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Archives de la catégorie ‘Culture et sport’

Connaissez-vous Sylvain Tesson ?

Le prix Renaudot, que ce Parisien de 47 ans vient tout juste de recevoir pour « La panthère des neiges », contribuera sans doute à mieux le faire connaître au Québec. Mais voilà bientôt dix ans que cet écrivain aventurier, plutôt unique dans la littérature française, est une vedette en France.

Depuis en fait la parution de son essai « Dans les forêts de Sibérie », journal intime de ses six mois d’ermitage dans une cabane au bord du lac Baïkal. Ce récit, couronné par le prix Médicis, a connu un grand succès de librairie. On en a même tiré un film, qui n’est pas mauvais du tout, mais qui n’a rien, mais vraiment rien à voir avec le livre, sinon la cabane au bord du lac.

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Petit éloge du cinéma français ou pourquoi Scorsese a raison

Ladj Ly a remporté le Prix du jury à Cannes pour «Les misérables», film qui représentera la France aux Oscars.

Comme chaque année au début du mois de novembre, je me rends chaque jour au cinéma Impérial pour le festival Cinémania, qui célèbre depuis 25 ans le cinéma francophone. Parfois, quand je fais la file, qui n’avance désespérément pas alors que le vent souffle des glaciers polaires à travers les édifices du centre-ville, je me demande ce que je suis venu faire là. Mais dès que je pénètre dans la belle salle de la rue Bleury, la bonne humeur revient.

Il est évidemment trop tôt pour tirer un bilan de Cinémania 2019. Mais après avoir vu quatre films, je ne peux m’empêcher de penser à la polémique créée par Martin Scorsese, pour qui les films de super-héros en général et les Marvel en particulier ne sont pas vraiment du cinéma. Pour le réalisateur de « Taxi Driver », il s’agit plutôt de spectacles de parcs d’attractions. Pour ma part, je dirais que si ces superproductions coûteuses sont du cinéma, c’est du cinéma produit en usine sur de grandes chaînes de montage. Leur public, c’est le monde entier, qu’on réunit par le plus petit dénominateur commun.

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« Parasite », une palme d’or bien méritée

Bong Joon Ho a supplié les journalistes de ne pas mentionner ce qui va se passer après que le fils et la fille ont commencé à travailler chez les Park, une famille de riches en Corée du Sud. Je respecterai volontiers sa volonté de ne rien divulgâcher, car l’intrigue, après un début lent, s’accélère, réservant aux spectateurs bien des surprises et bien des rebondissements. Plaisir assuré ! Je me bornerai à dire qu’on a affaire une famille de Bougon. Mais des Bougon qui auraient de la classe et dont les membres seraient brillants, ce qui nous mène bien loin de la télésérie québécoise.

Comment définir cet étonnant « Parasite » ? Je l’ai vu comme une comédie noire. Le réalisateur, lui, présente son œuvre comme « une tragicomédie impitoyable et cruelle ». Ailleurs, il la définit « comme une comédie sans clowns, une tragédie sans méchants ». Quelle que soit la définition retenue, disons que le nouvel opus du réalisateur sud-coréen appartient à un genre casse-gueule, particulièrement difficile à maîtriser. Mais quand c’est réussi, et c’est le cas ici, c’est absolument jubilatoire !

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Le premier roman de Rima

Avant de vous parler du premier roman de Rima Elkouri, je vais être honnête avec vous : j’ai beaucoup d’affection pour mon ex-collègue. J’ai d’ailleurs joué un petit rôle dans sa venue à La Presse. Au terme du stage d’été, je trouvais qu’il aurait été stupide de laisser filer un aussi beau talent. Aussi ai-je convaincu mes patrons de lui offrir un poste et persuadé Rima de ne pas accepter l’offre de Radio-Canada. Quand elle a été nommée chroniqueuse quelques années plus tard, malgré son jeune âge, un cadre m’a dit : « Je n’ai rien contre Rima, mais qu’est-ce qu’elle va faire quand elle aura 40 ans ? » J’aurais pu lui répondre : « Elle écrira des livres. »

Cinq ans après « Pas envie d’être arabe », la voilà qui publie son premier roman « Manam ». Dans ce récit, apparemment inspiré par la vie de la grand-maman de l’autrice, une enseignante profite d’un congé scolaire pour se rendre à la frontière de la Turquie et de la Syrie dans l’espoir de faire resurgir le passé de sa famille. Elle nous amène peu à peu, à travers ses recherches et ses rencontres, à découvrir toute l’horreur du génocide arménien, que la Turquie s’entête à nier, un siècle plus tard.

