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Archives de la catégorie ‘Montréal’

Indispensable cinéma français !

Ce film de Gilles Lellouche est brillamment interprété par Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade et Alban Ivanov, ainsi que par Virginie Efira et Leïla Bekti (qu’on ne voit pas sur la photo).

Cinémania, le festival du cinéma francophone, vient de se terminer. J’en ai profité pour voir neuf films en onze jours. Il aurait été possible d’en voir davantage, jusqu’à cinq par jour. Mais je ne suis plus capable de telles performances. D’autant que, lorsqu’un film est intense, je n’ai pas envie d’en voir un autre immédiatement après. Et le cinéma qu’on nous a offert cette année – un excellent cru – était souvent prenant.

J’adore ce festival qui me fait un peu oublier le passage de l’automne à l’hiver. Cette année encore, il a fallu souvent faire la file sous la bruine et dans le froid. C’est le prix à payer pour voir en abondance des films français, belges ou suisses.

Le reste de l’année, on n’est pas beaucoup gâté, il faut bien le dire. Les films de la francophonie européenne ne sont pas légion sur nos écrans ; et, qui pis est, ils restent à l’affiche peu longtemps. Il y a quelque temps, par exemple, je voulais voir le dernier film de Marion Cotillard, « Gueule d’ange », car je suis un fan fini de la belle Française. Mais il est resté à l’affiche une semaine, au cours de laquelle je n’étais malheureusement pas disponible.

Pourtant, il existe une clientèle pour ce cinéma. Il y a les baby-boomers, bien sûr, qui dans l’ensemble sont restés francophiles. Mais il y a aussi, à Montréal du moins, une communauté française de plus de 100 000 personnes qui semble s’ennuyer du cinéma de l’Hexagone. Il suffisait de tendre l’oreille cette semaine à Cinémania pour voir que notre minorité audible était bien représentée parmi les spectateurs.

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La rage du trottoir

On connaît bien la rage au volant ainsi que son pendant, la rage de l’air. Je découvre ces jours-ci la rage du trottoir. Il faut dire qu’il n’y a pas que les conducteurs à buter sur les cônes orange à Montréal. Depuis quelques mois notamment, les piétons sont eux aussi affectés, forcés çà et là de modifier leur trajet. La plupart le prennent bien, enfin pas trop mal. Mais pas tous, ni même toutes.

Il y a quelques jours, rue Jean-Talon, près du métro, il fallait changer de trottoir, celui du côté sud étant bloqué par de lourds travaux qui empiétaient même sur la chaussée. À moins de s’entêter à marcher, à ses risques et périls, dans la voie étroite laissée pour les véhicules, valait mieux faire un petit détour par le côté nord. Mais une dame ne l’entendait pas ainsi. Quand la personne chargée de la circulation l’a gentiment mais fermement empêchée d’aller plus loin, elle s’est indignée, protestant, gueulant, pestant, vociférant. Ciel ! Que de bruit pour rien !

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Nos petits-enfants seront-ils anglophones ?

Les trois quarts des émigrés se retrouvent dans la métropole et sa couronne.

Le président de la CAQ, François Legault, craint que nos petits-enfants parlent anglais plutôt que français. La hantise de la disparition de notre langue n’est pas nouvelle ; elle est propagée depuis longtemps par bien des nationalistes. Ce qui est relativement récent, c’est son motif. Jadis, la menace venait des Anglais ; aujourd’hui, elle émane des immigrants. Autre temps, autres peurs. Cette appréhension résiste-t-elle à l’analyse ?

Commençons par les régions du Québec. Plus on s’éloigne de Montréal, moins on trouve de nouveaux arrivants. Quelques-uns s’y aventurent, mais ils parlent déjà français ou l’apprennent à la vitesse grand V. Leur présence rarissime menace-t-elle la survie du français en région ? Bien sûr que non !

Le problème, si problème il y a, se situe dans sa métropole et sa couronne immédiate, où se concentrent grosso modo les trois quarts des émigrés. Leur nombre pèse-t-il sur l’avenir du français dans la Belle Province ?

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Pourquoi Montréal boude le cinéma québécois

Les blagues lancées par Michel Côté et Louis-José Houde ont fait beaucoup rire hors métropole.

Dans La Presse+ du 20 juin, André Duchesne nous apprenait d’intéressantes statistiques sur le cinéma québécois. Selon un rapport de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, notre cinéma national est moins populaire à Montréal qu’en région. Et la différence n’est pas minime. Prenez De père en flic 2 : dans 13 des 16 régions administratives de la Belle Province, ce film est arrivé en première place en 2017, devançant même les grands succès américains. Mais dans la métropole, la comédie d’Émile Gaudreault glisse au 30e rang. Toute une chute !

