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L’Empire de la peur

Pas plus tard qu’en fin de semaine, le Dr Arruda avait tenu des propos fort sensés : « Il ne faut pas paniquer », avait lancé le responsable de la santé publique. Mais la voix du bon sens n’a résisté que quelques jours à la campagne de peur. Un œil sur les sondages, l’autre sur sa popularité, le premier ministre Legault vient d’annoncer quelques tours de vis.

Faut-il s’en étonner ? Son ministre de la Santé annonce depuis quelque temps déjà que la troisième vague est arrivée. Tremblons, Mesdames, Messieurs ! Le maire Labeaume, les yeux dans l’eau, s’inquiète pour sa capitale. Le Collège des médecins réclame depuis quelques lunes un durcissement des mesures sanitaires. Et tout ce que la province compte d’épidémiologistes prophétise la huitième plaie d’Égypte.

On me dira que la science vient de parler. Je vois plutôt un retour à l’obscurantisme et au Moyen-Âge. C’est plutôt la peur qui vient de décider, et on sait qu’elle n’est pas bonne conseillère. Une peur alimentée par des médias qui en ont fait leurs choux gras.

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« Heureux d’un printemps qui me chauffe la couenne… » J’ai réécouté la chanson de Paul Piché cette semaine. Elle a bien vieilli, je trouve. Ses premières paroles expriment bien, en tout cas, ce que j’ai ressenti pendant mes promenades quotidiennes depuis que le mercure a allégrement grimpé. Qu’il est agréable de marcher quand on n’a pas l’impression d’être agressé par le froid ! Quand on tient ses bâtons de marche à main nue plutôt qu’avec de grosses mitaines ! Quand on n’a pas besoin d’une tuque enfoncée jusqu’aux yeux ! Quand on peut troquer son gros manteau d’hiver contre un coupe-vent léger et ses grosses bottes contre des chaussures de course !

Ma compagne croit qu’il faut avoir vécu l’hiver pour goûter à ce point le printemps. Moi je trouve que c’est cher payer. Reste qu’on est en train de sortir de la saison infernale. Je ne peux que m’en réjouir.

D’autant que, sur le front de la pandémie, les nouvelles ne sont pas trop mauvaises. Certes, Montréal reste en zone rouge, comme le rappellent chaque jour les grands bureaux avoisinants, désespérément vides. Nous sommes toujours sous le coup d’un couvre-feu et d’un confinement. Incapable de vraiment mettre en place la stratégie tester-tracer-isoler, notre gouvernement populiste continue à appliquer ces mesures moyenâgeuses.

Mais au moins, le nombre de cas a chuté, tout comme les hospitalisations et les morts. La vaccination, après avoir traîné les pieds, va bon train. Au Palais des congrès, juste à côté de chez nous, l’opération est d’une remarquable efficacité. Je fais partie de ceux qui peuvent maintenant lancer : « Je suis vieux et vacciné. » D’ici notre fête nationale, nous promet le premier ministre, tous les adultes devraient avoir reçu la première dose du vaccin. J’applaudis.

De plus, on peut enfin retourner au cinéma et dans les musées. Je suis déjà allé au cinoche trois fois et dans les musées deux fois. Quelle joie ! Et les salles de spectacle et de concert sont sur le point de rouvrir. J’ai déjà acheté nos billets pour un concert à la salle Bourgie. Que du bonheur pour nous ! Et pour les artistes sans doute, déprimés, voire suicidaires, après une année de Covid-19, où ils n’ont pas pu se produire, même pendant les périodes où les centres commerciaux étaient ouverts.

J’ai bien hâte de voir les proches autrement qu’en visioconférence. J’ai lu récemment un article montrant à quel point les rencontres sur Zoom ou sur Messenger ne sont pas naturelles. Mais j’ai tenu bon, car je préfère voir mes amis sur un petit écran que de ne pas les voir du tout. Reste que rien ne remplace leur chaleureuse proximité.

Je suis impatient également de voir rouvrir les restaurants et les cafés, sans lesquels la vie en société manque tellement de charme et de raffinement. Chaque fois que nous sommes allés au cinéma, Lise et moi, nous avons été un peu frustrés de ne pouvoir aller dans un café après la projection pour parler du film. Aller au Musée des beaux-arts, sans s’arrêter d’abord à son restaurant, c’est pour nous une expérience incomplète. Même chose pour le musée de Pointe-à-Callières, où L’arrivage, avec ses bons plats, ses bons vins et sa belle vue, nous manque.

J’espère que, contrairement à la chanson, on ne vivra pas « rien qu’au printemps ». L’été aussi, souhaitons-le, sera magnifique.