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« Downton Abbey » et « Judy » plutôt décevants

L’ultime bal de «Downton Abbey».

Désolé, mais je n’ai pas de films passionnants à vous conseiller cette semaine, même si l’affiche paraissait alléchante. Commençons par « Downton Abbey ». Les aficionados ont adoré : la note atteint 95% sur le Tomatometer et 8,6 étoiles sur Cinéma Montréal. Ça fait beaucoup d’applaudissements. Tant mieux pour les artisans de la célèbre série, qui ont réussi leur pari : le film connaît un grand succès.

Pour ma part, je les préférais à la télé, les élégants personnages de cette maisonnée aristocratique de la campagne anglaise. Bien sûr, on retrouve au grand écran tous ceux-là qu’on a aimés au petit. Mais l’intrigue retenue (la visite du couple royal au domaine) est un peu faiblarde. Il faut dire qu’il était difficile de trouver une histoire qui réunirait tous les principaux personnages des six saisons. On y est parvenu, mais en sacrifiant à la finesse qui en faisait précisément le charme. Pendant la première demi-heure, qui s’étire sans jamais vraiment démarrer, je me suis même franchement ennuyé. Le film ne trouve son rythme que dans la seconde partie, plus enlevée.

Cela dit, le long métrage de Michael Engler offre un dernier tour de piste aux vedettes de la série, disparues trop vite pour nombre de leurs fans, restés nostalgiques. Le grand bal qui clôt le tout est une splendeur. À condition d’oublier cette apologie à peine déguisée de l’aristocratie et de la royauté, on pourra admirer sur grand écran et pour l’ultime fois les robes somptueuses de lady Mary et de lady Edith.

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Les mensonges de la guerre en Irak (chapitre 2)

Keira Knightley, qui a depuis longtemps dépassé les rôles de belle de service, s’affirme de plus en plus comme une grande actrice.

Nous avions déjà eu droit à un bon film sur les mensonges à l’origine de la guerre en Irak. En 2010, dans « Fair Game », Sean Penn jouait le rôle de Joe Wilson. Dans un éditorial au New York Times, ce diplomate avait nié l’existence d’armes de destruction massive dans ce pays du Moyen-Orient. Son opinion était fondée sur une enquête de sa propre femme, Valerie Plame, une agente de la CIA. Peu après, la véritable identité de l’espionne était révélée, une vengeance du gouvernement américain qui réduisait sa couverture à néant tout en mettant en danger de mort ses contacts à l’étranger.

« Official secrets » nous ramène à la même époque. Mais nous sommes cette fois en Grande-Bretagne, où Tony Blair se débat comme un diable dans l’eau bénite pour appuyer la guerre des États-Unis contre Saddam Hussein. Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, est ulcérée par les mensonges de son premier ministre, qui lui aussi évoque des armes de destruction massive qu’on ne trouvera jamais, malgré des années de recherches intensives.

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Vous connaissez Jeanne Cherhal ?

Je ne la connaissais pas moi non plus avant de voir le film « La lutte des classes », où j’ai découvert la très belle chanson « Merci » (1). Ce fut le coup de foudre. J’ai surveillé le long générique jusqu’à la fin pour connaître le nom de l’interprète. J’ai ensuite fait mes recherches sur l’internet : Jeanne Cherhal, chanteuse-autrice-compositrice française, aujourd’hui âgée de 41 ans.

Une chanson, c’est parfois suffisant pour savoir qu’on a affaire à quelqu’un d’exceptionnel. Dans les années soixante, par exemple, j’étais tombé sous le charme de la grande Barbara après avoir entendu « Le mal de vivre » à la radio. Je venais d’avoir une révélation. J’ai couru acheter ses vinyles.

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