Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Mise en garde : si vous n’avez pas encore lu ce livre, ma critique révèle quelques éléments de l’intrigue.

J’ai acheté L’enfant perdue, tome 4 de la célébrissime quadrilogie de la non moins célébrissime Elena Ferrante dès sa sortie. J’avais adoré les trois premiers opus. Je brûlais d’impatience de dévorer le dernier. Mais je serai honnête : il m’a beaucoup déçu.

En lisant les commentaires sur le site de Babelio, je me rends compte que je suis minoritaire. « À mon grand désespoir, écrit Michfred, j’ai achevé ce matin le dernier volume de L’Amie Prodigieuse. » « Je trouve que ce livre achève en beauté la quadrilogie. C’est de loin mon tome préféré », renchérit Lipinha. Comme beaucoup de fidèles lecteurs, Diablotin dit ressentir un grand vide de voir cette histoire se terminer.

Moi, j’ai plutôt l’impression qu’il était temps qu’elle finisse. Et je ne suis pas seul. PaulineSuzanne lance : « Très franchement, je pense que ce 4ème tome est celui de trop… ! » Miriam aussi se montre déçue : « Les premiers chapitres ont traîné : Elena va-t-elle quitter Pietro ? Va-t-elle rejoindre Nino ? Vont-ils fonder un nouveau couple ? Les atermoiements, les longueurs m’ont un peu agacée. »

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Il n’y a pas que le Dr Robert Lustig qui nous incite à ne pas confondre le plaisir et le bonheur. Matthieu Ricard croit également que « l’erreur la plus courante consiste à confondre » l’un et l’autre. Pour ce moine tibétain, le plaisir « n’est que l’ombre du bonheur ».

Les distinctions que le moine et le médecin font sont sensiblement les mêmes. Tout comme Lustig, Ricard estime que le « plaisir s’épuise à mesure qu’on en jouit, comme une chandelle qui se consume ». Il croit également qu’il s’agit « d’une expérience individuelle, essentiellement centrée sur soi », de sorte qu’il peut être égocentrique, voire carrément nuisible pour les autres. Le médecin ajoute que le plaisir est viscéral plutôt que spirituel et de courte plutôt que de longue durée, ce avec quoi le moine serait sans doute d’accord.

Lustig souligne une dernière différence, de nature biologique celle-là : « plaisir et bonheur dépendent de deux neurotransmetteurs distincts : dopamine pour le plaisir, sérotonine pour le bonheur ». Or, cette différence n’est pas banale. Comme l’explique le neuroendocrinologue, la dopamine est un neurotransmetteur exclusivement « excitateur ». « Bien sûr, reconnaît-il dans un entretien accordé au journal Le Monde, les neurones sont faits pour être excités. » Mais ils « aiment être chatouillés, pas brutalisés », car lorsqu’un « neurotransmetteur excitateur est fourni à des hautes doses chroniques, il devient neurotoxique ».

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Retour au gym

Notre hiver en dents de scie acérées était en train de torpiller mes résolutions. Tantôt je renonçais à ma séance de marche nordique le long du canal de Lachine parce qu’il faisait trop froid. Tantôt parce qu’il pleuvait. Tantôt parce que c’était trop glacé. Tant et si bien que mon objectif de 2000 kilomètres de marche en 2018 paraissait irréalisable avant même la fin du mois de janvier. Du coup, ma bedaine risquait de grossir à vue d’œil.

Ma belle-fille, une grande marathonienne devant l’Éternel, a dit : « Vous avez un beau gymnase. Vous pouvez en profiter quand il fait mauvais. » C’est ainsi que je suis retourné dans notre beau gym. Je l’avais fréquenté à notre arrivée dans notre nouveau condo. Mais les deux télés ouvertes, la musique, les voix, le bruit m’irritaient souvent. J’avais donc troqué la salle d’exercices pour le canal à deux pas.

Côté bruit, ça s’est beaucoup calmé depuis. Les écrans de télé sont encore ouverts, mais la plupart du temps sans voix. Ceux qui le désirent regardent la télé, mais avec sous-titres. S’ils veulent écouter de la musique, ils se branchent généralement à leur cellulaire et mettent des écouteurs. De plus, mon statut de retraité me permet de choisir des heures où la salle d’exercices n’est pas bondée.

