Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Soixante-douze ans

D’ici mon centième anniversaire, je devrais être tout à fait serein.

D’ici mon centième anniversaire, je devrais être tout à fait serein.

Atteindre 70 ans, c’est impressionnant. Ma compagne, qui vient tout juste de franchir ce cap, pourrait vous en dire quelque chose. Mais avoir 72 hivers, comme je l’aurai demain, c’est le train-train de l’existence. Une fois de l’autre côté du miroir, du côté des vieux, la vie continue, et ce n’est pas si terrible. J’ai du temps devant moi. Il me reste huit ans avant mes 80 ans, le prochain grand cap.

Bien entendu, fêter ses 72 ans sereinement suppose que l’on soit en forme. Et je le suis. Je sens même en moi une grande énergie, une vitalité qui croît au lieu de décroître. Ça doit être parce que Lise court cinq kilomètres un matin sur deux pendant que je reste au lit ; ça me fait un bien énorme !

Cela suppose également que la santé soit bonne. Et elle l’est. Ma dernière échographie cardiaque était impeccable et mon cardiologue s’est montré très rassurant. Ma nouvelle docteure, en revanche, est d’une nature plus inquiète. J’aimais bien son prédécesseur, qui n’était pas très zélé. Il ne faisait aucun suivi de la prostate (plus de doigt vous savez où) et ne demandait aucun bilan sanguin. Ma docteure a exigé au contraire un examen sanguin complet en plus d’une analyse et d’une culture d’urine. Elle voulait aussi que je voie un urologue et que je passe un test d’ostéodensitométrie pour s’assurer que mes vieux os ne sont pas troués par l’ostéoporose (ce qui, bien évidemment, ne serait pas rose). C’est sans compter le scanographe pour un polype dans le nez ainsi que l’inévitable et si plaisante colonoscopie.

Le bilan sanguin s’est révélé impeccable, sauf pour le cholestérol, qui est trop élevé. Ça inquiète beaucoup ma consciencieuse docteure, qui avait déjà dégainé son stylo pour me prescrire des statines. Mais le stylo s’est figé en plein vol quand je lui ai dit que les statines, ce n’était pas ma tasse de thé. Ça l’a beaucoup surpris ; il faut croire que ses patients sont généralement plus dociles. Devant mon obstination, elle a effectué un repli tactique, mais elle ne désespère pas de me convaincre dans six mois.

L’ennui avec cette hyper prévention médicale, c’est qu’on se sent toujours un peu malade. Moi en tout cas, c’est l’effet que ça me fait. C’est comme si on me disait : « Ça va pas trop mal, mon vieux. Mais attention, le cholestérol, ça peut bloquer les artères. Puis, gare aux vieux os, ils peuvent casser. La prostate avec l’âge, vous savez, ça peut jouer des tours. Ah oui ! gare aussi au cancer du côlon ! » Comment après ça voulez-vous marcher d’un pas joyeux vers vos 100 ans ?

Côté apparence, mon miroir ne me déprime pas trop ces temps-ci. Le trou dans la couche d’ozone, au sommet du crâne, n’a pas pris d’ampleur. D’autant que je garde les cheveux plus longs, ce qui peut faire illusion. Les poches sous les yeux, il me semble, n’ont pas gagné de terrain et l’affaissement mollasson de chaque côté du menton s’est stabilisé. Le petit bedon est toujours là, mais il n’est pas nécessaire de rentrer le ventre tout le temps, sauf pour les photos.

Par contre, je suis incontestablement plus raide, même si je ne suis pas perclus de rhumatismes. Il est vrai que le climat humide de Montréal n’aide pas les articulations vieillissantes. Le matin au réveil, je regrette la chaleur sèche de l’Arizona. Mais je ne retournerai pas de sitôt au pays des trumpistes. Alors, je me suis remis au yoga pour huiler la machine. Combiné à la marche, les résultats sont bons.

Dans la tête, ça ne se passe pas trop mal non plus. J’ai des tonnes de projets, à commencer par la publication de Deux itinérants en Mercedes, que j’aimerais voir aboutir cette année. Certes, j’ai encore plein de phobies, mais les angoisses existentielles s’amenuisent. D’ici mon centième anniversaire, je devrais être tout à fait serein.

Reste notre vieux monde, qui sera bientôt dirigé par le tandem Poutine-Trump, avec l’aide d’Erdogan et d’Assad. Parfois, il me désespère. Mais ce n’est peut-être qu’un mauvais moment à passer dans l’histoire de notre inhumanité.

Allez ! j’attends vos souhaits de bon anniversaire !

Publicités

Commentaires sur: "Soixante-douze ans" (1)

  1. Paul, ça me rassure que ton nouveau médecin fasse son travail. Mais si tu préfères réellement quelqu’un qui ne fera rien, viens me voir – comme je n’ai aucune compétence dans le domaine, je te rassurerai en te disant simplement de continuer comme tu fais.

    Dans mon cas, Dharma me remet en forme. J’arrive cet hiver à courir alors que l’hiver dernier, me pencher suffisait à m’essouffler.

    Ah! Oui! Je te souhaite de réaliser tes projets d’écriture avant l’expiration de ta 72ème année. Pour ce qui est de ta santé, continue de voir ton nouveau médecin. C’est bien mieux que les souhaits.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :