Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Archives de la catégorie ‘Réflexions et impressions’

L’actualité rend-elle fou ?

Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a beaucoup touché une de mes ex-collègues, qui se demande quel effet il aura « sur le moral des êtres humains ». « J’en suis rendue, écrit Chantal avec son humour habituel, à être soulagée de ne pas avoir fait d’enfant, à envisager sereinement ma mort dans max 30 ans et à me demander pourquoi je mets tant d’efforts à essayer d’arrêter de fumer. »

Il faut dire que le rapport du GIEC tape fort. « L’humanité a déjà rejeté tant de gaz carbonique dans l’atmosphère, apprend-on dans le compte rendu de La Presse, qu’elle a fait grimper la température du globe de 1 ℃ par rapport à l’ère préindustrielle. »

Si l’on fait beaucoup d’efforts, on est capable de limiter cette hausse à un demi-degré supplémentaire, estiment les experts. Mais, s’empresse-t-on d’ajouter, on ne réussirait qu’à limiter les dégâts. Les vagues de chaleur extrême augmenteraient considérablement et le niveau des océans continuerait à monter jusqu’à la fin du siècle, au moins.

Et encore. Comme nous ne paraissons pas très enclins à entreprendre les actions nécessaires, on peut craindre que la hausse des températures atteigne 2 degrés, voire davantage. C’est un scénario de catastrophes annoncées ; il ne donne pas très envie de vivre vieux ou de venir se réincarner sur cette bonne vieille Terre. Contrairement à ce que chante la Compagnie Créole, ce n’est pas bon pour le moral. Mais là, pas du tout !

(suite…)

Publicités

Faut-il avoir peur de Trump ?

PHOTO NICHOLAS KAMM / AFP

Je viens de terminer « Fear » de Bob Woodword, un portrait peu flatteur de Donald Trump. Je ne crois pas que l’auteur ait eu à forcer le trait. Le premier entourage du président américain, qui n’était pas composé que de béni-oui-oui, n’est lui-même pas très tendre à son égard.

Ainsi, Rex Tillerson, le secrétaire d’État, au terme d’une réunion houleuse où plus de la moitié du cabinet a songé à démissionner, a qualifié le président de crétin. James Mattis, le secrétaire à la Défense, un homme calme et posé, a dit, au terme d’une autre confrontation pénible, que le niveau de compréhension du président était celui d’un élève de niveau primaire. Un autre général, John Kelly, devenu secrétaire général, décrit la Maison-Blanche sous Trump comme une maison de fous. Reince Priebus, qui avait précédé Kelly, estime que ce président, qui n’a aucune empathie et aucune pitié, s’est entouré de prédateurs. Rob Porter, le chef de cabinet, voit l’administration Trump comme un foutoir où le patron n’en fait qu’à sa tête. Gary Cohn, ex-président du Conseil économique national, qui a fini par quitter le navire, considère Trump comme un menteur professionnel. John Dowd, avocat personnel du président, va même jusqu’à le taxer de « maudit menteur » après avoir refusé de continuer à le défendre devant la commission Mueller.

Quand on parcourt l’ouvrage du journaliste du Washington Post, on voit bien que ce président peut se montrer raciste, suprémaciste, misogyne, malhonnête, paranoïaque, imprévisible, inconstant, inculte, ignorant, paresseux, borné, insensible, impitoyable, colérique, grossier et, bien entendu, narcissique. Jolie description !

(suite…)

La victoire du non-changement

Photo Huffingtonpost

Les électeurs voulaient du changement. Apparemment, ils en ont eu : les deux partis qui ont dominé le Québec depuis 50 ans ont subi des raclées lundi soir. Le Parti libéral a été repoussé dans ses châteaux forts du West Island tandis que le Parti québécois ne doit sa survie qu’à la fidélité d’une poignée de circonscriptions de l’Est. Pourtant, la vague bleue qui a balayé le reste de la province a charrié dans son sillage un profond refus du changement. Les gens qui ont voté pour la CAQ ont souhaité, au fond, que rien ne change, sinon les visages à l’Assemblée nationale.

C’est qu’ils n’aiment pas vraiment le changement, les caquistes. En tout premier lieu, ils redoutent de voir leur province se transformer à cause des immigrés, bien trop nombreux à leur goût. François Legault a lui-même survolté ces peurs en disant craindre que ses petits-enfants ne parlent plus français. Tenace, cette vieille peur de disparaître !

Le chef de la CAQ en a remis une couche en promettant de réduire le nombre d’immigrants acceptés. Il a aussi fait la promotion d’un test des valeurs qui permettrait de renvoyer chez eux les nouveaux arrivants mal intégrés. On n’est pas loin de la charte des valeurs, de triste mémoire, qui avait fini par couler le PQ en 2014. Le test de M. Legault, apparemment, a été mieux reçu dans les chaumières francophones.

