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Archives de la catégorie ‘Cinéma’

« Downton Abbey » et « Judy » plutôt décevants

L’ultime bal de «Downton Abbey».

Désolé, mais je n’ai pas de films passionnants à vous conseiller cette semaine, même si l’affiche paraissait alléchante. Commençons par « Downton Abbey ». Les aficionados ont adoré : la note atteint 95% sur le Tomatometer et 8,6 étoiles sur Cinéma Montréal. Ça fait beaucoup d’applaudissements. Tant mieux pour les artisans de la célèbre série, qui ont réussi leur pari : le film connaît un grand succès.

Pour ma part, je les préférais à la télé, les élégants personnages de cette maisonnée aristocratique de la campagne anglaise. Bien sûr, on retrouve au grand écran tous ceux-là qu’on a aimés au petit. Mais l’intrigue retenue (la visite du couple royal au domaine) est un peu faiblarde. Il faut dire qu’il était difficile de trouver une histoire qui réunirait tous les principaux personnages des six saisons. On y est parvenu, mais en sacrifiant à la finesse qui en faisait précisément le charme. Pendant la première demi-heure, qui s’étire sans jamais vraiment démarrer, je me suis même franchement ennuyé. Le film ne trouve son rythme que dans la seconde partie, plus enlevée.

Cela dit, le long métrage de Michael Engler offre un dernier tour de piste aux vedettes de la série, disparues trop vite pour nombre de leurs fans, restés nostalgiques. Le grand bal qui clôt le tout est une splendeur. À condition d’oublier cette apologie à peine déguisée de l’aristocratie et de la royauté, on pourra admirer sur grand écran et pour l’ultime fois les robes somptueuses de lady Mary et de lady Edith.

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Les mensonges de la guerre en Irak (chapitre 2)

Keira Knightley, qui a depuis longtemps dépassé les rôles de belle de service, s’affirme de plus en plus comme une grande actrice.

Nous avions déjà eu droit à un bon film sur les mensonges à l’origine de la guerre en Irak. En 2010, dans « Fair Game », Sean Penn jouait le rôle de Joe Wilson. Dans un éditorial au New York Times, ce diplomate avait nié l’existence d’armes de destruction massive dans ce pays du Moyen-Orient. Son opinion était fondée sur une enquête de sa propre femme, Valerie Plame, une agente de la CIA. Peu après, la véritable identité de l’espionne était révélée, une vengeance du gouvernement américain qui réduisait sa couverture à néant tout en mettant en danger de mort ses contacts à l’étranger.

« Official secrets » nous ramène à la même époque. Mais nous sommes cette fois en Grande-Bretagne, où Tony Blair se débat comme un diable dans l’eau bénite pour appuyer la guerre des États-Unis contre Saddam Hussein. Katharine Gun, employée des renseignements britanniques, est ulcérée par les mensonges de son premier ministre, qui lui aussi évoque des armes de destruction massive qu’on ne trouvera jamais, malgré des années de recherches intensives.

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« Il pleuvait des oiseaux » : à voir, à lire ou à relire !

Andrée Lachapelle, Gilbert Sicotte et Remy Gérard dans une scène de « Il pleuvait des oiseaux».

Curieusement, c’est à Paris que j’en ai entendu parler pour la première fois et de Jocelyne Saucier et de son roman « Il pleuvait des oiseaux ». J’étais dans une librairie du XIIe, venu acheter « Les loyautés » de Delphine de Vigan, une de mes écrivaines favorites. La libraire nous a demandé, à Lise et à moi, si nous qui venions du Québec avions lu ce livre d’une compatriote. Elle nous l’a si fortement conseillé qu’on se l’est procuré dès notre retour à Montréal. Tous les deux, nous l’avons adoré. Une grande œuvre, comme on en lit peu souvent !

Je comptais vous parler de cette découverte plus tôt, mais quand j’ai su que le film allait sortir, j’ai décidé d’attendre, histoire de parler de l’un et de l’autre dans un même carnet.

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« Roma » est-il un chef-d’œuvre ?

