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Archives de la catégorie ‘Réflexions et impressions’

Œil au beurre noir pour la télé française

Christine Angot et Sandrine Rousseau dans «On n’est pas couché».

J’ai déjà dit à quelques reprises toute l’affection que j’ai pour On n’est pas couché, émission que je préfère de beaucoup à notre Tout le monde en parle. Mais peut-être devrais-je commencer à parler de cet attachement au passé tant la nouvelle année me déçoit jusqu’ici.

La raison tient beaucoup à l’arrivée de Christine Angot en remplacement de Vanessa Burggraf. Vanessa, c’était déjà un étage au-dessous de Léa Salamé, qui, pendant deux ans, avait permis à ONPC d’atteindre des sommets. Mais avec Angot, là vraiment, on est descendu au sous-sol. Passons vite sur le fait qu’elle est aussi chaleureuse qu’un congélateur pour s’en tenir à ses commentaires. Longs, pour ne pas dire interminables, imprécis, flous, souvent confus. On se demande où elle veut en venir. Bref, avec elle, on s’ennuie.

Ce serait un moindre mal si Yann Moix, l’autre chroniqueur de l’émission, était excellent. Mais l’écrivain était déjà depuis deux ans l’élément faible du tandem. Lui aussi est mauvais intervieweur, ses propos sont souvent obscurs et ses jugements sont aussi blessants que discutables. Il est vrai qu’il peut être drôle, voire lumineux à l’occasion. Le plus souvent toutefois, il est pénible.

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Un samedi sans opéra

Cet après-midi, je me suis rendu au Cineplex Forum pour voir l’opéra Norma. Je n’avais pas acheté mon billet en ligne, convaincu qu’il ne manquerait pas de sièges par cette matinée pluvieuse, d’autant que le chef d’œuvre de Bellini était présentée dans trois salles à Montréal. Erreur ! Les vrais amateurs d’opéra ne sont pas gens à se laisser décourager pour une pluie fine du mois d’octobre. Il restait bien de rares places dans l’ancien Forum, mais elles étaient mal situées. J’ai préféré rebrousser chemin, mais non sans avoir vu entrer la foule de ceux qui avaient eu la sagesse de réserver leurs billets.

Ils n’étaient pas chic comme un soir de première à l’Opéra de Montréal, mais bien mis tout de même. Beaucoup mieux en tout cas que la faune habituelle des cinémas. Vieux aussi. Même plus vieux que moi, ce qui n’est pas peu dire. Du coup, j’ai eu l’impression de me retrouver à Naples, dans le sud-ouest de la Floride. Lors de mon dernier voyage, j’avais noté, dans un supermarché de cette ville cossue, que la clientèle était si âgée qu’il faudrait installer quelques défibrillateurs et deux ou trois bornes d’oxygène pour que les gens puissent reprendre leur souffle. Mais heureusement dans ce multiplexe, le grand escalier qui mène au dernier étage, où était projetée l’œuvre, est mécanique. Pas besoin de canne pour le gravir.

Je suis reparti en me disant que l’opéra avait sans doute une date de péremption. Quand ma génération aura disparu, le genre mourra également. On gardera juste quelques CD et quelques DVD pour montrer aux jeunes générations ce qu’était ce grand art qui voulait intégrer tous les autres.

Franglais, chiac et franglais plus

Je croise deux jeunes hommes le long du canal de Lachine. « Il faut juste que tu te set-up, according to me… » dit l’un d’eux. On emploie habituellement le terme franglais pour désigner un français émaillé d’emprunts à l’anglais ou de calques de l’anglais. Mais le français reste dominant.

Dans la phrase citée ci-dessus cependant, on est plus proche du chiac du Nouveau-Brunswick que du franglais québécois. Le chiac, en effet, mélange allégrement mots français et mots anglais. Un exemple classique, cité par Wiki : « Espère-moi su’l’corner, j’traverse le chmin et j’viens right back. »

Une partie de notre belle jeunesse montréalaise parle maintenant un sabir semblable. Certains y verront les effets pervers du bilinguisme dans la métropole. Mais pour moi, c’est plutôt le contraire du bilinguisme véritable. Comme l’a souligné récemment Xavier Dolan, il ne faut surtout pas mal apprendre le français et mal apprendre l’anglais. Autrement, on finit par mêler maladroitement l’un et l’autre, créant une langue hybride et pauvre, qui réunit à la fois mauvais français et mauvais anglais.

On aurait tort de penser que ce « franglais plus » est le lot exclusif des enfants de la loi 101. Selon mes observations, ce serait plutôt le contraire. L’accent du jeune homme entendu ce matin ne laissait en tout cas aucun doute : c’était celui d’un francophone de naissance.

La belle voix d’outre-tombe de Bernard Giraudeau

La méditation de pleine conscience est d’inspiration bouddhiste.

Bernard Giraudeau, mort en 2010, a vécu avec le cancer pendant dix ans. Le comédien s’est alors mis à pratiquer la méditation de pleine conscience avec Jon Kabat-Zinn, un médecin qui a consacré sa vie à faire connaître cette approche. Giraudeau a enregistré avec Kabat-Zinn un CD de 12 méditations. On peut en trouver au moins trois sur YouTube, notamment une d’une dizaine (1), une d’une vingtaine (2) et une d’une trentaine (3) de minutes. Suffit de taper Bernard Giraudeau méditation. Le comédien guide également un « scan corporel » d’une quarantaine de minutes (4).

