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Archives de la catégorie ‘Culture et sport’

Le dernier Zaz, beau mais…

J’avais très hâte d’entendre le nouveau disque de Zaz, « Effet miroir », d’autant que la vidéo de « Que vendra », lancée en précurseur, était très prometteuse. Après avoir écouté le dernier CD à quelques reprises, je ne peux cacher une petite déception.

Bien sûr, la voix de Zaz, toujours un peu rauque, un peu cassée, reste extraordinaire. Bien sûr, son interprétation demeure si personnelle, si sensible. Et bien sûr, plusieurs titres sont tout à fait dignes des premiers albums. Je pense notamment, outre « Que vendra », à « Demain c’est toi », à « Mes souvenirs de toi », à « Ma valse » ou encore à la sublime « Laponie », qui termine en beauté ce nouvel album.

Alors, pourquoi cette petite déception ? À cause des arrangements, sur certains titres du moins. Sur les disques précédents, sur « Paris » en particulier, j’adorais leur côté jazzé. Je les ai trouvés cette fois plus pop, et surtout plus banals. Le batteur, notamment, tape bien trop fort, enterrant parfois la jolie voix de Zaz ; on se croirait presque à The Voice. Des chansons comme « On s’en remet jamais », « Plume » ou « Toute ma vie » seraient plus agréables, il me semble, sans un batteur qui marche sur les pieds de la chanteuse et des autres instrumentistes.

Pourtant, sur « Mes souvenirs de toi », la batterie est utilisée toute en subtilités. J’aurais aimé qu’il en soit ainsi pour l’ensemble du disque.

Cela dit, « Effet miroir » reste un album de Zaz. Donc, vous l’aurez compris, un beau CD. Je ne veux surtout pas gâcher votre plaisir.

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Un mois avec Spotify

Voici un mois que je me suis branché à Spotify et je ne suis pas du tout déçu, bien au contraire. Comme je le soupçonnais, les titres sont nombreux. Rien de surprenant quand on sait que cette société se vante d’en offrir 30 millions. Mais encore fallait-il le vérifier dans les domaines qui m’intéressent, car à quoi bon disposer de millions de titres s’ils m’indifférent ou pire, s’ils m’insupportent ? Or l’abondance, en classique et en jazz notamment, est au rendez-vous, au-delà même de mes espérances.

Prenez les cantates de Bach. Dans mon premier carnet sur le sujet, je parlais d’une dizaine d’albums. Mais on trouve bien plus grâce aux playlists (1). Par exemple, une sélection créée par fred.ahsman et offerte aux abonnés réunit 1518 cantates, qui s’étalent sur 73 heures 30. C’est dire que, à raison de deux heures par matin, il me faudra plus d’un mois pour épuiser les cantates du Cantor de Leipzig. En attendant, chaque matin un chœur d’anges vient s’installer dans notre séjour et chanter juste pour nous.

Pour le soir, où nous glissons volontiers vers le jazz, j’ai découvert une très belle sélection regroupant 33 des meilleures œuvres de Diana Krall. Nous avons ainsi passé quelques soupers en compagnie de la diva de Departure Bay. Autre exemple : pour le 101e anniversaire de la grande Billie Holiday, sa maison de disques a créé une sélection de 101 titres. Vous en avez pour plus de cinq heures de ravissement.

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«Beautiful Boy» et «Boy Erased», deux films de travailleuse sociale

Russell Crowe et Lucas Hedges dans « Boy Erased ».

Je me suis tapé la semaine dernière deux films de travailleuse sociale. C’est ainsi que ma compagne, qui a exercé longtemps cette belle profession, appelle ces films dont la thématique sociale est lourde. Rien à voir avec « Le grand blond à la chaussure noire », « Week-end chez Bernie » ou « Le grand bain ». Ici, on n’est pas là pour rigoler. C’est du sérieux, du prenant, du touchant, du pathos. Je le dis avec un brin d’humour, mais sans ironie, car c’est un genre qui en lui-même n’est ni bon ni mauvais.

Il faut, bien sûr, être disponible pour aller au cinoche voir ce genre de film. Il faut ne pas avoir les bleus ce jour-là, être prêt à sortir les mouchoirs, être rempli d’humanisme et être capable d’empathie à l’égard de personnages qui souffrent. Pour le reste, tout dépend du talent des réalisateurs et des scénaristes.

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Indispensable cinéma français !

Ce film de Gilles Lellouche est brillamment interprété par Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade et Alban Ivanov, ainsi que par Virginie Efira et Leïla Bekti (qu’on ne voit pas sur la photo).

Cinémania, le festival du cinéma francophone, vient de se terminer. J’en ai profité pour voir neuf films en onze jours. Il aurait été possible d’en voir davantage, jusqu’à cinq par jour. Mais je ne suis plus capable de telles performances. D’autant que, lorsqu’un film est intense, je n’ai pas envie d’en voir un autre immédiatement après. Et le cinéma qu’on nous a offert cette année – un excellent cru – était souvent prenant.

