Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Archives de la catégorie ‘Réflexions et impressions’

74 ans déjà !

Photo prise par Lise l’été dernier à Percé.

Je fêterai demain mes 74 ans. « Fêter » est le mot juste. D’abord parce que je serai entouré de ma merveilleuse compagne et de nos meilleurs amis. Mais aussi, parce que je vais bien. Très bien même !

La vieillesse pourtant est censée être un naufrage. C’est en tout cas ce qu’on répète volontiers. J’ai même vu passer sur Facebook, il y a quelques mois, un texte affirmant qu’il ne faut pas souhaiter vivre plus de 75 ans. Quitte, le cas échéant, à précipiter le dénouement.

Ce qui m’a choqué, ce n’est pas l’appel au suicide. Lorsque la vie n’offre plus que souffrances, je comprends sans mal qu’on puisse aspirer à sa fin. C’est pourquoi j’appuie sans réserve ces deux Québécois lourdement handicapés qui viennent de contester en Cour supérieure notre loi trop restrictive sur le droit à mourir.

Mais nous ne sommes pas tous gravement malades. Quand je regarde autour de moi, je vois pas mal de « vieillards » qui n’en ont ni l’air ni la chanson. Et même malade, la vie ne perd pas son sens, du moins si la maladie n’est pas accompagnée d’insupportables douleurs.

(suite…)

Publicités

Fin du monde, fin de mois et spa

Photo Ville de Montréal

Pour nous aider à supporter la grisaille et le froid, ma compagne et moi avons décidé d’aller passer une journée au Bota Bota. « Si vous vous promenez parfois au Vieux-Port de Montréal, avais-je écrit après notre première visite, vous aurez remarqué sans doute un bateau un peu étrange, qui ne bouge jamais. Sur ses ponts, on peut voir, notamment l’hiver, une vapeur qui s’échappe de ses grands bains à remous. » Dans son intérieur chic et zen, on peut recevoir des massages, des soins pour le visage ou pour le corps, paresser dans le hammam ou les saunas, se vautrer dans les grands bains, s’allonger dans les salles de détente, se sustenter ou se désaltérer au restaurant.

Cette fois encore, nous avions opté pour le forfait Calypso, qui comprend un massage, l’accès illimité aux saunas, au hammam et aux baignoires, une assiette de dégustation (délicieuse) et un verre de vin.

Dans ce bateau, réaménagé de fond en comble, tout a été conçu pour que vous soyez aux petits soins. Le charme commence dès la réception, où le personnel, jeune et beau, vous accueille avec le sourire, et dure jusqu’à la fin, où l’on vous souhaite au revoir, toujours avec la bouche fendue jusqu’aux oreilles. Sans doute parce qu’on souhaite vous revoir, mais aussi parce qu’une somme conséquente vient d’être débitée à votre carte de crédit.

Ça m’a rappelé une vieille blague qui circule depuis longtemps dans les milieux financiers : il y a des gens qui craignent plus la fin du monde que la fin du mois. C’est maintenant notre cas, ce qui nous permet de nous offrir de beaux luxes comme une journée dans un spa.

(suite…)

2018, une année sombre et heureuse

Dès le 4 janvier, je me suis inquiété de l’effet que le twit aux tweets aurait sur la planète cette année. « Trump incarne tout ce à quoi je m’oppose, ai-je écrit sur ce blogue. Sa réforme des impôts et ses dérégulations massives ne feront qu’accroître les inégalités sociales, qui ont déjà doublé aux États-Unis en 30 ans. Ses politiques en matière d’environnement vont augmenter la pollution et accélérer le dérèglement climatique. Sa conception des relations internationales, fondée sur l’affrontement plutôt que sur la coopération, est archaïque, inefficace et dangereuse. En un mot, on ne pouvait imaginer pire président pour notre époque. »

