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« Roma » est-il un chef-d’œuvre ?

Dans mon carnet sur mes premiers pas dans Netflix, j’ai oublié de parler du film « Roma », que j’ai enfin pu voir. On se rappellera que le film d’Alfonso Cuaròn ne peut plus être visionné que sur la plate-forme américaine. Il a bien eu droit à quelques projections en salle, fort discrètes, à sa sortie, mais c’était juste pour le rendre admissible aux Oscars. Désormais, il est condamné au petit écran.

J’ai évidemment quelques réticences vis-à-vis de ces longs métrages qui ne sont pas de vrais téléfilms et qui paraissent à l’étroit à la télé. C’est le cas, notamment, d’un film comme « Roma », qui n’est même pas tourné en format 16/9 (aussi est-il accompagné d’une agaçante bande noire en haut et en bas de l’écran). Le format est d’autant plus gênant que le réalisateur a choisi de tenir, la plupart du temps, la caméra loin de l’action, de sorte qu’il est difficile de remarquer les nombreux détails réunis dans les lents travellings et les longs plans-séquences.

Bien qu’on ait beaucoup crié au chef-d’œuvre, je n’avais pas vraiment d’attentes. Je me méfie un peu de pareille unanimité dans l’éloge. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a eu un effet « moutons de Panurge ». Mais un effet d’entraînement a rendu difficile de critiquer cet opus. Quand on lit « l’œuvre magistrale d’un géant du cinéma contemporain », rien de moins, il est difficile d’ajouter « mais ». Pourtant ce « Roma » mérite quelques réserves. (suite…)

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Mes premiers pas dans Netflix

Déçu par la télévision ordinaire, j’ai fini par nous abonner à Netflix. Ça fait pourtant des années que je fais de la résistance. Il faut dire que je n’aime pas beaucoup les grandes sociétés américaines quand elles tendent à devenir des monopoles et lorsque, de surcroît, elles paient moins d’impôts que moi. Mais je n’ouvre ni TVA ni même Radio-Canada depuis des années, et Télé-Québec me laisse froid. Restait TV5, qui m’ennuie de plus en plus. Le temps était donc venu de dépasser mes réticences pour faire l’essai à mon tour de la célèbre et controversée plate-forme. Quelque 137 millions de personnes m’avaient déjà précédé.

Nous en avons immédiatement profité pour voir les deux nouvelles saisons de « Dix pour cent » (« Appelez mon agent », au Québec), dont nous avions adoré la première année sur TV5. Mais depuis, Netflix a acheté la série, dont elle a fait un succès mondial, et nous nous désespérions de voir la suite.

C’est désormais fait, et nous avons adoré ces deux nouvelles saisons. À tel point que nous étions un peu tristes quand la troisième s’est terminée sur cette finale magnifique, où j’ai vu un clin d’œil à la fin des « Temps modernes » de Chaplin. Heureusement, le quatrième opus est en cours de tournage. Les scénaristes ne seront plus les mêmes, et ça m’effraie un peu. Mais comme tout le monde, j’ai bien envie de revoir cette bande d’agents complètement dingues mais tellement attachants.

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« Nous finirons ensemble » : la suite est supérieure

Comme je l’ai déjà raconté, j’étais allé voir « Nous finirons ensemble » le jour même de sa sortie à Paris. Devant la queue impressionnante à l’entrée du cinéma, qui annonçait déjà le grand succès de cette suite des « Petits mouchoirs », j’avais un peu regretté ma précipitation. Mais il restait de la place à l’avant. Et puis, nous avons entendu : « Je viens juste vous faire un petit coucou. » C’était Guillaume Canet en personne, venu saluer en coup de vent les tout premiers spectateurs. Devant cette salle pleine, le réalisateur était tout sourire. C’était bien sympa. J’ai juste regretté que Marion Cotillard, dont je suis un admirateur de longue date, ne soit pas à ses côtés.

En France, la critique s’est montrée plutôt partagée, plusieurs jugeant ce long métrage trop petit-bourgeois, une tare dans l’Hexagone, où l’on ne peut montrer la bourgeoisie au cinéma sans la critiquer rudement. Si j’en juge par La Presse et Le Devoir, je ne crois pas que le film de Canet soit beaucoup mieux reçu ici.

Mais en revanche, au Québec comme en France, les spectateurs semblent ravis de redécouvrir la bande d’amis neuf ans plus tard. C’est aussi mon cas. D’autant que la suite, chose rare, m’a paru supérieure au premier opus. De tout évidence, Canet a gagné en maturité comme réalisateur.