Photo pinterest.fr

J’ai déjà beaucoup aimé le baseball. Au point d’écouter parfois des matchs à la radio pendant la grande période des Expos. Mais quand ces derniers ont quitté la ville, j’ai accroché ma casquette et cessé de suivre ce sport.

Serais-je heureux du retour du baseball à Montréal? Sans doute. Mais pas aux frais des contribuables. Pas pour contribuer à faire vivre des millionnaires qui touchent des salaires indécents.

D’autant que la ville a déjà un grand stade, que boudent les promoteurs depuis les années 80. Je ne sais trop pourquoi. On lui reproche d’être dans l’est de la ville. Je veux bien croire que c’est loin des restos chics du centre, mais Hochelaga-Maisonneuve, ce n’est quand même pas le bout du monde. Soit dit en passant, le métro s’y rend. Eh oui! C’est peut-être difficile à croire pour des promoteurs qui préfèrent rouler en Mercedes ou en Land Rover. Mais le Parc olympique compte même deux stations.

On reproche aussi à ce stade de béton d’être lugubre. C’est vrai quand n’y viennent que quelques milliers de spectateurs. Mais j’ai assisté à des rencontres quand il était rempli à craquer et il y avait là, je peux en témoigner, une atmosphère formidable.

Bref, oui au retour du baseball, mais dans un stade déjà payé.

https://www.lapresse.ca/sports/baseball/2021-03-23/l-etat-doit-il-financer-un-nouveau-stade.php

 

Deux itinérants en Mercedes

L’hiver, maudit hiver !

Au Vieux-Port de Montréal.

Mes écrans de veille font défiler les photos des voyages de 25 dernières années. En cette fin de février, mon regard se fige sur celles de Nice. Je me prends à rêver de ces beaux matins où ma compagne, en tenue de jogging, allait courir sur la promenade des Anglais, déjà fleurie en février. Pendant ce temps, je grimpais la colline du Château sous des arbres gorgés de bourgeons sur le point d’éclater. Que l’hiver est doux sur la Côte d’Azur !

Une résidence de Nice.

D’autres photos aussi apparaissent, nous montrant souriant et légèrement vêtus, en Floride, en Arizona, en Californie ou en Baja California. Ou même dans le sud du Texas, où le temps est si agréable quand les grands vents ne déboulent pas de l’Arctique à travers les interminables Plaines. Ce qui me frappe dans tous ces endroits, ce sont les fleurs. Je n’ai pourtant pas la passion du jardinage ni la main verte. Mais l’hiver, de voir des bougainvilliers qui grimpent à l’étage ou des haies d’hibiscus hautes d’un mètre réchauffe mes vieux os.

Je ne sais pas comment les snowbirds, forcés de rester au Québec pour cause de pandémie, ont vécu l’hiver qui se terminera dans quelques semaines. Moi, ça va. J’ai survécu. Mais c’est parce que j’ai un bon moral et une compagne adorable. Un bel appartement aussi, qui laisse pénétrer le soleil généreusement. Même par les journées très froides, on a l’impression que ses rayons sont aussi chauds que ceux du Sunshine State.

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Hiver et confinement

Bien que je n’aie vécu qu’un seul hiver au complet au Québec depuis dix ans, je ne fais pas partie des vrais snowbirds, ces voyageurs qui avaient l’habitude de mettre le cap vers le sud en même temps que les outardes. Pour ma part, j’attendais habituellement le début de février pour migrer, avec ma compagne, vers des cieux plus cléments.

Mais dans quelques jours nous ne nous envolerons ni pour la Costa del Sol ni pour la Côte d’Azur. Pendant qu’on gèle au Québec, nous ne mangerons pas sur une terrasse ensoleillée à Malaga, nous ne marcherons pas sous des palmiers chargés de perroquets à Torre Molinos, nous ne gravirons pas la colline fleurie de Nice, nous ne déambulerons pas sur la magnifique promenade des Anglais.

Nostalgie ! Nostalgie ! Long soupir…

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Mes 400 amis Facebook

Je devrais franchir ce mois-ci le cap des 400 amis Facebook. C’est un chiffre relativement modeste. Certains de mes ex-collègues comptent plusieurs milliers d’amis sur le réseau de Zuckerberg. Je ne suis pas assez connu pour égaler ces sommets. De plus, je ne cherche pas forcément à accroître mon total. J’accepte rarement les demandes de gens que je ne connais pas. Les rares fois où je l’ai fait, je l’ai presque toujours regretté, car c’est ainsi que j’ai rencontré quelques-uns des pires casse-pieds de la Toile.