Je n’avais pas complètement tort. Pour sa deuxième année au pouvoir, l’Agent orange, comme l’appellent certains détracteurs, s’est montré aussi imprévisible qu’hyperactif. On l’a vu faire séparer les familles de migrants à la frontière, envoyer l’armée pour bloquer leur arrivée, renier l’accord avec Iran sur le nucléaire, imposer des tarifs sur l’acier et l’aluminium à ses partenaires, se quereller avec ses alliés, entreprendre une guerre commerciale avec la Chine, imposer à la Cour suprême un juge soupçonné d’agressions sexuelles, passer l’éponge sur un meurtre commandité par le prince saoudien Ben Salmane, et j’en passe.

« À ce rythme, avais-je prédit, les évangéliques qui l’ont porté au pouvoir vont devoir sortir les pancartes LA FIN DU MONDE EST PROCHE avant la fin de l’année. » Mais il y avait dans cet humour inquiet une large part d’exagération. Certes, le président américain a étalé, quasi chaque jour, son incompétence et son ignorance. J’ai beaucoup ri, en particulier, quand il a confondu Balkans et pays baltes, reprochant aux dirigeants de la Lettonie, de la Lituanie et de l’Estonie, éberlués, d’avoir provoqué la guerre en ex-Yougoslavie.

Cela dit, je dois admettre que les fameux contre-pouvoirs ont tenu le coup. Les juges, parfois ceux que Trump a lui-même nommés, ont mis un frein à son autoritarisme. Les grands médias l’ont à l’œil. Le procureur Mueller poursuit son enquête sur les rapports troubles du président et de son entourage avec la Russie. C’est d’autant plus rassurant que le Congrès s’apprête à redevenir démocrate en janvier. Alors oui, Trump est détestable. Mais son pas lourd n’a pas empêché la Terre de continuer à tourner.

(suite…)

Qui a peur de la religion ?

Dans le film de Bernard Émond, « Journal d’un vieux », le personnage principal dit : « Je ne crois pas en Dieu et, croyez-moi, je le regrette ! » Jolie formule qui exprime la difficulté de vivre dans un monde sans Créateur. Pour ma part, je ne peux dire que je crois ou que je ne crois pas en Dieu. Comme Albert Camus, « je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse ». Et comme Hubert Reeves, j’estime qu’on ne peut pas le savoir.

Mais contrairement au personnage de Émond, je ne regrette pas la disparition du Dieu des catholiques. Certes, en perdant la foi, j’ai perdu l’espoir d’une vie éternelle et paradisiaque dans la vallée de Josaphat. Mais je me souviens surtout d’un Dieu tyrannique qui nous suivait partout, d’un Dieu omniprésent qui s’immisçait dans nos pensées les plus secrètes, d’un Dieu vengeur qui nous menaçait de l’enfer.

Vers 16 ans heureusement, sans doute influencé par mes « mauvaises lectures », j’ai cessé de croire en cette religion qui m’avait jusque-là terrorisé. Ça m’a valu bien des ennuis dans un collège dirigé par des curés, où j’ai risqué d’être mis à la porte. Ça m’a aussi placé dans une position délicate vis-à-vis de mes parents, à qui j’ai dû cacher longtemps mon incroyance. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir tourné le dos au catholicisme.

Depuis, je ne pratique aucune religion. Je ne suis pas fermé au Dieu de Spinoza, qui croyait en un Dieu qui se révèle dans l’harmonie de ce qui existe. Mais comme le philosophe, je ne crois pas en un Dieu qui se mêle de la destinée humaine.
(suite…)

Être ou ne pas être (pour le Pacte) ?

Je n’avais pas l’intention de parler du Pacte pour la transition, ne serait-ce que parce que tout le monde en a déjà parlé. Mais comme j’ai commencé à m’intéresser à l’environnement il y a une cinquantaine d’années déjà, j’éprouve finalement le besoin d’ajouter mon grain de sel, en espérant qu’il ne générera pas trop de CO2.

