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Archives de la catégorie ‘Voyages – France’

Nous avons adoré Paris

Au bassin de La Villette.

Au bassin de La Villette.

Ce n’est pas sans un pincement au cœur que nous avons repris l’avion après un mois merveilleux dans la capitale française. Le départ était d’autant moins tentant que le soleil était omniprésent et que le mercure marquait dix bons degrés de plus qu’à Montréal. Heureusement qu’il y a plein de gens que l’on aime chez nous. Sinon, l’idée même du retour aurait été pénible.

À Paris, ai-je écrit à une de mes sœurs, presque tout est tellement mieux! Bon, je viens de ruiner mes chances de recevoir l’Ordre national du Québec. Mais elles étaient bien minces, alors allons-y franchement.

Prenons la vie culturelle : il n’y a pas de commune mesure. Cinéma, théâtre, musique, arts visuels, tout est plus abondant. Même la télé est de meilleure qualité. Chaque jour, nous avons suivi avec plaisir les bulletins d’information, chose que nous ne faisons plus chez nous tant le bulletin de Radio-Canada nous insupporte. L’excellence des émissions d’enquête est étonnante. En prime sur les chaînes publiques, les émissions ne sont jamais interrompues par des pubs, même lorsqu’il s’agit de variétés et qu’elles durent des heures comme Le plus grand cabaret du monde, Taratata ou On n’est pas couché. Ça donne à ces émissions un rythme d’enfer qu’elles n’ont pas quand elles passent à TV5 truffées d’annonces.

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Paris à l’ère des attentats

Paul à la Coulée verte, en compagnie de Céline, une Québécoise rencontrée à Paris.

Paul à la Coulée verte, en compagnie de Céline, une Québécoise rencontrée à Paris.

Malgré les attentats terroristes, nous n’avons pas hésité à venir à Paris. Si j’ai peur des araignées, des lieux clos, de l’eau, des hauteurs et des cons, je ne crains pas les attentats. On ne peut pas avoir peur de tout, après tout. Je n’ai pas trop peur de la mort non plus, car je m’efforce d’être un bon épicurien. «La mort, disait le grand Épicure, n’est rien pour nous puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus.»

Resto de Saint-Germain-des-Prés.

Resto de Saint-Germain-des-Prés.

Nous avons eu raison. Jusqu’ici, en tout cas. Bien sûr, la sécurité est omniprésente dans la capitale française. Les contrôles des musées, par exemple, ressemblent à ceux des aéroports. Les sacs sont fouillés et il faut traverser les détecteurs de métal. On va jusqu’à nous demander d’ouvrir nos manteaux pour s’assurer que les petits bedons ne sont pas des ceintures d’explosifs. Même pour se rendre à la billetterie de l’Opéra Bastille, il faut montrer patte blanche. Idem dans les grandes surfaces, où il y a des gardiens à chaque entrée. Heureusement, ils font généralement preuve de gentillesse. De toute façon, vaut mieux qu’ils soient présents et qu’il n’y ait pas de nouvel attentat. On ne se plaint donc pas de cette surprotection, qui est plutôt rassurante.

Les Parisiens sont-ils préoccupés par la menace terroriste, qui les a frappés si durement, notamment depuis deux ans? Sans doute. Mais ils ne le laissent pas trop paraître. La vie continue dans cette ville résiliente qui a survécu aux guerres, aux émeutes et aux révolutions.

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Un mois à Paris, c’est court

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«Un mois à Paris, c’est pas un peu long?» m’a dit un ami avant notre départ. Pour visiter la Ville lumière en touriste, sans doute. Pour aller voir la tour Eiffel, la cathédrale Notre-Dame, les Invalides, la Madeleine, l’Opéra, le Louvre, quelques jours suffisent. C’est ce que font d’ailleurs la plupart des visiteurs. Mais pour vivre dans cette magnifique ville, que beaucoup considèrent comme la plus belle du monde, un mois, c’est peu. En fait, nous savons déjà que nous allons manquer de temps.

Prenez juste le cinéma. Il y a quelques jours, au seul MK2, près de la bibliothèque Mitterrand, nous avons hésité entre sept films. Eh oui sept! Ils n’étaient pas tous des chefs-d’œuvre, tant s’en faut. N’empêche qu’au moins sept nous attiraient. Dire qu’il y a des semaines à Montréal où l’on se demande s’il y a un film à voir. Ce lundi-là, nous sommes allés en voir deux, ce qui portait à six le nombre de films visionnés depuis que nous sommes en France. Et deux jours plus tard, c’était l’arrivée très attendue du nouveau film de Nicole Garcia, Mal de pierres, avec Marion Cotillard, du nouvel opus des frères Dardenne, La fille inconnue, et de L’odyssée, un biopic, comme on dit ici, sur le commandant Cousteau. (Nous l’avons vu dès sa sortie. Il est plutôt classique, voire conventionnel.)