La critique de La Presse reproche à ce film d’osciller entre le drame et la comédie. C’est justement ce qui m’a plu. Canet a su faire revivre sa bande de potes en dosant finement rires et émotions. Dans « Nous finirons ensemble », il est toujours question d’amitié, de fidélité, de séparations, d’accidents de la vie, mais avec au compteur une dizaine d’années de plus. C’est tantôt drôle, tantôt touchant, mais ça fait toujours du bien !

Dogman

Évidemment, la critique a préféré « Dogman », un film noir qui se passe quelque part dans les bas-fonds de l’Italie, où une brute terrorise un quartier. On est bien loin ici du luxe cossu de la région de Biarritz. Bien que l’action se situe là aussi le long d’une côte, on patauge plutôt dans la misère. Et croyez-moi, ce n’est pas celle des riches.

À certains égards, je peux comprendre l’enthousiasme suscité par « Dogman ». Il est vrai que le scénario est fort, que Marcello Fonte, la révélation du film, est un comédien remarquable et que la réalisation de Matteo Garrone est brillante. Mais que de violence ! Il y a plusieurs scènes qui sont à la limite du supportable. Et que de pessimisme, que de noirceur ! Âmes sensibles s’abstenir.

 

J’ai adoré « La femme de mon frère »

Anne-Élisabeth Bossé et Mani Soleymanlou dans la grande scène du restaurant italien.

Je peux comprendre certaines des critiques suscitées par « La femme de mon frère ». Mais reprocher à Monia Chokri d’avoir fait du Xavier Dolan, vraiment ? À moins qu’il y ait chez le réalisateur de « Juste la fin du monde » ou de « Mommy » un humour désopilant qui m’a complètement échappé jusqu’ici. En revanche, il est vrai que ce premier long métrage est un peu… long. Un montage plus serré aurait rendu, il me semble, cette comédie encore plus enthousiasmante.

Cela dit, il y a dans le film de Monia Chokri au moins deux longues scènes qui sont déjà de petits chefs-d’œuvre : celle du restaurant italien et celle du grand repas de famille où la « femme du frère », cette blonde trop parfaite pour la sœur paumée, est invitée pour la première fois. C’est à se rouler par terre de bout en bout. Je ne suis pas du tout étonné que le jury de la section Un certain regard en ait fait son coup de cœur au dernier Festival de Cannes. Nous assistons peut-être à la naissance d’une grande cinéaste. Ce serait formidable, non !

« La femme de mon frère » est une œuvre de jeunesse donc. Mais malgré ces défauts, c’est déjà une belle réussite. Le scénario est à la fois drôle et touchant. Les dialogues sont savoureux et les comédiens tous excellents. Il faut vanter, bien sûr, la performance d’Anne-Élisabeth Bossé, parfaite dans son rôle d’intellectuelle féministe névrosée. Mais je m’en voudrais de ne pas mentionner, parmi les rôles secondaires, celui du père immigrant, joué par un grand acteur israélien, Sasson Gabai, extraordinaire.

Seth Rogen et Charlize Theron, un couple improbable.

Long Shot

Je ne déteste pas les comédies romantiques à l’occasion. Et j’aime bien Charlize Theron tout le temps. Aussi me suis-je laissé tenter par « Long Shot ». Côté Charlize, pas de surprise ; elle est toujours sublime. Côté comédie, pas de surprise non plus, d’autant que, comme tous les films du genre, le scénario reste bien prévisible.

L’originalité du film tient à ce qu’on a réuni deux amoureux improbables. D’un côté, la belle Sud-Africaine, qui joue ici le rôle de la secrétaire d’État des États-Unis. De l’autre, un journaliste à l’allure débraillée, dont la carrière ne va nulle part. Dans le rôle de Fred Flarsky, l’inévitable Seth Rogen. Pas mauvais, le Seth, mais plutôt unidimensionnel. Une sorte de Patrice Robitaille canadien. L’homme d’un seul rôle, celui du paumé mal fringué, sans charme mais drôle, un peu moche un peu bourru, un peu vulgaire, mais au final plutôt attachant.

Entre la belle et le comique, le courant passe et le charme opère. « Long Shot » n’a rien de génial, mais on passe un bon moment. Les dialogues sont amusants, les situations sont drôles, et en prime, le personnage du premier ministre canadien, inspiré sans doute par notre Justin, fait sourire.

 

 

« Jusqu’ici tout va bien » : nous aussi !

Gilles Lellouche s’impose de plus en plus comme un des meilleurs comédiens de sa génération.