On se doute bien que je suis du côté de Dominic Champagne plutôt que de celui de Richard Martineau. S’il y a dans ce débat un donneur de leçons, ce n’est pas le premier. Je n’ai jamais eu l’impression que les artistes qui se sont engagés dans ce projet étaient les gourous d’un sectarisme vert. Je les ai plutôt vus comme des citoyens, imparfaits sans doute mais conscients de la gravité de la situation, qui ont voulu se servir de leur influence pour conscientiser leurs concitoyens ainsi que notre gouvernement.

Pour ce qui est des concitoyens, c’est un peu raté. Certes, quelque 200 000 signatures, ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas beaucoup non plus. Ce serait sans doute plus facile de faire signer 200 000 personnes contre la hausse des prix de l’essence et du diésel. Pour ce qui est du gouvernement caquiste, je doute aussi du poids du Pacte sur ses décisions. Je veux bien donner la chance au coureur, mais ce parti-là vient de gagner ses élections haut la main sans dire un mot de l’environnement. De surcroît, ceux qui l’ont élu sont ceux-là mêmes qui vivent dans cet étalement urbain tant critiqué et qui rechignent à changer leur mode de vie.

(suite…)

La musique sur Spotify

Nous sommes récemment allés chez des amis. « Qu’est-ce que vous aimeriez entendre ? » nous a demandé David. Nous lui avons fait quelques demandes, qu’il a aussitôt comblées, fussent-elles pointues. Non que sa discothèque soit immense, mais il est abonné à Apple Musique. Ça m’a donné des idées. De retour à l’appartement, je me suis inscrit à Spotify.

Pourquoi Spotify plutôt qu’Apple ? Parce que je n’aime pas beaucoup la compagnie aux mille milliards, qui produit au plus bas coût et vend au plus haut. Vous me direz que c’est l’essence même du capitalisme. C’est vrai, mais la société à la pomme est parmi les pires. Et au moins, en optant pour une société suédoise, je n’encourage pas un monstre américain.

(suite…)

La saison des médecins

Lorsqu’on atteint un certain âge, pour ne pas dire un âge certain, il faut voir les médecins. Même en santé, on n’y échappe. Vérifications et mises au point s’imposent. C’est ainsi que depuis deux mois j’ai vu l’ophtalmologiste, l’ORL et le médecin de famille. Je n’ai pas encore rencontré mon cardiologue trop occupé, mais j’ai déjà passé avec succès le test à l’effort. « Un jeune homme de 73 ans ! » a lancé la jeune infirmière qui me regardait me démener sur un tapis roulant de plus en plus abrupt dans le rutilant nouveau CHUM. C’était une flatterie, je ne suis pas dupe, mais elle m’a fait du bien. C’est assurément plus agréable que de se faire traiter de vieux croûton.

En fait cet automne, tous les voyants sont au vert. Les gouttes ont fait leur effet, tant et si bien que la pression des yeux est redevenue normale. L’ophtalmo était content ; moi itou. Les polypes dans le nez ne sont pas réapparus ; je n’ai jamais mieux respiré depuis des lustres. L’ORL aussi était contente. Quant à ma nouvelle docteure, elle n’avait que des bons mots pour mon bilan de santé. Taux de sucre et triglycérides se situent à un niveau optimal. Même le cholestérol, qui inquiétait tant mon ancienne docteure, est redevenu normal. Limite mais normal. Et sans ces satanées statines que je refusais de prendre. J’ai eu bien raison de m’entêter.

J’avais bien fait de changer de médecin l’an dernier. Cette femme me stressait. J’arrivais à son bureau en santé et j’avais l’impression d’en ressortir malade. Ce n’était pas un mauvais médecin, bien au contraire. J’en ai rarement rencontré un qui se souciait autant de la santé de ses patients. Mais c’était une inquiète. C’est sans doute pourquoi elle pratiquait l’hyper-prévention.

(suite…)

Nuage de Tags