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Archives de la catégorie ‘Réflexions et impressions’

Les algorithmes peu intelligents de Facebook

Critiqué de toutes parts, Facebook met en place des outils pour éviter certains dérapages sur son site. Malheureusement, le réseau confie cette tâche à des algorithmes. On a beau vanter l’intelligence artificielle, elle reste bien peu intelligente en matière de discernement, comme le montre la censure d’une publicité du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Dans La Presse, Éric Clément raconte que la peinture cubiste Femmes à la toilette, utilisée par le Musée pour promouvoir l’exposition de Pablo Picasso, a été retirée par Facebook, qui la jugeait indécente. Horreur ! elle montrait deux femmes nues.

Le Musée change donc la publicité « en prenant l’image de la peinture de Picasso Nature morte au guéridon ». Mais après quelques jours, explique Clément, « elle a aussi été refusée, car les algorithmes y avaient vu un sein ».

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Café et politique

Un café à Noches, dans l’État de Washington.

Si je n’ai pas écrit depuis quelque temps, c’est que je me suis consacré à corriger pour la énième fois le récit de notre grande virée en caravaning sur les routes de l’Amérique du Nord. Nos aventures et mésaventures avaient d’abord été publiées chaque semaine sur le site web de la revue Camping Caravaning. J’ai refondu les carnets de l’époque pour en faire un livre. Reste à trouver un éditeur ; je m’y remets cet automne.

J’en ai profité, bien entendu, pour peaufiner encore davantage le style ; je ne peux m’en empêcher. Mais ce n’était pas le but premier de cette nouvelle relecture. Je cherchais plutôt à éliminer les détails inutiles, les éléments redondants, les blagues qui tombent à plat avec le recul.

Un ami à qui j’avais fait lire la version précédente m’avait souligné que j’insistais un peu trop sur la poursuite du bon café. Je dois lui donner en partie raison. Il est vrai que ma quête du parfait expresso ou du parfait cappuccino frôle l’obsession. Cela dit, j’estime que le bon café, comme le bon thé du reste, est une caractéristique d’une société où il fait bon vivre.

Avec le recul, je m’aperçois que les États où le café avait un goût de pipi de chat ont voté pour Donald Trump en 2016. J’imagine d’ailleurs mal ce gros bouffeur de hamburgers avec une petite tasse d’expresso à la main. En revanche, les États où l’on pouvait facilement trouver un café digne de ce nom, comme ceux de la côte Ouest, sont restés fidèles aux démocrates. Ce n’est sans doute pas un hasard.

Ces observations valent pour les États-Unis. Je n’oserais pas les généraliser. D’autant que l’Italie, où le café est excellent partout, a élu il y a quelques mois un gouvernement composé de populistes et, pire encore, de racistes. Force est de constater que la xénophobie n’est pas soluble dans la caféine, même de première qualité.

Facebook, la liberté d’expression et moi

Il n’est pas toujours facile de suivre le raisonnement du grand patron de Facebook en matière de fausses nouvelles et de désinformation. Cette semaine, par exemple, Mark Zuckerberg a fait savoir que, tout Juif qu’il soit, son réseau social ne censurerait pas nécessairement les messages niant l’Holocauste. Pourquoi « parce qu’il y a des choses sur lesquelles les gens se trompent », a-t-il dit, mais « sincèrement ». Euh !

« Autrement dit, nous explique Richard Hétu, il y a des négationnistes, des racistes et autres tenants d’idéologies toxiques qui sont de bonne foi. » À preuve, note encore le brillant blogueur, « un site conspirationniste comme InfoWars, qui a notamment contribué au harcèlement de parents de victimes de la tuerie de Newtown, pourra continuer à avoir sa page Facebook ».

Zuckerberg justifie cette contradiction au nom de la liberté d’expression, dont il se fait le champion. Admettons qu’il s’agit d’une notion complexe. Cette liberté, en effet, est fondamentale, mais il est difficile de fixer ses limites. Doit-elle aller jusqu’à permettre la publication de n’importe quoi, y compris des faussetés, des mensonges, des fumisteries, des théories du complot ?

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Pourquoi Montréal boude le cinéma québécois

Les blagues lancées par Michel Côté et Louis-José Houde ont fait beaucoup rire hors métropole.

Dans La Presse+ du 20 juin, André Duchesne nous apprenait d’intéressantes statistiques sur le cinéma québécois. Selon un rapport de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, notre cinéma national est moins populaire à Montréal qu’en région. Et la différence n’est pas minime. Prenez De père en flic 2 : dans 13 des 16 régions administratives de la Belle Province, ce film est arrivé en première place en 2017, devançant même les grands succès américains. Mais dans la métropole, la comédie d’Émile Gaudreault glisse au 30e rang. Toute une chute !

Mon ex-collègue a interrogé la productrice Denise Robert sur ce phénomène. Sans surprise, elle a trouvé une série de plates excuses. Ainsi, il n’y aurait pas « tant de salles pour le cinéma québécois » à Montréal. On se demande si elle a déjà visité les petites villes du Québec, où il n’y a souvent qu’un cinéma. La productrice a aussi souligné que la fréquentation des salles était basse en juillet, au moment où son grand succès est sorti dans la métropole. Et « à cela, a-t-elle enchaîné sans rire, s’ajoutent la congestion routière et les travaux. » C’est vraiment du grand n’importe quoi !