Voilà un beau sujet casse-gueule : une agence de communication, bien établie à Paris, doit déménager dans une de ces banlieues dites sensibles par suite d’un contrôle fiscal accablant. Mais on a vu avec « La vache » que Mohamed Hamadi est capable de faire rire en abordant des sujets délicats. Ce Français d’origine algérienne sait marcher sur un fil.

Il nous amène donc cette fois à La Courneuve, où Fred et sa bande devront poursuivre leur carrière tout en embauchant des jeunes du coin. Un beau choc des cultures en perspective, riche en rebondissements certes, mais périlleux, où le scénario risque de dégringoler à tout instant. Le réalisateur-scénariste devait décrire cette banlieue de façon sympathique, sans pour autant gommer ses problèmes de délinquance, de violences urbaines, de règlements de compte et de dealers. Mission réussie. Hamadi se rend jusqu’au bout, sans faux pas. C’est joyeux, enlevé, drôle. On sort de « Jusqu’ici tout va bien » plus heureux que lorsqu’on est entré ; ce n’est pas rien.

Il faut dire que Hamadi a réuni pour son nouvel opus une belle brochette de comédiens, menée par Gilles Lellouche, qui s’impose de plus en plus comme un des meilleurs comédiens de sa génération.

En revanche, j’ai trouvé à demi-réussi « The White Crow », le biopic consacré à Rudolf Noureev. Les scénaristes ont eu la bonne idée de se limiter à la première partie de la vie du grand danseur et chorégraphe. Elle se termine de façon spectaculaire par sa demande d’asile politique en 1961, en pleine Guerre froide, dans un aéroport de Paris. Mais la réalisation, comme dans beaucoup de films américains, est plutôt académique. L’action traîne parfois en longueur, notamment dans la première heure. Il faut attendre la grande scène de l’aéroport du Bourget pour que le film monte enfin en intensité.

Je dois reconnaître, en revanche, que le caractère oppressant du régime soviétique est bien décrit et que le danseur Oleg Ivenko est très crédible en Noureev.

Le danseur Oleg Ivenko est très crédible en Noureev.

« Jusqu’ici tout va bien » ****

« The White Crow » ***

Ma vie avec John F. Donovan

Nathalie Portman et Jacob Tremblay.

Le dernier opus de Xavier Dolan a été si mal accueilli par la critique nord-américaine, lors de sa sortie au Festival de Toronto, que j’ai hésité à aller le voir ; je craignais un bide complet. J’ai été un peu rassuré cependant par l’accueil du film en France, même si la critique y est divisée. « Ma vie avec John F. Donovan » est un « sublime film-somme, à la fois intime et grandiose », pour Cinéma Teaser, mais une œuvre décevante pour Le Parisien. Le public, de son côté, se montre élogieux.

Devant tant de divergences, il me fallait me faire ma propre opinion. Aussi me suis-je finalement décidé à voir cette œuvre qu’on descend en flammes ou qu’on porte aux nues. Mon avis : c’est le meilleur film de notre jeune compatriote surdoué !

Le scénario est inspiré, raconte-t-on, de la vie de Dolan lui-même. À huit ans, le futur comédien et réalisateur a écrit une lettre à son idole Leonardo DiCaprio, qui ne lui a pas répondu. Mais dans « Ma vie avec John F. Donovan », la lettre ne reste pas sans réponse. La vedette de cinéma et son jeune admirateur entreprennent même une correspondance qui s’étend sur plusieurs années et devient la trame du film.

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Le charme discret des après-midi au cinoche

Côté comédies, la plus belle surprise a été « Tout ce qu’il me reste de la révolution » !

« Que faites-vous de vos journées à Nice ? » m’a demandé un Québécois qui y réside chaque hiver depuis huit ans. « On va au cinéma presque tous les jours », lui ai-je répondu, un peu gêné d’avouer notre plaisir un tantinet excessif. Mais mon embarras était inutile, car l’homme occupe lui-même ses matinées à courir les salles obscures. Lise et moi avons déjà accumulé en cinq semaines une vingtaine de visionnements. Sans une semaine consacrée aux expositions, nous en serions sans doute à 25. Mais que serait la vie sans un peu de passion ?

La capitale de la Côte d’Azur est en fait une très bonne ville de cinéma. On trouve une trentaine de salles au centre-ville, toutes ouvertes en matinée. Bien évidemment, il y a davantage d’écrans à Paris. Mais comme on projette souvent les mêmes films d’un arrondissement à l’autre, le choix n’y est guère plus grand.

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