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Archives de septembre, 2008

Enfin un dégagement

Chaque matin, la semaine dernière, nous nous sommes levés en espérant que le dégagement annoncé allait enfin se produire. La météo l’avait d’abord annoncé pour mardi. Puis ce fut pour mercredi. Puis pour jeudi. Et vendredi. Et samedi. Finalement, il n’a pas plu dimanche, mais les nuages étaient bien gris et bien lourds.

Pourtant, chaque matin, le ciel était bleu. Comme normalement en Provence. Mais plus le jour avançait et plus les nuages s’amoncelaient. Généralement, ils finissaient par crever le soir. C’est ainsi que nous avons eu de la pluie dix jours d’affilée au pays où il ne pleut pas. De quoi nous faire quasiment regretter la Gaspésie.

Mais on ne se plaint pas. Car au moins, il ne pleut pas tout le temps, de sorte que nous pouvons nous balader. À condition de ne pas oublier les parapluies. Dimanche, nous avons pu nous rendre avec Huguette voir les gorges du Verdon, un endroit magnifique auquel le Michelin accorde trois étoiles.

On vous embrasse.

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Soleil, sommeil et Hollandais

Je viens de jeter un coup d’œil à la fenêtre. Un gris nuage gris s’est formé au-dessus de Draguignan. S’il pleut encore ce soir, ce sera la huitième journée d’affilée. Ce qui fait pas mal de pluie pour un pays où il ne pleut pas. Mais au moins, depuis 48 heures, il fait beau le jour. Encore cet après-midi, nous avons pu marcher en forêt sous un soleil radieux. Et la température de 22o était très confortable.

Côté sommeil, les choses continuent à s’améliorer, mais lentement. La nuit dernière, de nouveau, j’ai mis du temps à m’endormir et je me suis réveillé souvent. Il semble que cette année mon corps résiste à la migration. Pourtant, les choses se passent bien. Le voyage est loin d’être désagréable, mais il manque ce charme qui a marqué nos précédents voyages. L’an dernier, il est vrai, notre séjour à Milan et ses environs avait été couci-couça. Mais les dix derniers jours à Annecy avaient ravivé notre passion pour l’Europe. Cette année, nous misons sur notre dernière semaine à Nice pour sauver notre périple.

Pour le moment, le Var nous déçoit un peu. On se demande souvent où sont les Provençaux. On n’entend pour ainsi dire jamais cet accent du Midi que j’aime tant. Le département oriental de la Provence a perdu une partie de son âme. Autour de nous, il y a plein de Néerlandais. Je n’ai rien contre eux. Ce n’est quand même pas leur faute s’ils sont trop grands. Mais si j’avais voulu voir des Hollandais, je serais allé aux Pays-Bas. Pas en Provence. Dans d’autres villages, il y a des Anglais ou des Allemands. Et sur la Côte d’Azur, des Américains. Sympathiques pour la plupart, mais quand on voudra les voir, on ira chez eux.

Le Var n’a pas non plus le chic, la classe, le raffinement de la vraie Provence. Que voulez-vous, je suis un indécrottable BCBG.

Heureusement, nous allons souper tous les soirs chez Huguette et Rolf, qui nous reçoivent comme des rois.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

Soleil, pluie et oliviers

Si vous recherchez le beau temps, il faut aller dans le Sud-Est. Météo France vous promet 300 jours de soleil par année. Ce qui fait à peu près 150 de plus qu’au Québec.

Au point où les autochtones s’en inquiètent. «Il faudrait qu’il pleuve», nous avait dit la propriétaire du gîte que nous avions loué à Peille, il y a deux ans. Son magnifique jardin, auquel elle consacrait des heures chaque jour, manquait cruellement de pluie. «Il faudrait qu’il pleuve», nous dit à son tour cette année le propriétaire de notre gîte de Flayosc. Lui, ce sont ces oliviers qui l’inquiètent.

Eh bien, il a plu. Il y a deux ans à Peille, après une sécheresse de plusieurs mois. Et à Flayosc cette année. Les rosiers de Madame doivent être resplendissants. Les oliviers de Monsieur ont pris une belle couleur verte. Et nous nous promenons sous les parapluies. Nous nous étions promis d’explorer le massif de l’Estérel et les gorges du Verdon (trois étoiles chacun au guide Michelin) ou d’aller jouer les lézards sur les plages de Sainte-Maxime. C’est pour le moment partie remise. Ma sœur Jocelyne dit souvent que, côté météo, j’ai la poisse. Je commence à croire qu’elle a raison.

