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Archives de février, 2019

Fuir Montréal ou l’aimer

On apprenait il y a quelques jours que Montréal avait perdu 25 000 personnes au profit de la banlieue en 2018. Une fois de plus. Ce n’est pas demain la veille que l’étalement urbain va s’arrêter. Chaque année, cette mauvaise nouvelle, car c’en est une, m’attriste.

Je ne blâme pas les gens qui partent. J’aime trop la liberté pour ne pas accepter qu’on aille vivre là où l’on veut. Je les critique d’autant moins que j’ai déjà moi-même cédé aux sirènes de la banlieue. En 1982, en effet, ma compagne et moi avons quitté Québec pour aller vivre à Neuville, un charmant village de la Rive-Nord. Trente-sept ans plus tard, il m’arrive encore de le regretter.

Pourtant, nous habitions une jolie maison sur la plus haute colline du village. De notre grande terrasse, nous pouvions admirer le Saint-Laurent sur une soixante de kilomètres, depuis les ponts de Québec jusqu’à Lotbinière. Derrière, des champs de maïs s’étendaient à perte de vue. Et au bout de rue, il y avait une belle pente où l’on pouvait aller glisser l’hiver.

À la différence d’Ulysse, le chant des sirènes ne nous avait pas entraîné vers des récifs, mais dans d’interminables bouchons de circulation où l’on perdait un temps fou et qui généraient un stress aussi considérable qu’inutile. En particulier en hiver, où nous avons connu notre large part de verglas, de tempêtes et de giboulées.

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Nice encore et encore

Cette année, pour faire changement, nous devions séjourner à Marseille plutôt qu’à Nice. Mais sitôt l’appartement trouvé et réservé, nous avons commencé à le regretter. Était-ce une si bonne idée d’aller sept semaines dans la ville de Pagnol ? Nous nous posions la question sans y répondre jusqu’à ce que deux immeubles s’effondrent au centre-ville, provoquant dans leur chute brutale morts et blessés. Inquiet, j’ai aussitôt vérifié les adresses sur Google Maps pour constater qu’elles étaient situées à deux pas de l’endroit où nous devions rester. Il n’en fallait pas plus pour nous décider à annuler notre réservation.

Nous voilà donc terminant l’hiver à Nice pour la quatrième fois. Et nous en sommes ravis. Nous regrettons d’autant moins notre volte-face que brille, pour le moment du moins, un magnifique soleil sur la Côte-d’Azur alors que le temps est maussade sur la Provence.

Si nous connaissons la ville à fond, l’appartement, lui, est nouveau. Nous n’avions pas envie de retourner dans le Vieux-Nice, fort joli mais touristique et bruyant. Au fil de nos promenades, nous avions découvert le quartier voisin, celui du Port, habité presque exclusivement par les Niçois. Nous nous étions dit, l’an dernier, qu’il serait agréable d’y vivre.

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Vacances au pays des gilets jaunes

Nice et la baie des Anges depuis la colline du Château, où nous montons chaque matin.

La météo nous annonce, avec des trémolos dans la voix des madames ou des messieurs Météo, une grosse tempête. Mais j’ai envie de vous chanter la chanson de Charlebois : « Demain l’hiver, je m’en fous / Je m’en vais dans le Sud, au soleil… » C’est que nous prenons vendredi l’avion pour Nice, où nous passerons le reste de l’hiver à déambuler sur la promenade des Anglais au lieu de patauger dans la sloche de la rue Saint-Catherine ou de risquer la chute le long du canal de Lachine.

Comme la plupart des Québécois, je n’ai pas la fibre nordique. Je ne me suis jamais habitué à notre hiver ; il me glace. Le plus difficile, ce n’est pas la neige ; j’habite Montréal et je n’ai pas d’auto. Ce sont les grands froids, surtout lorsqu’ils sont poussés par de forts vents et chargés d’humidité.

Et en la matière, nous sommes gâtés cette année. Ils me paraissent d’autant plus pénibles, ces moins 20, avec des ressentis de moins 150, qu’ils sont entrecoupés de dégels mettant à rude épreuve notre adaptabilité et laissant des trottoirs de glace où l’on pratique la marche extrême.

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La vie après le caravaning

Lise et moi à notre arrivée à Yosemite. « Comme on a l’air heureux ! » me dit-elle.

Il y a trois ans, presque jour pour jour, nous sommes revenus en catastrophe de la Floride. Même si l’État des petits vieux nous ennuyait un peu, nous y aurions passé volontiers la fin de l’hiver. Mais comme je l’avais expliqué à l’époque, le lit mural de notre autocaravane était resté coincé dans une position qui ne nous permettait plus de l’utiliser. Les deux premiers mécanos consultés nous avaient avoué ne pas pouvoir faire grand-chose (euphémisme qu’on peut traduire sans se tromper par « rien ». Chez Horizons Lussier, le concessionnaire Leisure pour le Québec, on m’avait confirmé par téléphone que ce type de réparations était généralement compliqué. Et coûteux.

Bien entendu, reprendre la route du nord avant la fin de l’hiver n’est pas une décision qu’on avait prise de gaieté de cœur, les larmes de ma campagne peuvent l’attester. Il a fallu hiverniser la bagnole en catastrophe et mettre le cap vers le froid, pour la première fois en six ans, en espérant que le ciel ne nous tombe pas sur la tête.

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