Rien d’étonnant à cela. Paris, c’est la ville du cinéma. On peut y voir, bien entendu, tous les films français, alors qu’une petite partie seulement trouve son chemin jusque chez nous. On peut aussi y voir une bonne partie des films américains, et qui plus est, en version originale sous-titrée et non dans un affreux doublage. Et on peut y voir des œuvres d’un peu partout dans le monde, y compris du Québec. On a l’impression de se retrouver tous les jours en plein festival.

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Rester zen à Paris

Le bois de Vincennes, avec ses 995 acres, est le plus grand espace vert de Paris.

Le bois de Vincennes, avec ses 995 acres, est le plus grand espace vert de Paris.

Plus les jours passent et plus nous nous réjouissons d’avoir choisi un arrondissement qui ne soit pas situé en plein centre de Paris. Le XIIe n’est pourtant pas très loin du cœur de la ville, mais il est juste assez excentrique pour n’être envahi ni par les banlieusards venus travailler au centre-ville ni par les touristes en mal de monuments célèbres. Il y a bien au nord-ouest l’imposant ministère des Finances et le palais omnisports de Paris-Bercy, mais ailleurs, il n’y a guère que des Parisiens et deux Québécois amoureux de Paris.

Nous nous sommes aventurés deux fois jusqu’au centre ; la première, rive droite, pour se rendre au cinéma des Halles ; la seconde, rive gauche, pour aller chez Nespresso, à Saint-Germain-des-Prés. D’un côté comme de l’autre, ce fut la même pagaille.

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De Lyon à Paris : un autre monde

Le jardin de Reuilly dans le 12e arrondissement.

Le jardin de Reuilly dans le 12e arrondissement.

Passer de Lyon à Paris, c’est un peu comme passer de Québec à Montréal. Lyon, c’est une ville coquette, majoritairement blanche, homogène et très «de souche». Paris, c’est plutôt la Société des Nations. Dès que nous sommes sortis de la gare, nous avons vu la différence ; il suffit de marcher sur quelques centaines de mètres pour le constater. C’est très bigarré, très multiethnique. Aux Parisiens de toujours sont venus se greffer des gens d’un peu partout dans le monde, notamment des anciennes colonies.

Dans le 12e arrondissement, les Africains sont nombreux. On le voit, bien sûr, à la couleur de leur peau, mais également à leurs vêtements ; nombreux sont les femmes et les hommes à porter fièrement le boubou traditionnel. Dans le café où nous nous sommes arrêtés, trois hommes discutaient dans un dialecte, habillés comme s’ils avaient été à Dakar ou à Abidjan.

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Une belle neuvaine à Lyon

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Nous n’avons pas prié à Lyon, même si les églises sont nombreuses dans cette ville au passé très catholique. Mais neuf jours, c’est le temps que nous avons passé dans cette belle cité, et il a passé très vite. On dit de Lyon que c’est l’endroit idéal pour un week-end en Europe, mais on peut y séjourner bien plus longtemps sans jamais s’ennuyer.

À l’office de tourisme, on avait acheté un passeport touristique et culturel, qui nous donnait accès pendant deux jours à des musées, à des expositions, à des croisières, à des visites guidées ainsi qu’aux transports en commun. Nous n’aurions pas dormi pendant 48 heures que nous n’aurions pu voir qu’une fraction de ce qui était proposé. Nous ne prendrons d’ailleurs plus ce genre de passeport, car c’est trop pour des voyageurs lents comme nous. C’est un peu comme un buffet à volonté pour des gens qui ont un petit appétit.

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Premières impressions de Lyon

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Dans une boutique, nous avons commencé à causer avec la vendeuse et quelques clients. Quand nous leur avons dit que nous étions Québécois, on a senti une pointe de déception. Pas parce que nous étions du Québec, rassurez-vous, mais parce que nous n’avions pas suffisamment l’accent. Ils auraient sans doute préféré que nous jasions comme Fred Pellerin. Les Cousins, on le sait, aiment bien nous folkloriser. On l’a vu encore récemment dans l’interview de notre Ricardo national. Adressez-vous à eux avec cet accent qu’ils aiment tant mais qu’ils comprennent si peu, et je vous parie deux billets d’un spectacle de Fred, tiens, qu’ils vous parleront de la neige et du froid en moins de 30 secondes. Les plus québécophiles épiceront même leurs clichés sur l’hiver de quelques jurons mal prononcés. «Tabarnac», dans la bouche d’un Français, ça sonne drôle.

Notre accent peu distinctif, à Lise et à moi, nous permet d’échapper à ce folklore. Quand on ouvre la bouche, on n’entend pas : «Ah! Vous êtes québécois. Comme j’aime votre accent!» On nous traite comme tout le monde. C’est-à-dire gentiment la plupart du temps. Mais parfois aussi avec cette pointe d’impatience que les Français peuvent avoir entre eux. Le premier jour, par exemple, fatigués, traînant nos valises, on cherchait où prendre le bus C3. «C’est juste derrière vous», nous a dit la dame d’un bureau d’information. Je lui ai dit : «Mais où exactement derrière nous?» Ce à quoi elle a répondu sèchement : «Mais il faut chercher, Monsieur!» Je me suis dit : «On ne s’est pas trompés de destination. On est bien en France.»

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