Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Archives de la catégorie ‘Culture et sport’

La marche nordique, afghane, indienne

Notre long été semble bel et bien terminé. Hier matin, quand je suis sorti pour ma promenade, il ne faisait que 5 degrés. C’était d’autant plus frisquet que la rue de L’Inspecteur est venteuse. Mais il ne faut pas trop se vêtir pour autant, car la température monte vite avec la marche nordique.

Je ne me plains pas de cette fraîcheur automnale. On peut marcher à fond, sans risque de surchauffe. Il manquait un peu de soleil, mais il ne pleuvait pas. Il n’y a que la pluie, ou la paresse, pour me garder chez moi. Si elle est légère (la pluie, pas la paresse), je sors. S’il tombe des cordes toutefois, j’allonge ma séance de yoga ou je me rends au gymnase de l’immeuble. Mais je n’adore pas marcher sur un tapis roulant face à une fenêtre givrée. Je préfère, et de loin, le canal de Lachine, d’où j’ai une belle vue sur Griffintown et sur le centre-ville. Et c’est sans compter la vue sur l’eau, toujours changeante, toujours agréable.

(suite…)

Publicités

La bataille des sexes

Emma Stone est une grande actrice qui peut tout aussi bien jouer les femmes fatales que les brunettes à lunettes.

Quand j’ai su qu’Emma Stone allait jouer le rôle de Billy Jean King, j’ai tiqué. Non que je n’aime pas la star oscarisée de La La Land ; c’est au contraire une de mes actrices préférées. Mais je n’arrivais pas à imaginer la comédienne aux cheveux blonds et aux yeux bleus dans la peau de l’ex-championne de tennis. Dix minutes après le début de Battle of the Sexes, mes doutes étaient définitivement balayés. Emma Stone est une grande actrice qui peut tout aussi bien jouer les femmes fatales que les brunettes à lunettes.

Battle of the Sexes n’est pas vraiment un film sur le tennis, bien que l’affrontement entre la meilleure joueuse de son époque et Bobby Riggs, un vieux champion de 55 ans, en soit le point d’orgue. C’est avant tout une œuvre sur la bataille des femmes pour l’égalité. Il faut savoir que, au début des années 70, les dames gagnaient douze fois moins que les messieurs au tennis. C’est dans ce contexte que King crée en 1973 la WTA (Women’s Tennis Association), dont elle devient la première présidente.

(suite…)

Œil au beurre noir pour la télé française

Christine Angot et Sandrine Rousseau dans «On n’est pas couché».

J’ai déjà dit à quelques reprises toute l’affection que j’ai pour On n’est pas couché, émission que je préfère de beaucoup à notre Tout le monde en parle. Mais peut-être devrais-je commencer à parler de cet attachement au passé tant la nouvelle année me déçoit jusqu’ici.

La raison tient beaucoup à l’arrivée de Christine Angot en remplacement de Vanessa Burggraf. Vanessa, c’était déjà un étage au-dessous de Léa Salamé, qui, pendant deux ans, avait permis à ONPC d’atteindre des sommets. Mais avec Angot, là vraiment, on est descendu au sous-sol. Passons vite sur le fait qu’elle est aussi chaleureuse qu’un congélateur pour s’en tenir à ses commentaires. Longs, pour ne pas dire interminables, imprécis, flous, souvent confus. On se demande où elle veut en venir. Bref, avec elle, on s’ennuie.

Ce serait un moindre mal si Yann Moix, l’autre chroniqueur de l’émission, était excellent. Mais l’écrivain était déjà depuis deux ans l’élément faible du tandem. Lui aussi est mauvais intervieweur, ses propos sont souvent obscurs et ses jugements sont aussi blessants que discutables. Il est vrai qu’il peut être drôle, voire lumineux à l’occasion. Le plus souvent toutefois, il est pénible.

(suite…)

Enfin du bon cinéma !

Sophie Nélisse crève l’écran dans «Et au pire on se mariera».

Je me réjouis que la saison des « blockbusters » soit enfin terminée. Il me semble qu’elle s’est éternisée cette année. Je n’ai rien contre les superproductions. Je m’en suis même tapé quelques-unes. J’ai bien ri en voyant le deuxième épisode de Bon Cop Bad Cop. En revanche, je ne me suis jamais décidé à aller voir De père en flic 2. J’avais trop peur de m’ennuyer après avoir vu, au moins une douzaine de fois, tous les gags du film entassés dans la bande-annonce. Le hic, c’est qu’en dehors de ces machines à faire des sous, il n’y avait pas grand-chose à se mettre sous la dent cet été. Mais voilà que l’automne nous ramène des œuvres plus consistantes.

J’avais hésité à aller voir Et au pire on se mariera. Mais je suis bien heureux de ne pas m’être laissé arrêter par la critique négative de La Presse. J’ai même été bouleversé par ce film de Léa Pool. En regardant les commentaires laissés sur le site de Cinéma Montréal, on peut voir que ce long métrage suscite des réactions passionnées. On aime beaucoup ou on déteste, personne apparemment ne restant tiède devant cette histoire d’une adolescente amoureuse d’un homme plus vieux qu’elle. Même si j’ai trouvé cette œuvre forte, je peux comprendre qu’elle en rebute certains. J’ai du mal à m’expliquer, par contre, qu’on puisse trouver Sophie Nélisse quelconque dans le rôle principal. À mon avis, cette jeune comédienne lancée par Monsieur Lazhar crève l’écran. (suite…)

Un samedi sans opéra

Cet après-midi, je me suis rendu au Cineplex Forum pour voir l’opéra Norma. Je n’avais pas acheté mon billet en ligne, convaincu qu’il ne manquerait pas de sièges par cette matinée pluvieuse, d’autant que le chef d’œuvre de Bellini était présentée dans trois salles à Montréal. Erreur ! Les vrais amateurs d’opéra ne sont pas gens à se laisser décourager pour une pluie fine du mois d’octobre. Il restait bien de rares places dans l’ancien Forum, mais elles étaient mal situées. J’ai préféré rebrousser chemin, mais non sans avoir vu entrer la foule de ceux qui avaient eu la sagesse de réserver leurs billets.

