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Affaire ukrainienne : « quid pro quo », une mauvaise traduction

Dans l’affaire ukrainienne qui pourrait mener à la destitution de Donald Trump, les médias anglophones utilisent fréquemment l’expression « quid pro quo ». Le président américain a-t-il, oui ou non, commis un « quid pro quo » lors de son appel avec le président Volodymyr Zelensky ?

L’ennui, c’est que cette expression-là, même si elle est parfois employée en traduction, n’a aucun sens en français. On trouve bien dans notre langue le mot « quiproquo », mais il désigne une « erreur qui consiste à prendre une personne, une chose pour une autre » ou encore la « situation qui en résulte ». Ce n’est manifestement pas de cela qu’il s’agit.

La locution « quid pro quo », empruntée par l’anglais au latin, désigne plutôt un « service obtenu en contrepartie, en échange de quelque chose ». Dans le cas qui nous occupe, le « quid pro quo » de Trump peut donc se traduire par un service (une enquête de l’Ukraine sur les Biden) obtenu en échange de fonds accordés à ce pays. Autrement dit, le président républicain, tel un chef mafieux, a-t-il « forcé la main » d’un dirigeant étranger pour obtenir une enquête susceptible de nuire à un rival démocrate ? C’est ce que les démocrates tenteront de prouver.

On pourrait aussi croire, dans la mesure où l’Ukraine y trouve son compte (les 391 millions promis par les États-Unis ayant été débloqués), qu’il s’agit de ce qu’on appelle en français un « échange de bons procédés ». Dans son article du jour sur l’affaire, Le Monde parle de « donnant-donnant » et de « troc ». Et si l’on trouve ces traductions trop neutres, on pourrait choisir « chantage diplomatique ».
  •  Trump a-t-il exercé un chantage diplomatique sur Zelensky ?
  •  Trump nie tout troc avec Zelensky.
Comme on le voit, le français ne manque pas de ressources pour traduire « quid pro quo ».

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