Je refuse aussi les invitations de belles jeunes femmes, vivant habituellement dans des pays lointains. Quand je clique sur leur profil, le sourire est toujours enjôleur et les seins bien en évidence. Ce n’est pas que je sois insensible à leur grâce, mais je ne me fais aucune illusion sur mon charme de sugar daddy.

Quelque 400 amis Facebook, c’est pour moi un beau chiffre. Bien sûr, nous ne sommes pas amis comme l’étaient Montaigne et La Boétie. Ou comme Daniel et moi, qui avons été promenés en poussette ensemble et qui sommes encore liés 76 ans plus tard. Il y a parmi cette communauté disparate, que le réseau a réunie, quelques vrais amis, des proches, beaucoup d’ex-collègues du Soleil et de La Presse, de vieux camarades du collège, ainsi que d’anciens lecteurs de mes blogues sur le français, le tennis ou les voyages.

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En déménageant de Griffintown au Quartier international, j’ai changé de parcours pour ma promenade quotidienne. Pendant dix ans, quand je n’étais pas en voyage, j’allais marcher le long du canal de Lachine, un très beau lieu. C’est juste dommage que ses concepteurs, faute d’un budget conséquent peut-être, ne l’aient pas fleuri davantage. Mais y marcher était très agréable.

Désormais, je me dirige plutôt vers le Vieux-Montréal. En sortant de mon nouvel immeuble, je traverse la place Riopelle, qui me mène directement, via la rue Saint-Pierre, au Vieux-Port.

Beaucoup de villes sont construites près d’un cours d’eau, mais peu sont baignées par un fleuve aussi magnifique que le nôtre. À Paris, j’adore me balader le long de la Seine, surtout depuis que ses rives ont été fermées à la circulation automobile. Les ponts qui l’enjambent sont splendides et les immeubles qui la longent sont somptueux. J’aime bien, en particulier, les belles demeures de l’île Saint-Louis et de l’île de la Cité. Notre Saint-Laurent, lui, n’a ni vieux ponts ni chics résidences, mais il s’impose par sa majesté et sa puissance.

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Il y a un peu plus de deux ans, mon cardiologue m’avait envoyé passer un test de résistance à l’effort. Test que j’ai réussi si bien que la jeune femme qui le supervisait m’avait lancé : « Un jeune homme de 73 ans ! » Le compliment m’avait fait un grand plaisir ! Aussi l’ai-je souvent répété.

À la veille d’atteindre mes 76 ans, toutefois, je ne me vante plus d’être un jeune homme. Ce n’est pas que je me sente plus vieux désormais. Mais me présenter comme un jeunot aujourd’hui, ce serait flirter avec le mythe de l’éternelle jeunesse. Or un mythe, nous dit Le grand Robert, c’est « une pure construction de l’esprit, une invention sans rapport avec la réalité ». Dans la vraie vie, qui n’est pas une légende, les jeunes vieux ont bien du mal à cacher leurs cheveux gris, leurs rides, leur raideur, leur lenteur et leurs petits bobos. Et s’ils sont un peu honnêtes, ils ne pourront s’empêcher de constater que leurs performances physiques, si bonnes soient-elles, sont marquées d’un astérisque. En bas de page, il faut lire « pour leur âge ».

Au cours des derniers mois, j’ai souvent été frappé par le fait que pas mal de gens marchaient maintenant plus vite que moi. Récemment encore, une jeune femme a démarré comme une bombe dès que le feu a viré au vert. J’ai bien tenté d’accélérer le pas ; rien à faire, elle a continué à distancer pépé. Pourtant, je ne marche pas lentement. Ma cadence reste plutôt rapide, mais pour un vieux, pas pour une jeunesse.

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Toutefois, mon enthousiasme est tempéré par le durcissement du confinement au Québec. Qu’on me comprenne bien : je ne suis ni négationniste ni complotiste. La deuxième vague de Covid-19 frappe fort. Le nombre de cas ne cesse d’augmenter, les morts se multiplient, le système de santé est épuisé, des opérations sont reportées. Ce coronavirus n’a rien d’une simple grippe. Il fallait agir. Mais comment ?

Quand on regarde les mesures proposées par la Sainte-Trinité, j’ai l’impression qu’on utilise la même recette, mais avec un peu plus d’épices. La même recette qui, soit dit en passant, n’avait pas marché, les cas ne cessant d’augmenter. Le Saint-Esprit ne semble pas avoir inspiré fort MM. Legault, Arruda, Dubé.

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