Je m’entraîne surtout sur tapis roulant. Je peux ainsi varier les vitesses et l’inclinaison. Comme j’aime les gadgets, ça me branche. Je peux du coup mesurer mes performances et mes progrès. C’est ainsi que j’atteins l’expérience optimale, un état que Wikipédia définit comme « un sentiment de joie spontané, voire d’extase pendant une activité ». Ce concept, mieux connu sous le nom anglais de flow (qu’on traduit parfois en flux), a été élaboré par le psychologue Mihály Csíkszentmihályi. Pour être honnête, je n’ai pas encore connu l’extase. Mais sur mon tapis, je me sens vraiment bien. C’est déjà ça.

Pour parvenir à cet état de flux, il faut relever un défi, mais le coefficient de difficulté ne doit pas être trop élevé, sans quoi le stress s’invite. Il faut également avoir des buts clairs et recevoir un feedback instantané. Toutes ces conditions sont réunies sur un tapis roulant.

Reste à dépasser l’ego, un défi peut-être plus exigeant encore, car je m’entraîne entouré de jeunes gens. Si je veux être pleinement satisfait d’atteindre les 7 km/h, il me faut impérativement éviter de regarder tout à côté ce jeunot qui, lui, dépasse allégrement les 10 km/h. D’autant que le jeunot en question est souvent une fille.

À la fin de ma séance d’hier, j’ai fait un peu de muscu. J’ai enchaîné quelques exercices simples, que j’ai dû apprendre de Ben Weider dans les années cinquante, avec des haltères de cinq livres. Tout à côté de moi, il y avait deux jeunes femmes qui manipulaient sans mal des haltères de dix livres tout en faisant des pas de gymnastique compliqués. Et je ne parle pas des mâles qui soulèvent bruyamment de grosses charges d’acier.

Dans ces moments, pépé doit se rappeler qu’il vient d’avoir 73 ans, pas 23.

Le Post ****½

J’ai adoré le dernier opus de Steven Splielberg. Le célèbre réalisateur ne réinvente pas le cinéma, j’en conviens. Comme je reconnais qu’il y a dans ce Post des scènes un peu didactiques. Mais sans doute Spielberg a-t-il jugé essentiel, en cette ère de trumpisme, de faire l’éloge de la liberté de presse et du féminisme, quitte à appuyer un peu sur le crayon. Cela dit, ce récit qui oppose le Washington Post à la Maison-Blanche, tout juste avant le Watergate, est bien joué et mené rondement. L’atmosphère fiévreuse d’une salle de rédaction les jours de grandes nouvelles est bien rendue. C’est passionnant et prenant de bout en bout.

Il faut dire que j’ai été journaliste pendant 45 ans. On comprendra donc mon intérêt pour ce grand fait d’armes de la profession. J’ai été d’autant plus touché par cette histoire de journalisme sur fond de mensonges d’État et de guerre du Vietnam qu’elle se déroule à l’époque où j’ai débuté dans le métier. J’ai même eu la larme à l’œil quand j’ai revu ces ateliers de typographie qui utilisaient encore le plomb. Elles sembleront presque irréelles aux jeunes spectateurs d’aujourd’hui, qui peuvent lire des journaux où il n’y a même plus de presses.

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Eh oui, 73 ans !

C’est avec joie que je vais célébrer en ce lundi mon 73e anniversaire de naissance.

Physiquement, j’ai pris une dizaine de livres (5 kl) depuis le retour de notre grand périple. Rien de terrible si c’était bien réparti sur mes 5 pieds 11 (1m80). Mais la graisse, c’est comme le poil qui surgit là où on ne le souhaite pas. Elle s’est concentrée autour de la taille, créant une bedaine peu esthétique et difficile à cacher, même avec des chandails plus grands. Maintenant sur les photos, je n’arrive même plus à rentrer le ventre pour faire illusion. Il faudrait me photographier en gros plan, mais là on verrait les rides et les poches sous les yeux. Ou de dos, mais on découvrirait à quel point j’ai perdu des cheveux à l’arrière (c’est la surchauffe du cerveau sans doute). Bref, il n’y a plus de solution, sinon m’accepter comme je suis. Ce qui, à la réflexion, est une excellente idée pour un méditant qui cherche à déconstruire son ego. J’espère juste qu’il fondra plus facilement que mon bedon.

