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Je ne connais pas beaucoup Cœur de pirate comme auteure et je la connaissais peu comme interprète avant de découvrir récemment les 12 magnifiques chansons qu’elle a enregistrées pour la série Trauma. J’avais déjà entendu, il est vrai, sa belle interprétation de Mistral gagnant de Renaud. Je l’avais aussi vue chanter de très jolis duos avec Mark Lavoine (Le paradis blanc) et Nicola Sirkis (J’ai demandé à la lune). Son Trauma m’a complètement envoûté.

Il faut dire que j’ai un faible pour Cœur de pirate. Cette Béatrice-là, je la suivrais sans hésiter dans l’enfer de Dante. J’aime tout d’elle, même ses tatouages ; c’est vous dire. Ce n’est pas très original, je le sais. Notre Montréalaise a déjà une armée d’admirateurs, qui la trouve absolument « sublime ». Mais mon emballement pour Trauma ne tient pas aux grands yeux de la petite blonde. Dès la première écoute, j’ai adoré le disque. Je l’ai ensuite écouté très attentivement en suivant les paroles. Puis, j’ai comparé quelques-unes de ses interprétations avec celles des auteurs des chansons. C’est là que tout son talent éclate.

Prenez Lucille. Le texte est bien, mais l’interprétation et la musique de Kenny Rogers sont plutôt banales. Cœur de pirate en a tiré une chanson très personnelle, transformant ce country sans grande originalité en un petit chef-d’œuvre qui vous arrache une larme ou deux. Même la comparaison avec la grande Amy Winehouse ou avec les célébrissimes Rolling Stones n’est pas du tout à son désavantage. Béatrice donne de You Know I’m no Good une version déchirante et de Dead Flowers une version intimiste, sans la grosse caisse qui enterre tout. Notre pirate vole les chansons des autres, mais sans rien saccager.

Béatrice Martin n’a pourtant pas une grande voix. Elle ne pourrait assurément pas se lancer dans les vocalises de la Reine de la Nuit dans La flûte enchantée, que je viens de réentendre. Mais cette musicienne sait tirer pleinement profit de sa jolie petite voix. Là où je la préfère, c’est seule au piano. Ce n’est pas que ses orchestrations ne soient pas belles. Mais la rencontre de sa voix si singulière et des accords minimalistes qu’elle tire du clavier me propulse au septième ciel. C’est mieux que l’enfer, après tout !

TRAUMA (Chansons de la série télé), Cœur de Pirate, 2013.

Les récents succès de Roger Federer, notamment contre Rafael Nadal, tiennent beaucoup à la cure de jouvence de son revers.

Quand j’étais blogueur de tennis à La Presse, j’ai enterré un peu trop rapidement le revers à une main. J’étais sans doute obnubilé à l’époque par les succès du trio Djokovic, Nadal et Murray. Du côté femmes, il est vrai, ce type de revers a déjà disparu ; la cause est entendue. Mais chez les hommes, le revers à une main fait en ce moment un retour en force. Prenez le tournoi d’Indian Wells : quatre joueurs s’amènent avec leur beau revers classique en quarts de finale. Compte tenu du peu de tennismen qui utilisent ce coup, cette parité en dit long sur son efficacité.

Dans le désert californien, on verra, bien sûr, le grand Roger Federer, dont les récents succès, notamment contre Rafael Nadal, tiennent beaucoup à la cure de jouvence de son revers. Il sera accompagné de son compatriote Stan Wawrinka, dont le revers passe souvent pour le plus beau du tennis, ainsi que de Dominic Thiem et de Pablo Cuevas, dont les revers sont aussi de pures merveilles.

L’écrivain Laurent Binet, qui est également un grand connaisseur de tennis (il collabore à L’Équipe pendant Roland-Garros), prétend même qu’un joueur qui possède un revers à une main a plus de chances de gagner un tournoi du Grand Chelem que celui qui joue son revers à deux mains. La domination du trio dont je parlais ci-dessus a fait un peu oublier ce fait. Mais il est vrai que les joueurs au revers à une main ont un palmarès impressionnant dans les tournois majeurs. Je cite de mémoire Roger Federer, 18 titres, Pete Sampras, 14, Ivan Lendl, 8, John McEnroe, 7, Stefan Edberg, 6, Boris Becker, 6, sans compter les anciens, l’immense Rod Laver, 11, et ses compatriotes Roy Emerson, 12, et Ken Rosewall, 8. Pas mal non !

Peut-être que le revers à une main n’est pas qu’un beau coup. C’est aussi un super coup !

La plus grosse tempête de l’hiver nous frappe de plein fouet. (Photo La Presse)

Ces jours-ci, je regarde le tournoi de tennis d’Indian Wells, qui se déroule dans le désert de la Californie. Les spectateurs sont en T-shirt et en bermuda. Il y a deux ans, nous y étions, Lise et moi. Ce lieu grand, chic et luxueux m’avait beaucoup impressionné. « En comparaison, avais-je écrit à l’époque, le tournoi de Montréal, à l’étroit dans un coin du parc Jarry, a presque l’air tiers-mondiste. » Nous nous y rendions en marchant sur de beaux et larges trottoirs, à travers des banlieues proprettes, coquettes, fleuries et cossues.

Cette année, je suis plutôt devant ma télé. Quand je jette un œil dehors, tout ce que je vois, c’est un couple de voisins, chaudement vêtus, fumant et grelottant sur leur terrasse. Le week-end dernier, il a gelé à pierre fendre. En ce moment même, la plus grosse tempête de l’hiver nous frappe de plein fouet. Tout un contraste avec le mois de mars 2015 sous le soleil californien. Ça m’a donné un choc.