Mon ex-collègue a interrogé la productrice Denise Robert sur ce phénomène. Sans surprise, elle a trouvé une série de plates excuses. Ainsi, il n’y aurait pas « tant de salles pour le cinéma québécois » à Montréal. On se demande si elle a déjà visité les petites villes du Québec, où il n’y a souvent qu’un cinéma. La productrice a aussi souligné que la fréquentation des salles était basse en juillet, au moment où son grand succès est sorti dans la métropole. Et « à cela, a-t-elle enchaîné sans rire, s’ajoutent la congestion routière et les travaux. » C’est vraiment du grand n’importe quoi !

J’ai pour ma part une explication bien différente. De père en flic 2 est non seulement un film québécois. C’est aussi une œuvre écrite, tournée et jouée en québécois. Sans sous-titres, elle est incompréhensible dans le reste de la francophonie. Comme l’est d’ailleurs, il faut bien le dire, la majeure partie de notre cinéma. J’en vois faire la grimace. Et pourtant, ce n’est pas une accusation, c’est un fait. Sans sous-titres, même les Français les plus québécophiles ne comprennent que dalle à des œuvres comme Mommy ou J’ai tué ma mère. Alors, imaginez les Maghrébins ou les Africains.

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Scène de la vie montréalaise : un café glacé

Depuis mon retour de Paris, j’ai pris l’habitude, comme on le fait en France, de dire « sur place » quand je commande un café que je désire boire sans l’emporter. La formulation me paraît plus élégante et moins calquée sur l’anglais que « pour ici ». C’est ce que j’ai fait encore cette semaine dans un café du Ghetto McGill.

J’ai remarqué que le français de la barista était un peu boiteux, mais sans plus. Après tout, ce n’est pas si étonnant dans un quartier montréalais situé près de l’Université McGill et en bonne partie anglophone. J’aurais cependant dû tiquer quand elle m’a demandé, de façon un peu hésitante, si c’était « pour ici » puisque je venais de le préciser.

Je suis allé m’asseoir. Le temps m’a semblé un peu long. C’était, j’imagine, le temps qu’il a fallu pour refroidir l’expresso, car lorsqu’il a fini par arriver, il était rempli, à ma grande surprise, de glaçons. La barista avait compris « sur glace » et non « sur place ».

Le froid polaire en attendant Nice

L’an dernier, c’était pour Lise et moi notre premier hiver complet au Québec en sept ans. Au cours des six années précédentes, nous avions passé la saison froide, en tout ou en partie, à Nice, en Floride, au Texas, en Arizona, en Californie ou en Baja California. Pas mal non ! J’en étais si heureux que j’avais écrit que plus jamais nous ne passerions tout un hiver dans la Belle Province. Elle est peut-être belle sous la neige, mais je la préfère en plein été. Toutefois, la fin du caravaning et la décision d’acheter un nouvel appartement avaient modifié nos plans.

Nous étions donc un peu craintifs à la fin de 2016, quand l’hiver s’est amené. Heureusement pour nous, il n’a pas été brutal. Long, presque interminable, mais plutôt doux de bout en bout, de sorte que nous y avons survécu sans trop de mal. S’il avait fallu cependant que le froid fût aussi mordant que cette année, je crois que nous serions morts. Ou peut-être serions-nous partis pour Nice, ce qui constitue une autre façon de partir, mais en douce.

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Nous Montréalais, des nationalistes ?

Bien au chaud près du foyer de notre grande pièce commune, au 9e étage de notre immeuble, j’avais une vue magnifique sur la neige qui balayait le centre-ville de Montréal. (Photo Lise Roy)

Mardi, pendant que les médias s’amusaient à faire peur au monde avec la première tempête de la saison, je suis monté au neuvième étage de notre immeuble, d’où j’avais une vue magnifique sur la neige qui balayait le centre-ville de Montréal. Bien au chaud près du foyer de notre grande pièce commune, je voyais, non sans un malin plaisir, dois-je avouer, les voitures patiner dans la gadoue, tentant péniblement de rallier la Rive-Sud. Boucar Diouf m’accuserait sans doute de traiter les banlieusards de haut.

Le donneur de leçons de Longueuil s’est en effet attaqué samedi dernier aux nationalistes de Montréal. Je fais sans doute partie du lot puisque, quelques jours plus tôt dans la même Presse+, j’avais écrit un article justifiant l’usage du « Bonjour, Hi ! », qu’il fustige. L’emploi du mot « nationaliste » m’a fait sourire, car s’il y a une chose que je me pique de ne pas être, c’est bien nationaliste. Le nationalisme québécois ne me fait pas vibrer. Le nationalisme canadien encore moins.

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