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Archives de la catégorie ‘Réflexions et impressions’

Notre-Dame de Paris brûle !

Photo AFP

Nous sommes passés tout près de Notre-Dame hier en nous rendant aux Halles. Avoir su, nous aurions fait un petit détour par l’île de la Cité pour lui faire nos adieux. Nous serions même allés admirer son intérieur, ce que nous n’avons pas fait depuis fort longtemps. Chaque année, on se disait, on y va. Mais chaque fois, la queue formée sur le parvis par les touristes venus du monde entier nous décourageait, et on passait notre chemin. On y a tant à voir à Paris.

Hier soir à la télé, tous les intervenants ont répété que Notre-Dame était le cœur de la cité. Ne dit-on pas d’ailleurs : Notre-Dame de Paris ! C’est un cliché, bien sûr, mais qui contient une part de vérité. Ce magnifique édifice, immortalisé par la littérature, le cinéma et même la comédie musicale, trônait en effet en plein centre de Paris. La Ville Lumière a heureusement d’autres cœurs, dont la tour Eiffel, le Louvre et les Champs-Élysées. Mais sa cathédrale à demi détruite, Paris ressemblera désormais à un grand brûlé.

Je la croyais pourtant indestructible, cette grande cathédrale, qui, vieille de presque neuf siècles, avait survécu à la Révolution française, à Hitler et aux deux guerres mondiales. Elle me semblait immortelle, particulièrement lorsque je la voyais de face, tellement ses deux tours sont imposantes.

Moi, je l’aimais beaucoup vue de l’arrière, sans doute parce que c’est l’image qu’on en avait quand on marchait le long de la Seine, rive droite ou rive gauche, en direction du centre. De dos, Notre-Dame était moins impressionnante mais plus en dentelle, grâce aux arcs-boutants de la nef. Tirant profit de ce bel arrière-plan, Lise avait fait de moi une photo dont je me suis servi comme profil sur Facebook.

Même à Montréal, la nouvelle m’aurait touché, car Notre-Dame appartient au patrimoine architectural, culturel et religieux de l’humanité. Mais être si proche du sinistre est plus bouleversant encore. C’est les larmes aux yeux que j’ai écouté pendant quelques heures le reportage de France 2.

Seul le tweet de Trump m’a arraché un sourire. Quel expert en tout que ce Donald, notamment en matière d’incendie ! Après avoir suggéré, pour prévenir les feux meurtriers en Californie, de balayer les feuilles dans la forêt, comme le feraient les Norvégiens, le voilà recommandant d’envoyer rapidement des Canadairs pour sauver Notre-Dame. Comme a plaisanté un lecteur du blogue de Richard Hétu, on imagine ces gros bombardiers d’eau volant sous les ponts de la Seine pour refaire le plein avant d’aller survoler dangereusement l’île de la Cité, en plein centre d’une mégapole. Je suggère donc qu’on nomme Donald chef des pompiers de Paris, d’autant que sa couleur de cheveux irait si bien avec le casque.

 

 

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Uber et Airbnb : l’économie du partage ?

L’actualité nous apprend que Uber et Airbnb vont bientôt entrer en Bourse aux États-Unis. Grand bien leur fasse ! Ce qui me chicote pour ma part, c’est l’usage du mot « partage » pour définir ce type d’économie. Le partage, c’est l’entraide ; on met des choses en commun, on collabore, on coopère, voire on s’investit, on s’engage.

À l’origine, c’est sans doute de cela qu’il s’agissait. « L’économie du partage, peut-on lire sur le site Définitions marketing, désigne généralement les nouveaux modes de consommation permettant de partager entre consommateurs l’usage ou la consommation de produits, équipements ou services. »

Ce partage, il peut être gratuit. Mais avec des sociétés comme Uber et Airbnb, il est devenu payant, très payant même. « La volonté n’est plus d’optimiser un mode de consommation, peut-on encore lire sur le site, mais de générer des revenus. » De gros revenus !