J’ai pour ma part une explication bien différente. De père en flic 2 est non seulement un film québécois. C’est aussi une œuvre écrite, tournée et jouée en québécois. Sans sous-titres, elle est incompréhensible dans le reste de la francophonie. Comme l’est d’ailleurs, il faut bien le dire, la majeure partie de notre cinéma. J’en vois faire la grimace. Et pourtant, ce n’est pas une accusation, c’est un fait. Sans sous-titres, même les Français les plus québécophiles ne comprennent que dalle à des œuvres comme Mommy ou J’ai tué ma mère. Alors, imaginez les Maghrébins ou les Africains.

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Un monde fou, fou, fou

Plus Trump se montre brutal, erratique, dangereux et dément, plus sa popularité monte.

Il faut avoir un moral d’acier ou une bonne dose d’indifférence pour suivre les actualités en ce moment. Prenez seulement l’enregistrement audio réalisé à l’intérieur d’un des centres de rétention pour enfants de migrants au Texas. On peut entendre, raconte Richard Hétu sur son excellent blogue, des pleurs des enfants et des blagues d’un agent frontalier qui dit : « Nous avons un orchestre ici. Tout ce qui manque, c’est un chef ! »

Pourtant, un chef, il y en a un. Il se nomme Donald Trump et trône à la Maison-Blanche, d’où il a orchestré cette triste misère. Plus de 2000 enfants ont déjà été séparés de leurs parents depuis que celui qu’on appelle « le chef du monde libre » a décrété la tolérance zéro en matière d’immigration clandestine.

Dire que les « peace and love » des années 60 pensaient qu’en 2018, à l’ère du Verseau, le monde vivrait dans la paix et l’amour. Il faut avouer que nous nous sommes complètement fourvoyés.

Dès le début de l’année, j’avais prédit que la deuxième année de Trump serait plus terrible encore que la première. « Les évangéliques qui l’ont porté au pouvoir vont devoir sortir les pancartes La fin du monde est proche avant la fin de l’année », avais-je écrit. Reste que ce nouvel exemple de son inhumanité me fait plus mal encore, sans doute parce qu’il touche des enfants.

Mais ce qui me scie les jambes, c’est que, plus il se montre brutal, erratique, dangereux et dément, plus sa popularité monte. Elle atteint maintenant 45 %, en hausse de cinq points, un record personnel qui me fait craindre qu’on ait à subir ses frasques jusqu’en 2024.

Mais fort heureusement, la vie ne se limite pas aux folies trumpiennes. Ma compagne et moi avons passé la journée de lundi à choisir un appartement à Marseille, où nous irons séjourner l’hiver prochain. Nous avons le choix entre la vue sur le port de la ville et la vue sur la Méditerranée, un dilemme qui n’a absolument rien de cornélien.

Ce monde est devenu fou. Mais il me semble que j’en verrai plutôt l’immense beauté en admirant les couchers de soleil sur la Grande bleue, assis sur la terrasse aux côtés de mon amoureuse, un verre de rouge du Languedoc à la main. Nous avons bien besoin d’un antidote.

J’irai admirer à Marseille les couchers de soleil sur la Grande bleue.

 

« I love » le français

« I love Nice », bien sûr, où je passe un mois merveilleux. Mais j’aimerais encore davantage la ville si elle ne faisait pas sa promotion en anglais. « J’aime Nice », il me semble que ça ne serait pas si difficile à comprendre, même pour des étrangers. Après tout, ils viennent visiter la France, pas la Grande-Bretagne ou les États-Unis. Mais sur la Côte d’Azur comme un peu partout en France, on a capitulé devant l’anglais, langue universelle du tourisme et des affaires (ici on dirait plutôt du business).

Pourtant, le français occupe une position plutôt enviable, comme l’a rappelé le président Macron devant l’Académie française, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie. Notre langue occupe le cinquième rang mondial, le quatrième sur la Toile. Elle est la seule, hormis l’anglais, qui soit parlée sur les cinq continents. C’est aussi la deuxième langue la plus apprise dans le monde, juste après l’anglais.

Mais quand on séjourne longuement dans l’Hexagone, comme il m’arrive de le faire, ce n’est pas l’impression que l’on a.

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Entre les Jeux et la Côte d’Azur

J’ai survécu aux Jeux olympiques. Le curling, bien sûr, c’est un peu pépère. Mais je ne l’ai pas suivi. Faire glisser de lourdes pierres sur la glace demande sans doute une grande habileté. Mais je n’arrive pas à me passionner pour ce geste élégant,  pourtant si zen. En revanche, le slopestyle, le snowboard cross (désolé pour les termes english), le grand saut, la demi-lune, en skis ou sur une planche, j’en redemandais. D’autant que j’avais raté les Jeux de Sotchi.

Évidemment, le risque était moins grand pour moi, bien calé dans mon canapé, que pour ses jeunes casse-cou tout sourire, femmes ou hommes, qui faisaient trois, voire quatre tours la tête en bas, les skis ou la planche vers le ciel, et qui en sortaient exaltés et indemnes. La plupart du temps, en tout cas.

Pour ma part, au bout de quinze jours, j’avais les jambes raides, la fesse droite douloureuse et le dos couci-couça. On ne regarde pas des sports extrêmes tous les jours jusqu’à une heure du matin, voire davantage, sans en payer le prix. Surtout lorsqu’on en néglige son entraînement et que la marche se limite à se rendre aux toilettes ou au frigo.

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