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Jaden Piner et Mahershala Ali dans Moonlight.

Au moment où l’Oscar du meilleur film a été attribué, dans la plus totale confusion, à Moonlight, je ne savais que penser de ce choix de l’Académie, n’ayant pas encore vu le film de Barry Jenkins. C’est fait. Et ? Eh bien, je préfère La La Land. Certes, les deux œuvres sont difficiles à comparer. D’un côté une comédie musicale dans la plus pure tradition de l’âge d’or d’Hollywood, de l’autre un drame dont la thématique est très contemporaine.

Je ne suis pas étonné par le choix de l’Académie, qui récompense rarement les comédies, fussent-elles musicales. La La Land a beau être une comédie qui ne se termine pas par un happy end, elle a sans doute été jugée trop légère. On a préféré la misère de Miami aux paillettes d’Hollywood. On a opté pour des thèmes forts comme l’homosexualité, l’intimidation, la drogue et la monoparentalité, aux ambitions d’une actrice et d’un musicien, sur fond d’étoiles et de chorégraphies. On a choisi un film qui descend dans les bas-fonds au lieu de monter dans la stratosphère.

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Judith Lussier a récemment abandonné sa chronique d’opinion, épuisée, nous apprend Radio-Canada, par le nombre et la violence des commentaires sur les réseaux sociaux.

« Connasse », peut-on lire à la une de La Presse+. Ça frappe d’autant plus que l’injure est entourée de qualificatifs tout aussi gentils : « Calisse de vache », « Mal baisée », « Pauvre idiote », « Crève sale bitch », « va te faire baiser salope ». C’est le genre de commentaires que reçoivent fréquemment mes collègues chroniqueuses quand leurs lecteurs, et parfois même leurs lectrices, sont en désaccord.

Cette méchanceté n’est pas une complète surprise pour moi. Il y a une dizaine d’années déjà, à l’époque où j’étais blogueur à La Presse, Marie-Claude Lortie m’avait fait part du flot d’injures reçu par mes consoeurs. Mais par pudeur sans doute, elle ne m’en avait pas dit davantage. C’est pourquoi ce reportage du 8 mars, je l’ai reçu comme une gifle. Ni Rima (Elkouri), ni Michèle (Ouimet), ni Agnès (Gruda), ni Francine (Pelletier) ne méritent un tel traitement. Ni personne d’ailleurs. Il ne me viendrait pas à l’idée de lancer à Denise Bombardier, parce que je ne partage pas son repli identitaire : « Crève sale bitch ! » Cet étalage de vulgarité et de méchanceté jure dans une province où l’on aime faire des leçons d’égalité hommes-femmes aux immigrants en général et aux musulmans en particulier.

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Le sang des victimes de la tuerie de la mosquée de Québec était à peine séché que les indignés professionnels ont rapidement repris du service.

La colonoscopie est un examen dont la réputation de pénibilité est si terrible qu’elle a engendré une expression : quand on veut décrire une situation vraiment désagréable, on dit par dérision qu’elle est « aussi agréable qu’une colonoscopie ». Mais l’examen du colon est-il à ce point insupportable ?

Je l’ai subi pour la troisième fois il y a quelques jours. Cette fois, j’avais choisi le public plutôt que le privé. Première différence : il m’a fallu attendre neuf mois plutôt que quelques jours pour obtenir un rendez-vous. Mais peu importe, il n’y avait pas péril en la demeure. Deuxième différence : une fois la jaquette mise, j’ai dû patienter une heure et quart au lieu de quelques minutes sur une chaise aussi droite qu’inconfortable. Je ne sais pas pourquoi, mais dans les hôpitaux du Québec, on n’arrive pas, semble-t-il, à respecter les horaires. Le médecin s’appelait le Dr Anthar. Je me suis demandé s’il ne s’agissait pas plutôt du Dr Enrethar. Mais ce n’était sans doute pas sa faute. Dès que je l’ai vu du reste, j’ai trouvé qu’il avait une bonne tête. J’ai su tout de suite que mon anus serait en de meilleures mains qu’entre celles d’un policier de la banlieue parisienne muni d’une matraque.

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trump

Je n’attendais rien de bon de la présidence de Donald Trump et les premières semaines ne m’ont pas fait changer d’idée. Mais je dois admettre que les Bourses aiment beaucoup le nouveau président . Et du même souffle, que j’en profite. Au lendemain de son discours devant le Congrès, je me suis amusé à calculer les gains de nos portefeuilles, à Lise et à moi. Les chiffres, ma foi, étaient impressionnants. Bien sûr, j’ai tempéré mon exaltation, car je ne cesse de lire de savantes analyses économiques selon lesquelles les orientations trumpistes sont intenables à moyen terme. Mais pour le moment, « sky is the limit ». Enfin, peut-être pas le ciel, mais du moins la Trump Tower.

Cette montée en flèche confirme à mes yeux le caractère irrationnel de la Bourse. Après le discours de l’homme à la chevelure jaune, les marchés se sont enflammées, non pas à cause de ce qu’il avait annoncé, mais parce qu’il avait eu l’air présidentiel. Que les spéculateurs sont superficiels ! Il a suffi que ce dingue n’ait pas l’air trop fou pour qu’ils s’enthousiasment. Il y a des gens qui arrivent à comprendre la Bourse, ses subtilités, ses humeurs, ses émois, ses emportements. Moi pas. Je pige que dalle.

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