Bref, on a gardé le mot « partage », mais il désigne aujourd’hui une forme de capitalisme ultralibéral. Airbnb n’a plus rien à voir avec le partage des canapés-lits. La plateforme est en train de vider des quartiers comme le Vieux-Québec de ses habitants tout en siphonnant ses plantureux profits vers des paradis fiscaux. S’il y a une chose que cette entreprise ne partage pas beaucoup, c’est bien ses bénéfices. Quant à Uber, il maintient ses chauffeurs dans la plus grande précarité tout en menaçant l’industrie locale du taxi.

Peut-on encore appeler « économie du partage » un mode de consommation fondé sur de grandes sociétés qui vous laissent les problèmes et s’enfuient avec la caisse ?

Fuir Montréal ou l’aimer

On apprenait il y a quelques jours que Montréal avait perdu 25 000 personnes au profit de la banlieue en 2018. Une fois de plus. Ce n’est pas demain la veille que l’étalement urbain va s’arrêter. Chaque année, cette mauvaise nouvelle, car c’en est une, m’attriste.

Je ne blâme pas les gens qui partent. J’aime trop la liberté pour ne pas accepter qu’on aille vivre là où l’on veut. Je les critique d’autant moins que j’ai déjà moi-même cédé aux sirènes de la banlieue. En 1982, en effet, ma compagne et moi avons quitté Québec pour aller vivre à Neuville, un charmant village de la Rive-Nord. Trente-sept ans plus tard, il m’arrive encore de le regretter.

Pourtant, nous habitions une jolie maison sur la plus haute colline du village. De notre grande terrasse, nous pouvions admirer le Saint-Laurent sur une soixante de kilomètres, depuis les ponts de Québec jusqu’à Lotbinière. Derrière, des champs de maïs s’étendaient à perte de vue. Et au bout de rue, il y avait une belle pente où l’on pouvait aller glisser l’hiver.

À la différence d’Ulysse, le chant des sirènes ne nous avait pas entraîné vers des récifs, mais dans d’interminables bouchons de circulation où l’on perdait un temps fou et qui généraient un stress aussi considérable qu’inutile. En particulier en hiver, où nous avons connu notre large part de verglas, de tempêtes et de giboulées.

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Vacances au pays des gilets jaunes

Nice et la baie des Anges depuis la colline du Château, où nous montons chaque matin.

La météo nous annonce, avec des trémolos dans la voix des madames ou des messieurs Météo, une grosse tempête. Mais j’ai envie de vous chanter la chanson de Charlebois : « Demain l’hiver, je m’en fous / Je m’en vais dans le Sud, au soleil… » C’est que nous prenons vendredi l’avion pour Nice, où nous passerons le reste de l’hiver à déambuler sur la promenade des Anglais au lieu de patauger dans la sloche de la rue Saint-Catherine ou de risquer la chute le long du canal de Lachine.

Comme la plupart des Québécois, je n’ai pas la fibre nordique. Je ne me suis jamais habitué à notre hiver ; il me glace. Le plus difficile, ce n’est pas la neige ; j’habite Montréal et je n’ai pas d’auto. Ce sont les grands froids, surtout lorsqu’ils sont poussés par de forts vents et chargés d’humidité.

Et en la matière, nous sommes gâtés cette année. Ils me paraissent d’autant plus pénibles, ces moins 20, avec des ressentis de moins 150, qu’ils sont entrecoupés de dégels mettant à rude épreuve notre adaptabilité et laissant des trottoirs de glace où l’on pratique la marche extrême.

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La vie après le caravaning

Lise et moi à notre arrivée à Yosemite. « Comme on a l’air heureux ! » me dit-elle.