Dans mon carnet sur mes premiers pas dans Netflix, j’ai oublié de parler du film « Roma », que j’ai enfin pu voir. On se rappellera que le film d’Alfonso Cuaròn ne peut plus être visionné que sur la plate-forme américaine. Il a bien eu droit à quelques projections en salle, fort discrètes, à sa sortie, mais c’était juste pour le rendre admissible aux Oscars. Désormais, il est condamné au petit écran.

J’ai évidemment quelques réticences vis-à-vis de ces longs métrages qui ne sont pas de vrais téléfilms et qui paraissent à l’étroit à la télé. C’est le cas, notamment, d’un film comme « Roma », qui n’est même pas tourné en format 16/9 (aussi est-il accompagné d’une agaçante bande noire en haut et en bas de l’écran). Le format est d’autant plus gênant que le réalisateur a choisi de tenir, la plupart du temps, la caméra loin de l’action, de sorte qu’il est difficile de remarquer les nombreux détails réunis dans les lents travellings et les longs plans-séquences.

Bien qu’on ait beaucoup crié au chef-d’œuvre, je n’avais pas vraiment d’attentes. Je me méfie un peu de pareille unanimité dans l’éloge. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a eu un effet « moutons de Panurge ». Mais un effet d’entraînement a rendu difficile de critiquer cet opus. Quand on lit « l’œuvre magistrale d’un géant du cinéma contemporain », rien de moins, il est difficile d’ajouter « mais ». Pourtant ce « Roma » mérite quelques réserves. (suite…)

Mes premiers pas dans Netflix

Déçu par la télévision ordinaire, j’ai fini par nous abonner à Netflix. Ça fait pourtant des années que je fais de la résistance. Il faut dire que je n’aime pas beaucoup les grandes sociétés américaines quand elles tendent à devenir des monopoles et lorsque, de surcroît, elles paient moins d’impôts que moi. Mais je n’ouvre ni TVA ni même Radio-Canada depuis des années, et Télé-Québec me laisse froid. Restait TV5, qui m’ennuie de plus en plus. Le temps était donc venu de dépasser mes réticences pour faire l’essai à mon tour de la célèbre et controversée plate-forme. Quelque 137 millions de personnes m’avaient déjà précédé.

Nous en avons immédiatement profité pour voir les deux nouvelles saisons de « Dix pour cent » (« Appelez mon agent », au Québec), dont nous avions adoré la première année sur TV5. Mais depuis, Netflix a acheté la série, dont elle a fait un succès mondial, et nous nous désespérions de voir la suite.

C’est désormais fait, et nous avons adoré ces deux nouvelles saisons. À tel point que nous étions un peu tristes quand la troisième s’est terminée sur cette finale magnifique, où j’ai vu un clin d’œil à la fin des « Temps modernes » de Chaplin. Heureusement, le quatrième opus est en cours de tournage. Les scénaristes ne seront plus les mêmes, et ça m’effraie un peu. Mais comme tout le monde, j’ai bien envie de revoir cette bande d’agents complètement dingues mais tellement attachants.

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« Nous finirons ensemble » : la suite est supérieure

Comme je l’ai déjà raconté, j’étais allé voir « Nous finirons ensemble » le jour même de sa sortie à Paris. Devant la queue impressionnante à l’entrée du cinéma, qui annonçait déjà le grand succès de cette suite des « Petits mouchoirs », j’avais un peu regretté ma précipitation. Mais il restait de la place à l’avant. Et puis, nous avons entendu : « Je viens juste vous faire un petit coucou. » C’était Guillaume Canet en personne, venu saluer en coup de vent les tout premiers spectateurs. Devant cette salle pleine, le réalisateur était tout sourire. C’était bien sympa. J’ai juste regretté que Marion Cotillard, dont je suis un admirateur de longue date, ne soit pas à ses côtés.

En France, la critique s’est montrée plutôt partagée, plusieurs jugeant ce long métrage trop petit-bourgeois, une tare dans l’Hexagone, où l’on ne peut montrer la bourgeoisie au cinéma sans la critiquer rudement. Si j’en juge par La Presse et Le Devoir, je ne crois pas que le film de Canet soit beaucoup mieux reçu ici.