On peut y entendre sa belle voix d’outre-tombe, une voix un peu rauque, assez particulière. La diction, comme celle de presque tous les comédiens de son époque, est impeccable.

La méditation de pleine conscience est d’inspiration bouddhiste, mais Kabat-Zinn, qui l’a d’abord popularisée dans les hôpitaux américains avant de la faire connaître un peu partout, l’a dépouillée de tout contenu religieux. Il s’agit en quelque sorte d’une méditation laïque. Elle est beaucoup utilisée pour réduire le stress et l’anxiété, ainsi que pour lutter contre la dépression. Mais elle peut aussi être pratiquée tout simplement pour améliorer le bien-être et favoriser le développement personnel.

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World Press Photo 2017 : des images de notre inhumanité

Un homme, devant une demeure détruite par le conflit en Ukraine, arrose des fleurs émergeant d’un nid-de-poule.

Il faut avoir le cœur solide pour parcourir la nouvelle exposition de la World Press Photo. Je me suis retenu à plusieurs reprises pour ne pas pleurer dans la salle du Marché Bonsecours où l’on présente la mouture 2017. Au cinéma, je verse volontiers quelques larmes dans le noir. Mais jeudi en fin d’après-midi, il y avait vraiment trop de monde autour. Ma compagne a lancé : « C’est déprimant ! » Une étudiante, à côté d’elle, a ajouté : « C’est vrai. »

Un activiste vient d’assassiner l’ambassadeur de Russie en Turquie.

« En février 2017, nous dit-on, le jury réuni à Amsterdam a évalué plus de 80 000 images soumises par plus de 5000 photojournalistes de 125 pays. » Ce sont les photos gagnantes qu’on peut voir jusqu’au début du mois d’octobre à Montréal. Elles sont pour la plupart très fortes.

Ce sont surtout des images de notre monde malade : guerres en Syrie, en Irak, en Libye, en Ukraine ou en Afghanistan, misère extrême au Congo ou au Brésil, réfugiés sur les mers ou dans les déserts, venus de pays où l’on fuit la guerre et la misère, exactions, assassinats et emprisonnements aux Philippines, enfants blessés dans des attentats ou des bombardements, animaux abattus ou prisonniers de filets de pêche, et j’en passe. Ce que nous montrent crûment ces excellents photographes qui ont parcouru le monde, c’est que l’humain peut être le plus inhumain des animaux.

On peut voir aussi, il est vrai, quelques belles photos de sport, dont un spectaculaire plongeon du tennisman Gaël Monfils, ainsi que de jolies photos d’animaux dans la nuit africaine. Mais elles ne nous font pas oublier les atrocités, car au final, c’est l’horreur qui domine cette rétrospective 2017.

La photo qui m’a le plus touché, c’est celle qui illustre ce carnet, tout en haut. Elle montre un homme qui, devant une demeure détruite par le conflit en Ukraine, arrose des fleurs émergeant d’un nid-de-poule. Elle illustre à la fois la cruauté de notre société et son corollaire : l’espoir. Plus que jamais nécessaire !

Des braconniers ont abattu ce rhinocéros pour s’emparer de sa corne en ivoire.

Les futurs enseignants recalés

La Presse nous a appris lundi que, « à leur premier essai, près de la moitié des futurs enseignants québécois ont échoué à l’examen de français obligatoire pour l’obtention de leur brevet d’enseignement l’an dernier ». C’est l’exemple même du cercle vicieux : des étudiants maîtrisant mal le français enseigneront mal notre langue à des enfants qui, plus tard, le parleront et l’écriront mal, et qui, un jour, l’enseigneront mal à leur tour. Comment en est-on arrivé là ?

Bien entendu, il faut éviter de jeter la pierre aux seuls enseignants. Comme le dit Patrick Lagacé, « ils sont le produit d’une culture qui se fiche de l’école ». Et j’ajouterais : le produit d’une école qui se fiche du français. D’année en année, on n’a cessé de diminuer les heures d’apprentissage de notre langue. On a multiplié les réformes mal avisées. On a gonflé les notes pour cacher les problèmes. De plus, comme l’a si bien expliqué le Pr Pierre Paradis à Caroline Touzin, « dans les écoles d’aujourd’hui, on priorise la créativité, l’expression d’idées », ajoutant : « C’est écrit tout croche, mais ce n’est pas important, les jeunes s’expriment. » Il me semble que « sa sarait plus mieux » de maîtriser les règles de grammaire avant d’essayer de disserter sur les grands sujets de l’heure.

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Blanc ou rouge ?

– Lise, j’ai une grande question à te poser : « Devrait-on prendre du blanc ou du rouge avec notre poulet ? »

– Ce soir, j’irais pour le blanc. (Une pause) Je croyais qu’il s’agissait d’une grande question existentielle.

– Mais c’en est une. Pour moi, à cet instant précis, il est plus important de connaître la couleur du vin que de savoir si Dieu existe.

 

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