Il y a trois ans, presque jour pour jour, nous sommes revenus en catastrophe de la Floride. Même si l’État des petits vieux nous ennuyait un peu, nous y aurions passé volontiers la fin de l’hiver. Mais comme je l’avais expliqué à l’époque, le lit mural de notre autocaravane était resté coincé dans une position qui ne nous permettait plus de l’utiliser. Les deux premiers mécanos consultés nous avaient avoué ne pas pouvoir faire grand-chose (euphémisme qu’on peut traduire sans se tromper par « rien ». Chez Horizons Lussier, le concessionnaire Leisure pour le Québec, on m’avait confirmé par téléphone que ce type de réparations était généralement compliqué. Et coûteux.

Bien entendu, reprendre la route du nord avant la fin de l’hiver n’est pas une décision qu’on avait prise de gaieté de cœur, les larmes de ma campagne peuvent l’attester. Il a fallu hiverniser la bagnole en catastrophe et mettre le cap vers le froid, pour la première fois en six ans, en espérant que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

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74 ans déjà !

Photo prise par Lise l’été dernier à Percé.

Je fêterai demain mes 74 ans. « Fêter » est le mot juste. D’abord parce que je serai entouré de ma merveilleuse compagne et de nos meilleurs amis. Mais aussi, parce que je vais bien. Très bien même !

La vieillesse pourtant est censée être un naufrage. C’est en tout cas ce qu’on répète volontiers. J’ai même vu passer sur Facebook, il y a quelques mois, un texte affirmant qu’il ne faut pas souhaiter vivre plus de 75 ans. Quitte, le cas échéant, à précipiter le dénouement.

Ce qui m’a choqué, ce n’est pas l’appel au suicide. Lorsque la vie n’offre plus que souffrances, je comprends sans mal qu’on puisse aspirer à sa fin. C’est pourquoi j’appuie sans réserve ces deux Québécois lourdement handicapés qui viennent de contester en Cour supérieure notre loi trop restrictive sur le droit à mourir.

Mais nous ne sommes pas tous gravement malades. Quand je regarde autour de moi, je vois pas mal de « vieillards » qui n’en ont ni l’air ni la chanson. Et même malade, la vie ne perd pas son sens, du moins si la maladie n’est pas accompagnée d’insupportables douleurs.

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Fin du monde, fin de mois et spa

Photo Ville de Montréal

Pour nous aider à supporter la grisaille et le froid, ma compagne et moi avons décidé d’aller passer une journée au Bota Bota. « Si vous vous promenez parfois au Vieux-Port de Montréal, avais-je écrit après notre première visite, vous aurez remarqué sans doute un bateau un peu étrange, qui ne bouge jamais. Sur ses ponts, on peut voir, notamment l’hiver, une vapeur qui s’échappe de ses grands bains à remous. » Dans son intérieur chic et zen, on peut recevoir des massages, des soins pour le visage ou pour le corps, paresser dans le hammam ou les saunas, se vautrer dans les grands bains, s’allonger dans les salles de détente, se sustenter ou se désaltérer au restaurant.

Cette fois encore, nous avions opté pour le forfait Calypso, qui comprend un massage, l’accès illimité aux saunas, au hammam et aux baignoires, une assiette de dégustation (délicieuse) et un verre de vin.

Dans ce bateau, réaménagé de fond en comble, tout a été conçu pour que vous soyez aux petits soins. Le charme commence dès la réception, où le personnel, jeune et beau, vous accueille avec le sourire, et dure jusqu’à la fin, où l’on vous souhaite au revoir, toujours avec la bouche fendue jusqu’aux oreilles. Sans doute parce qu’on souhaite vous revoir, mais aussi parce qu’une somme conséquente vient d’être débitée à votre carte de crédit.

Ça m’a rappelé une vieille blague qui circule depuis longtemps dans les milieux financiers : il y a des gens qui craignent plus la fin du monde que la fin du mois. C’est maintenant notre cas, ce qui nous permet de nous offrir de beaux luxes comme une journée dans un spa.

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