(suite…)

Fahrenheit 11/9, du grand Moore !

Michael Moore dans une scène de «Fahrenhait 11/9».

J’ai tellement aimé Fahrenheit 11/9 que je vais certainement retourner le voir. Je m’attendais à une satire mordante sur Donald Trump, mais le documentaire de Michael Moore est beaucoup plus qu’un brûlot jouissif. Il est vrai que le Monstre Orange et ses républicains en prennent pour leur rhume, mais les démocrates reçoivent aussi une volée de bois vert. Même Barack Obama n’est pas épargné. Alors, imaginez Hillary et Bill Clinton.

Ce que nous montre le réalisateur dans ce documentaire, qui est une véritable leçon de politique, c’est que l’actuel président des États-Unis, loin d’être un accident de l’histoire, est au contraire l’aboutissement logique de la politique américaine. Il est juste pire que ses prédécesseurs, creusant davantage les inégalités sociales et tournant résolument le dos aux défis du changement climatique.

(suite…)

Pourquoi je voterai vert

Je me suis parfois pincé le nez en allant voter. Mais cette fois, je ne le ferai pas. Par conviction, je voterai vert pour éviter d’avoir les bleus après les élections. Certes, choisir un Parti vert qui recueillera un ou deux pour cent des votes n’a rien de bien inspirant. Mais n’étant ni capitaliste, ni socialiste et encore moins communiste, n’étant pas non plus nationaliste et encore moins identitaire, l’étiquette qui me convient le mieux, c’est encore celle d’écolo. Autant l’assumer.

Contrairement à bien des francophones, je ne déteste pas le Parti libéral. Les Montréalais y sont bien représentés, tout comme les anglophones et les communautés culturelles. Et à tout prendre, j’aimerais mieux revoir les libéraux au pouvoir que la CAQ, qui nous ferait reculer de quelques décennies. C’est un parti qui, s’il est élu comme le laissent croire les sondages, aggravera la fracture entre Montréal et les régions. Un parti identitaire qui divisera les Québécois. Un parti qui investira dans les ponts et les routes plutôt que dans les transports en commun. Un parti conservateur à la sauce québécoise, pas du tout en phase avec les défis de notre temps.

Cela dit, je ne peux me résoudre à voter pour un PLQ qui a géré la province comme une grosse caisse populaire, sans proposer un véritable projet de société.

Je ne donnerai pas mon vote non plus au Parti québécois, ne serait-ce que parce que je ne suis plus indépendantiste depuis le premier référendum. Oui, je sais que Jean-François Lisée a promis qu’il n’y en aurait pas un troisième durant un premier mandat. Mais outre que je n’ai aucune confiance en un homme qui change d’idée plus vite que son ombre, je connais trop bien le passé pour savoir que les partis indépendantistes se remettent à parler de souveraineté dès que les élections sont passées.

(suite…)

Nos petits-enfants seront-ils anglophones ?

Les trois quarts des émigrés se retrouvent dans la métropole et sa couronne.

Le président de la CAQ, François Legault, craint que nos petits-enfants parlent anglais plutôt que français. La hantise de la disparition de notre langue n’est pas nouvelle ; elle est propagée depuis longtemps par bien des nationalistes. Ce qui est relativement récent, c’est son motif. Jadis, la menace venait des Anglais ; aujourd’hui, elle émane des immigrants. Autre temps, autres peurs. Cette appréhension résiste-t-elle à l’analyse ?

Commençons par les régions du Québec. Plus on s’éloigne de Montréal, moins on trouve de nouveaux arrivants. Quelques-uns s’y aventurent, mais ils parlent déjà français ou l’apprennent à la vitesse grand V. Leur présence rarissime menace-t-elle la survie du français en région ? Bien sûr que non !

Le problème, si problème il y a, se situe dans sa métropole et sa couronne immédiate, où se concentrent grosso modo les trois quarts des émigrés. Leur nombre pèse-t-il sur l’avenir du français dans la Belle Province ?

(suite…)

Les algorithmes peu intelligents de Facebook

Critiqué de toutes parts, Facebook met en place des outils pour éviter certains dérapages sur son site. Malheureusement, le réseau confie cette tâche à des algorithmes. On a beau vanter l’intelligence artificielle, elle reste bien peu intelligente en matière de discernement, comme le montre la censure d’une publicité du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Dans La Presse, Éric Clément raconte que la peinture cubiste Femmes à la toilette, utilisée par le Musée pour promouvoir l’exposition de Pablo Picasso, a été retirée par Facebook, qui la jugeait indécente. Horreur ! elle montrait deux femmes nues.

Le Musée change donc la publicité « en prenant l’image de la peinture de Picasso Nature morte au guéridon ». Mais après quelques jours, explique Clément, « elle a aussi été refusée, car les algorithmes y avaient vu un sein ».

(suite…)

Nuage de Tags