Avant chaque départ, Lise répète : «Nous prendrons ce qui sera là.» Mais une fois rendu, on ajoute : «À condition qu’il fasse beau et qu’il ne pleuve pas.» Il faut bien admettre que les magnifiques paysages de Provence sont moins inspirants sous les nuages noirs. On n’est quand même pas pour se mettre à chanter : «Noir, noir, le ciel de Provence…»

Mais comme nous avons l’un et l’autre un esprit très positif, nous cherchons des avantages au mauvais temps. Par exemple, nous économisons la crème solaire. C’est moins cher que Londres et il pleut quand même. À part ça, on cherche encore.

S’il faut beau au Québec en ce moment, ne venez surtout pas nous le dire.

Allez, on vous embrasse quand même.

P.-S. Côté sommeil, ça va beaucoup mieux.

Le déconnage horaire

À chaque voyage outre-Atlantique, j’ai un peu de mal avec le décalage horaire. Mais cette année, c’est pire. C’est devenu le déconnage horaire. Chaque soir, mon corps se met à déconner. Il refuse de se mettre à l’heure de l’Europe. Vers 23 h, Lise va se coucher. Moi, je n’ai pas sommeil. Je lis pour passer le temps, espérant que le sommeil viendra.

Passé minuit, il semble venir. Je me glisse à mon tour sous les draps. Mais Murphy, comme on l’appelait dans nos compositions d’adolescent, refuse de me prendre dans ses bras. Je me tourne et me retourne, dans l’espoir de trouver la position juste. En vain.

Le clocher du village, tout près, fait entendre son carillon. Une heure. Je ne dors toujours pas. Deux heures. Le carillon sonne deux coups. Ce son que j’aime tant le jour commence à m’exaspérer. Dois-je me lever ou rester au lit ?

Je me sens comme le personnage principal de Lost in Translation, venu au Japon pour tourner une pub et incapable de trouver le sommeil la nuit venue. Sauf qu’ici il n’y a pas de bar chic pour aller tuer le temps. Et pas de Scarlett Johansson avec qui causer et flirter. Ma Scarlett à moi dort à poings fermés. J’ai beau me lever quatre ou cinq fois, aller aux toilettes, changer de côté aux cinq minutes, la pousser un peu, rien n’y fait. Elle dort. J’allais dire comme un loir. Je ne connais pas de loirs personnellement, mais il paraît que ces bitittes-là dorment très dur. Lise dort du sommeil du juste. Du juste ? C’est peut-être ça, le problème. Je me mets à penser à tous ces gens que j’ai torturés avec mes moqueries depuis une soixantaine d’années. C’est peut-être mon karma qui m’a rattrapé.

Le clocher de Flayosc vient de sonner cinq coups et je ne dors toujours pas.

Lise est trop endormie pour vous faire ses amitiés. Je vous dis bâille, bâille.

P.S. – Mon cher Jean-Guy, Lise et moi te souhaitons un joyeux anniversaire. Continue à profiter de la vie.

Vivre à Flayosc

La vue de notre gite.

Chaque fois qu’on choisit un gîte par l’internet, il y a toujours une pointe d’inquiétude. L’an dernier, par exemple, l’appartement que nous avions trouvé près de Milano était fort joli, tout à fait conforme aux photos. Sauf que les images ne montraient pas qu’il y avait des vaches juste en dessous. Et les odeurs idoines.

Cette année, pas de vaches. Pas même un coq. Juste un petit bichon, qui accepte de nous parler, mais seulement quand son maître (qui est aussi le maître des lieux) l’accompagne. Donc, pas de vaches, mais une vue imprenable sur Flayosc, village sympa de la Provence orientale (mais assez loin de Pékin tout de même). Ce n’est pas un de ces beaux villages que les touristes mettent obligatoirement sur leur itinéraire. Comme Tourtour, par exemple, que nous sommes allés voir dimanche. Tout propret, tout mignon, des boutiques aux deux portes, mais au bout de deux heures, on est content d’en repartir.

Flayosc ne figure pas sur la liste des plus beaux villages de France. Trop de crottes de chien, pas assez de maisons rénovées, pas assez de fleurs, pas assez d’artistes qui s’affichent et de bébelles à vendre. Il y a même un HLM, imaginez ! Mais c’est un village extraordinairement vivant, où les gens sourient et plaisantent. La seule personne que j’ai entendue se plaindre, c’était parce que la météo s’était trompée : il faisait encore beau ! Il y flotte une joie de vivre qui donne le goût d’y vivre les trois prochaines semaines. Et peut-être même de faire venir nos valises et d’oublier notre passeport canadien. À propos, MM. Harper, Dion et Duceppe ne nous manquent pas trop.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

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