J’adore ce festival qui me fait un peu oublier le passage de l’automne à l’hiver. Cette année encore, il a fallu souvent faire la file sous la bruine et dans le froid. C’est le prix à payer pour voir en abondance des films français, belges ou suisses.

Le reste de l’année, on n’est pas beaucoup gâté, il faut bien le dire. Les films de la francophonie européenne ne sont pas légion sur nos écrans ; et, qui pis est, ils restent à l’affiche peu longtemps. Il y a quelque temps, par exemple, je voulais voir le dernier film de Marion Cotillard, « Gueule d’ange », car je suis un fan fini de la belle Française. Mais il est resté à l’affiche une semaine, au cours de laquelle je n’étais malheureusement pas disponible.

Pourtant, il existe une clientèle pour ce cinéma. Il y a les baby-boomers, bien sûr, qui dans l’ensemble sont restés francophiles. Mais il y a aussi, à Montréal du moins, une communauté française de plus de 100 000 personnes qui semble s’ennuyer du cinéma de l’Hexagone. Il suffisait de tendre l’oreille cette semaine à Cinémania pour voir que notre minorité audible était bien représentée parmi les spectateurs.

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La musique sur Spotify

Nous sommes récemment allés chez des amis. « Qu’est-ce que vous aimeriez entendre ? » nous a demandé David. Nous lui avons fait quelques demandes, qu’il a aussitôt comblées, fussent-elles pointues. Non que sa discothèque soit immense, mais il est abonné à Apple Musique. Ça m’a donné des idées. De retour à l’appartement, je me suis inscrit à Spotify.

Pourquoi Spotify plutôt qu’Apple ? Parce que je n’aime pas beaucoup la compagnie aux mille milliards, qui produit au plus bas coût et vend au plus haut. Vous me direz que c’est l’essence même du capitalisme. C’est vrai, mais la société à la pomme est parmi les pires. Et au moins, en optant pour une société suédoise, je n’encourage pas un monstre américain.

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Connaissez-vous Zaz ?

Moi, il y a quelques semaines à peine, je ne la connaissais pas. J’en suis un peu gêné, car elle est aujourd’hui très connue, et pas seulement en France. Elle est même une des chanteuses françaises les plus populaires au Québec. Elle chantera d’ailleurs au Centre Bell et au Centre Vidéotron en avril. Mais manque de pot, je serai à Paris au moment où elle sera à Montréal. Sinon, bien sûr, j’aurais déjà acheté ma place.

J’ai découvert Zaz par hasard. Je cherchais sur YouTube des versions de La tendresse, la chanson culte de Bourvil. Je suis tombé sur un duo réunissant Zaz et Jenifer. C’est une jolie version, même si on sent que la première s’efforce de ne pas écraser la petite voix de la seconde. C’était assez pour que je tape « Zaz » dans la barre de recherche. Et ce fut la révélation !

Depuis, je l’écoute tous les jours. Il y a longtemps qu’une chanteuse ne m’avait fait un tel effet. Dans la liste de mes favorites, elle vient rejoindre Melina Merkouri, Billie Holiday,  Diana Krall et Cesaria Evora. Rien de moins !

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« L’angoisse du roi Salomon », un grand roman de Romain Gary

J’adore Romain Gary, et encore plus quand il se métamorphose en Émile Ajar. Il a alors une soixante d’années et une œuvre imposante derrière lui. Qu’à cela ne tienne : il se réinvente une personnalité et un style.  Son deuxième roman sous ce pseudonyme, « La vie devant soi », lui vaut le prix Goncourt pour la deuxième fois, un fait unique. Quatre ans plus tard, Gary publie « L’angoisse du roi Salomon », son quatrième et dernier roman en tant qu’Ajar. L’année suivante, on apprendra qu’il s’est enlevé la vie.

Si vous avez aimé « La vie devant soi », il est probable que vous aimerez « L’angoisse du roi Salomon ». On y retrouve la même écriture truculente, le même humour grave, la même fausse naïveté. Pour ma part, j’ai adoré les deux, mais plus encore le dernier, que je considère comme une œuvre majeure.

C’est l’histoire de Jean, un jeune chauffeur de taxi autodidacte, grand amateur de bibliothèques et de dictionnaires, qui fait la rencontre de Salomon Rubinstein, « le roi du pantalon », lequel a fait sa fortune dans le prêt-à-porter. « Il avait pris depuis quelques années sa retraite du pantalon, écrit le narrateur, et il occupait ses loisirs à des œuvres de bienfaisance, car plus on devient vieux et plus on a besoin des autres. Il avait donné une partie de son appartement à une association qui s’appelait S. O. S. Bénévoles, où l’on peut téléphoner jour et nuit quand le monde devient trop lourd à porter… »

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