Ce n’est pourtant pas parce que j’ai changé mon alimentation. Je bouffe peut-être un peu plus de sucre, mais si peu. Je continue aussi à parcourir une quarantaine de kilomètres par semaine. Mais il faut croire que la marche sur le plat brûle moins de calories que les balades dans les Rocheuses, dans les canyons de l’Utah ou sur les pitons rocheux de l’Arizona.

On pourrait croire, à la lumière de ce qui précède, que je suis au bord de la crise de nerfs ou que la déprime me guette. Soyez rassurés, il n’en est rien. Je vais bien. Très bien même. C’est le sourire aux lèvres que je vais célébrer en ce lundi mon 73e anniversaire de naissance.

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Je ne crois pas à la liberté des hommes d’importuner les femmes. Je crois plutôt au droit des femmes de ne pas être importunées.

Je suis très attaché aux libertés. Mais, tout mâle que je sois, je ne tiens pas à la liberté que nous aurions d’importuner les femmes, sous prétexte que cette liberté serait indispensable à la liberté sexuelle. « O liberté, que de crimes on commet en ton nom ! », a lancé Manon Roland. Comme je ne suis pas comme elle sur l’échafaud, je dirai plutôt : « O liberté, que de niaiseries on dit en ton nom ! »

Soyons justes : il n’y a pas que ce collectif de femmes françaises, la plus connue étant Catherine Deneuve, qui a publié une lettre dans Le Monde, à craindre que les mouvements #moiaussi, #metoo et #balancetonporc soient allés trop loin. Une de mes connaissances m’a récemment lancé : « Le problème, c’est que les hommes n’oseront peut-être plus essayer de séduire les femmes dans les partys. » Ce à quoi j’ai répondu : « Si on ne peut plus mettre la main aux fesses des femmes, où s’en va-t-on ? » Devant mon humour absurde, il a laissé tomber.

Que des hommes redoutent que ce grand mouvement de dénonciation des porcs dépasse les bornes, je peux le comprendre, même si je ne partage pas leurs inquiétudes. Mais des femmes, m’en voilà tout étonné. Cela dit, elles nous invitent à débattre et ce n’est pas moi qui vais refuser pareille invitation. D’autant qu’elles ne manquent pas d’humour à l’occasion. « Encore un effort, peut-on lire dans leur lettre, et deux adultes qui auront envie de coucher ensemble devront au préalable cocher via une appli de leur téléphone un document dans lequel les pratiques qu’ils acceptent et celles qu’ils refusent seront dûment listées. »

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Les créateurs du téléphone intelligent, tout comme les cerveaux des réseaux sociaux qui en ont fait leur cheval de Troie, l’ont conçu de façon à ce que ses utilisateurs deviennent accros.

Vous connaissez ma méfiance à l’égard des cellulaires, en particulier ceux qu’on dit intelligents, mais qui nous rendent idiots. S’il faut en croire le Globe and Mail, je n’aurais pas tout à fait tort. « Votre téléphone vous rend stupide, antisocial et malade », tel est le titre d’un long article solidement documenté d’Eric Andrew-Gee.

Avant de conclure à l’exagération, voyez plutôt quelques-uns des effets délétères du téléphone intelligent recensés dans ce reportage. Ce petit bijou que vous tenez précieusement dans votre main, que vous apportez aux toilettes et à côté duquel vous dormez, diminue votre attention, réduit votre intelligence, amenuise votre mémoire, limite les heures consacrées à la famille et met en péril votre équilibre vie professionnelle/vie privée. Pas mal, non ! De plus, il affaiblit votre créativité, mais augmente votre anxiété.

À ce stade, si vous êtes accros à votre téléphone, je vous soupçonne d’avoir déjà décroché. Tant pis ! J’allais justement parler de votre dépendance. Car être accro au cellulaire est une addiction. Elle n’est pas encore reconnue officiellement, mais ça viendra.

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