcelone venait de se produire. Je me suis dit qu’à Chandler, notre destination, on ne risquait pas d’être percuté par une camionnette-bélier qui zigzague en essayant d’envoyer en enfer le plus grand nombre d’impies. Tout au plus faudrait-il se méfier des camionnettes conduites par des jeunes à casquette, épris de vitesse et chargés de testostérone. Mais le risque, il faut bien le dire, reste minime.

N’empêche que même en Gaspésie, le destin peut frapper. En regardant les nouvelles mercredi, j’ai appris qu’un touriste français se rendant aux chutes à Picot, près de Matapédia, avait reçu une balle en pleine tête. La police détient un suspect. Imaginez le drame que la compagne de l’homme tué a vécu. On l’imagine marchant joyeusement dans les bois vers de jolies chutes par une splendide journée d’été. Puis soudain, une détonation, son amoureux s’écroule, le sang jaillit de sa tête. L’horreur absolue !

Elle est parfois bizarre, la vie.

Après la pluie

L'extrémité de la péninsule de Forillon.

L’extrémité de la péninsule de Forillon.

Après une semaine de pluie, il faut bien l’avouer, nous avons commencé à désespérer de la Gaspésie. Je parle de la pluie, mais il ne faudrait pas oublier le froid. Eh oui, pendant que les médias n’en avaient que pour la canicule à Montréal, on grelottait dans la péninsule, où en plein mois de juillet, le mercure refusait le franchir la barre des 15 degrés, le jour ; alors, imaginez la nuit. «Je ne suis pas prêt de revenir!» a même lancé Lise dans un moment d’abattement. Je n’osais pas me l’avouer, mais je n’étais pas loin d’entretenir les mêmes sombres pensées.

Puis, le soleil a fini par revenir, d’abord timidement, et les températures ont fini par remonter, osant s’aventurer au-delà des 20 degrés. Les Gaspésiens ont même commencé à se plaindre de la chaleur, ce qui nous a bien fait sourire. On était loin de l’Inde pendant la mousson, voire de la Floride en hiver, mais il faut le reconnaître, le temps était confortable.

La Gaspésie, sous le soleil, se métamorphose. Autant elle peut paraître grise et tristounette, autant elle se met à irradier lorsque le bleu de la mer apparaît dans toute sa splendeur.

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Pas de répit pour les essuie-glaces

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Nous avons repris la route avec les vacanciers de la construction et, Québec oblige, avec la pluie. De Montréal à Rimouski, où nous sommes arrêtés le premier soir, il a plu sans arrêt. Pas de répit pour les essuie-glaces, condamnés à fonctionner sans arrêt, tantôt vite, tantôt lentement, selon l’intensité.

«Vous allez avoir une vue magnifique sur le fleuve», nous a lancé avec enthousiasme la préposée à l’accueil du camping de l’Anse. Mais le lendemain, les nuages étaient si denses qu’on ne voyait même pas l’immense Saint-Laurent qui coulait quelques centaines de mètres devant nous. Au moins il ne pleuvait pas, de sorte que nous avons pu décamper sans nous faire mouiller.

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Il pleut, il pleut, bergère

Lise scrutant le ciel.

Traditionnellement, Lise n’est pas réputée pour la justesse de ses prévisions météo, particulièrement en voyage. Il est arrivé souvent qu’elle me dise, en regardant le ciel le soir, « Il va faire beau demain », et qu’on se lève le lendemain sous une pluie battante. Il est aussi arrivé, au contraire, qu’elle prédise du mauvais temps et qu’il fasse très beau. J’en étais même arrivé à souhaiter qu’elle nous annonce du mauvais temps, ce qui nous assurait d’une belle journée.

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Une nuit aux urgences

Ma hantise depuis que je souffre d’arythmie, c’est de faire une crise en voyage. Il est déjà difficile de gérer à Montréal les emballements fous de mon oreillette. Mais au moins je sais où aller. Les urgences de Saint-Luc, où j’ai un dossier aussi gros qu’un bottin téléphonique, n’ont plus de secret pour moi. Mais dans la jungle du Laos, par exemple, que faire ? Remarquez que ce n’est pas pour ça que je ne suis jamais allé dans ce pays.

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En route vers la lointaine Gaspésie

Nous voilà en route vers la lointaine Gaspésie pour visiter, comme chaque année, notre cher fils et sa femme. C’est presque aussi « far, far, far away » que le royaume de Shrek. Mais Antoine et Jasmine ne ressemblent pas aux Shrek. Ils sont moins verts et surtout, bien plus beaux. Sur les routes qui nous mènent à eux, pas de brigands ni de sorcières. Juste des travaux routiers et des nids-de-poule. Et souvent aussi, de la pluie.

Mais cette année, il fait plutôt chaud. Exceptionnellement chaud. C’est la canicule à Montréal et nous traînons toute cette chaleur avec nous, dans notre grosse autocaravane. À Beaumont, premier arrêt, il faut si chaud que nous dormons toutes fenêtres ouvertes, seulement couverts par un drap. C’est si torride que nous songeons même à mettre la clim.

Le deuxième soir, à Rivière-du-Loup, nous nous endormons de la même façon. Mais surprise, nous voilà réveillés au milieu de la nuit par un froid vif. Lise ferme la fenêtre de son côté, moi du mien. Mais ce n’est pas suffisant : il nous faut enfiler des vêtements. Nous grelottons toujours. Lise se glisse dans mon petit lit dans l’espoir de se réchauffer, mais c’est peine perdue. On doit se résigner à mettre le chauffage. Merde, on est seulement dans le Bas-du-Fleuve ! Qu’allons-nous faire en Gaspésie sans nos manteaux d’hiver ?

Le lendemain toutefois, nouvelle surprise : retour à la chaleur. C’est aussi torride à Amqui qu’à Montréal. Mais nous ne sommes pas trop dépaysés, car la pluie, cette pluie si familière, est au rendez-vous. Au moment précis où nous arrivons au camping, il tombe des cordes. Difficile de ne pas maudire le sort un tout petit peu. J’essaie de reculer la grosse autocaravane, comme je peux, à travers les arbres. Lise me crie des directives que je n’entends pas. Bref, on est un peu au bord de la crise de nerfs. Mais soudain, la pluie s’arrête et les nuages se morcellent, laissant place à une magnifique fin de jour. Un verre de rosé à la main, nous nous mettons à voir la vie en rose pendant que cuisent les darnes de saumon rose sur le barbecue rutilant. Ne manque que les flamands roses, mais on a droit à quelques canards bruns.

Je vous embrasse. À bientôt.

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