Mais en revanche, au Québec comme en France, les spectateurs semblent ravis de redécouvrir la bande d’amis neuf ans plus tard. C’est aussi mon cas. D’autant que la suite, chose rare, m’a paru supérieure au premier opus. De tout évidence, Canet a gagné en maturité comme réalisateur.

La critique de La Presse reproche à ce film d’osciller entre le drame et la comédie. C’est justement ce qui m’a plu. Canet a su faire revivre sa bande de potes en dosant finement rires et émotions. Dans « Nous finirons ensemble », il est toujours question d’amitié, de fidélité, de séparations, d’accidents de la vie, mais avec au compteur une dizaine d’années de plus. C’est tantôt drôle, tantôt touchant, mais ça fait toujours du bien ! (suite…)

J’ai adoré « La femme de mon frère »

Anne-Élisabeth Bossé et Mani Soleymanlou dans la grande scène du restaurant italien.

Je peux comprendre certaines des critiques suscitées par « La femme de mon frère ». Mais reprocher à Monia Chokri d’avoir fait du Xavier Dolan, vraiment ? À moins qu’il y ait chez le réalisateur de « Juste la fin du monde » ou de « Mommy » un humour désopilant qui m’a complètement échappé jusqu’ici. En revanche, il est vrai que ce premier long métrage est un peu… long. Un montage plus serré aurait rendu, il me semble, cette comédie encore plus enthousiasmante.

Cela dit, il y a dans le film de Monia Chokri au moins deux longues scènes qui sont déjà de petits chefs-d’œuvre : celle du restaurant italien et celle du grand repas de famille où la « femme du frère », cette blonde trop parfaite pour la sœur paumée, est invitée pour la première fois. C’est à se rouler par terre de bout en bout. Je ne suis pas du tout étonné que le jury de la section Un certain regard en ait fait son coup de cœur au dernier Festival de Cannes. Nous assistons peut-être à la naissance d’une grande cinéaste. Ce serait formidable, non !

« La femme de mon frère » est une œuvre de jeunesse donc. Mais malgré ces défauts, c’est déjà une belle réussite. Le scénario est à la fois drôle et touchant. Les dialogues sont savoureux et les comédiens tous excellents. Il faut vanter, bien sûr, la performance d’Anne-Élisabeth Bossé, parfaite dans son rôle d’intellectuelle féministe névrosée. Mais je m’en voudrais de ne pas mentionner, parmi les rôles secondaires, celui du père immigrant, joué par un grand acteur israélien, Sasson Gabai, extraordinaire.

Seth Rogen et Charlize Theron, un couple improbable.

Long Shot

Je ne déteste pas les comédies romantiques à l’occasion. Et j’aime bien Charlize Theron tout le temps. Aussi me suis-je laissé tenter par « Long Shot ». Côté Charlize, pas de surprise ; elle est toujours sublime. Côté comédie, pas de surprise non plus, d’autant que, comme tous les films du genre, le scénario reste bien prévisible.

L’originalité du film tient à ce qu’on a réuni deux amoureux improbables. D’un côté, la belle Sud-Africaine, qui joue ici le rôle de la secrétaire d’État des États-Unis. De l’autre, un journaliste à l’allure débraillée, dont la carrière ne va nulle part. Dans le rôle de Fred Flarsky, l’inévitable Seth Rogen. Pas mauvais, le Seth, mais plutôt unidimensionnel. Une sorte de Patrice Robitaille canadien. L’homme d’un seul rôle, celui du paumé mal fringué, sans charme mais drôle, un peu moche un peu bourru, un peu vulgaire, mais au final plutôt attachant.

Entre la belle et le comique, le courant passe et le charme opère. « Long Shot » n’a rien de génial, mais on passe un bon moment. Les dialogues sont amusants, les situations sont drôles, et en prime, le personnage du premier ministre canadien, inspiré sans doute par notre Justin, fait sourire.

 

 

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