Ils n’étaient pas chic comme un soir de première à l’Opéra de Montréal, mais bien mis tout de même. Beaucoup mieux en tout cas que la faune habituelle des cinémas. Vieux aussi. Même plus vieux que moi, ce qui n’est pas peu dire. Du coup, j’ai eu l’impression de me retrouver à Naples, dans le sud-ouest de la Floride. Lors de mon dernier voyage, j’avais noté, dans un supermarché de cette ville cossue, que la clientèle était si âgée qu’il faudrait installer quelques défibrillateurs et deux ou trois bornes d’oxygène pour que les gens puissent reprendre leur souffle. Mais heureusement dans ce multiplexe, le grand escalier qui mène au dernier étage, où était projetée l’œuvre, est mécanique. Pas besoin de canne pour le gravir.

Je suis reparti en me disant que l’opéra avait sans doute une date de péremption. Quand ma génération aura disparu, le genre mourra également. On gardera juste quelques CD et quelques DVD pour montrer aux jeunes générations ce qu’était ce grand art qui voulait intégrer tous les autres.

L’Office et les anglicismes

L’Office ne cherche plus à imposer la francisation de «cocktail» en «coquetel».

Le Devoir nous a appris la semaine dernière que la nouvelle politique des emprunts linguistiques, adoptée en catimini par l’Office québécois de la langue française, ne « condamne plus systématiquement » les anglicismes. « Des emprunts à l’anglais de longue date, écrit le journaliste Stéphane Baillargeon, sont légitimés alors qu’auparavant l’OQLF privilégiait systématiquement (et même dogmatiquement aux oreilles de certains) les équivalents français, quitte à les inventer. »

Bien sûr, des puristes ont bondi. Pour ma part, je vois plutôt d’un bon œil ce changement, estimant que de nombreux dictats de notre Saint-Office relevaient de l’anglophobie.

Bien que j’aie consacré une bonne partie de ma carrière à la défense du français, je ne suis pas obsédé par les anglicismes, du moins sous forme d’emprunts à l’anglais. Ce qui ne veut pas dire que certains emplois ne m’agacent pas. Ainsi, il m’insupporte que les journalistes de L’équipe parlent du money time pour décrire les moments cruciaux, les points importants, le jeu décisif ou la toute fin d’un match. Je considère les anglicismes de ce type comme paresseux, car ce ne sont pas les solutions françaises qui manquent. Ils appauvrissent donc notre langue.

(suite…)

World Press Photo 2017 : des images de notre inhumanité

Un homme, devant une demeure détruite par le conflit en Ukraine, arrose des fleurs émergeant d’un nid-de-poule.

Il faut avoir le cœur solide pour parcourir la nouvelle exposition de la World Press Photo. Je me suis retenu à plusieurs reprises pour ne pas pleurer dans la salle du Marché Bonsecours où l’on présente la mouture 2017. Au cinéma, je verse volontiers quelques larmes dans le noir. Mais jeudi en fin d’après-midi, il y avait vraiment trop de monde autour. Ma compagne a lancé : « C’est déprimant ! » Une étudiante, à côté d’elle, a ajouté : « C’est vrai. »

Un activiste vient d’assassiner l’ambassadeur de Russie en Turquie.

« En février 2017, nous dit-on, le jury réuni à Amsterdam a évalué plus de 80 000 images soumises par plus de 5000 photojournalistes de 125 pays. » Ce sont les photos gagnantes qu’on peut voir jusqu’au début du mois d’octobre à Montréal. Elles sont pour la plupart très fortes.

Ce sont surtout des images de notre monde malade : guerres en Syrie, en Irak, en Libye, en Ukraine ou en Afghanistan, misère extrême au Congo ou au Brésil, réfugiés sur les mers ou dans les déserts, venus de pays où l’on fuit la guerre et la misère, exactions, assassinats et emprisonnements aux Philippines, enfants blessés dans des attentats ou des bombardements, animaux abattus ou prisonniers de filets de pêche, et j’en passe. Ce que nous montrent crûment ces excellents photographes qui ont parcouru le monde, c’est que l’humain peut être le plus inhumain des animaux.

On peut voir aussi, il est vrai, quelques belles photos de sport, dont un spectaculaire plongeon du tennisman Gaël Monfils, ainsi que de jolies photos d’animaux dans la nuit africaine. Mais elles ne nous font pas oublier les atrocités, car au final, c’est l’horreur qui domine cette rétrospective 2017.

La photo qui m’a le plus touché, c’est celle qui illustre ce carnet, tout en haut. Elle montre un homme qui, devant une demeure détruite par le conflit en Ukraine, arrose des fleurs émergeant d’un nid-de-poule. Elle illustre à la fois la cruauté de notre société et son corollaire : l’espoir. Plus que jamais nécessaire !

Des braconniers ont abattu ce rhinocéros pour s’emparer de sa corne en ivoire.

Nuage de Tags