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Archives de novembre, 2018

Qui a peur de la religion ?

Dans le film de Bernard Émond, « Journal d’un vieux », le personnage principal dit : « Je ne crois pas en Dieu et, croyez-moi, je le regrette ! » Jolie formule qui exprime la difficulté de vivre dans un monde sans Créateur. Pour ma part, je ne peux dire que je crois ou que je ne crois pas en Dieu. Comme Albert Camus, « je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse ». Et comme Hubert Reeves, j’estime qu’on ne peut pas le savoir.

Mais contrairement au personnage de Émond, je ne regrette pas la disparition du Dieu des catholiques. Certes, en perdant la foi, j’ai perdu l’espoir d’une vie éternelle et paradisiaque dans la vallée de Josaphat. Mais je me souviens surtout d’un Dieu tyrannique qui nous suivait partout, d’un Dieu omniprésent qui s’immisçait dans nos pensées les plus secrètes, d’un Dieu vengeur qui nous menaçait de l’enfer.

Vers 16 ans heureusement, sans doute influencé par mes « mauvaises lectures », j’ai cessé de croire en cette religion qui m’avait jusque-là terrorisé. Ça m’a valu bien des ennuis dans un collège dirigé par des curés, où j’ai risqué d’être mis à la porte. Ça m’a aussi placé dans une position délicate vis-à-vis de mes parents, à qui j’ai dû cacher longtemps mon incroyance. Mais je n’ai jamais regretté d’avoir tourné le dos au catholicisme.

Depuis, je ne pratique aucune religion. Je ne suis pas fermé au Dieu de Spinoza, qui croyait en un Dieu qui se révèle dans l’harmonie de ce qui existe. Mais comme le philosophe, je ne crois pas en un Dieu qui se mêle de la destinée humaine.
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Être ou ne pas être (pour le Pacte) ?

Je n’avais pas l’intention de parler du Pacte pour la transition, ne serait-ce que parce que tout le monde en a déjà parlé. Mais comme j’ai commencé à m’intéresser à l’environnement il y a une cinquantaine d’années déjà, j’éprouve finalement le besoin d’ajouter mon grain de sel, en espérant qu’il ne générera pas trop de CO2.

On se doute bien que je suis du côté de Dominic Champagne plutôt que de celui de Richard Martineau. S’il y a dans ce débat un donneur de leçons, ce n’est pas le premier. Je n’ai jamais eu l’impression que les artistes qui se sont engagés dans ce projet étaient les gourous d’un sectarisme vert. Je les ai plutôt vus comme des citoyens, imparfaits sans doute mais conscients de la gravité de la situation, qui ont voulu se servir de leur influence pour conscientiser leurs concitoyens ainsi que notre gouvernement.

Pour ce qui est des concitoyens, c’est un peu raté. Certes, quelque 200 000 signatures, ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas beaucoup non plus. Ce serait sans doute plus facile de faire signer 200 000 personnes contre la hausse des prix de l’essence et du diésel. Pour ce qui est du gouvernement caquiste, je doute aussi du poids du Pacte sur ses décisions. Je veux bien donner la chance au coureur, mais ce parti-là vient de gagner ses élections haut la main sans dire un mot de l’environnement. De surcroît, ceux qui l’ont élu sont ceux-là mêmes qui vivent dans cet étalement urbain tant critiqué et qui rechignent à changer leur mode de vie.

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«Beautiful Boy» et «Boy Erased», deux films de travailleuse sociale

Russell Crowe et Lucas Hedges dans « Boy Erased ».

Je me suis tapé la semaine dernière deux films de travailleuse sociale. C’est ainsi que ma compagne, qui a exercé longtemps cette belle profession, appelle ces films dont la thématique sociale est lourde. Rien à voir avec « Le grand blond à la chaussure noire », « Week-end chez Bernie » ou « Le grand bain ». Ici, on n’est pas là pour rigoler. C’est du sérieux, du prenant, du touchant, du pathos. Je le dis avec un brin d’humour, mais sans ironie, car c’est un genre qui en lui-même n’est ni bon ni mauvais.

Il faut, bien sûr, être disponible pour aller au cinoche voir ce genre de film. Il faut ne pas avoir les bleus ce jour-là, être prêt à sortir les mouchoirs, être rempli d’humanisme et être capable d’empathie à l’égard de personnages qui souffrent. Pour le reste, tout dépend du talent des réalisateurs et des scénaristes.

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Indispensable cinéma français !

Ce film de Gilles Lellouche est brillamment interprété par Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Benoît Poelvoorde, Philippe Katerine, Jean-Hugues Anglade et Alban Ivanov, ainsi que par Virginie Efira et Leïla Bekti (qu’on ne voit pas sur la photo).

Cinémania, le festival du cinéma francophone, vient de se terminer. J’en ai profité pour voir neuf films en onze jours. Il aurait été possible d’en voir davantage, jusqu’à cinq par jour. Mais je ne suis plus capable de telles performances. D’autant que, lorsqu’un film est intense, je n’ai pas envie d’en voir un autre immédiatement après. Et le cinéma qu’on nous a offert cette année – un excellent cru – était souvent prenant.

J’adore ce festival qui me fait un peu oublier le passage de l’automne à l’hiver. Cette année encore, il a fallu souvent faire la file sous la bruine et dans le froid. C’est le prix à payer pour voir en abondance des films français, belges ou suisses.

Le reste de l’année, on n’est pas beaucoup gâté, il faut bien le dire. Les films de la francophonie européenne ne sont pas légion sur nos écrans ; et, qui pis est, ils restent à l’affiche peu longtemps. Il y a quelque temps, par exemple, je voulais voir le dernier film de Marion Cotillard, « Gueule d’ange », car je suis un fan fini de la belle Française. Mais il est resté à l’affiche une semaine, au cours de laquelle je n’étais malheureusement pas disponible.

Pourtant, il existe une clientèle pour ce cinéma. Il y a les baby-boomers, bien sûr, qui dans l’ensemble sont restés francophiles. Mais il y a aussi, à Montréal du moins, une communauté française de plus de 100 000 personnes qui semble s’ennuyer du cinéma de l’Hexagone. Il suffisait de tendre l’oreille cette semaine à Cinémania pour voir que notre minorité audible était bien représentée parmi les spectateurs.

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La musique sur Spotify

Nous sommes récemment allés chez des amis. « Qu’est-ce que vous aimeriez entendre ? » nous a demandé David. Nous lui avons fait quelques demandes, qu’il a aussitôt comblées, fussent-elles pointues. Non que sa discothèque soit immense, mais il est abonné à Apple Musique. Ça m’a donné des idées. De retour à l’appartement, je me suis inscrit à Spotify.

Pourquoi Spotify plutôt qu’Apple ? Parce que je n’aime pas beaucoup la compagnie aux mille milliards, qui produit au plus bas coût et vend au plus haut. Vous me direz que c’est l’essence même du capitalisme. C’est vrai, mais la société à la pomme est parmi les pires. Et au moins, en optant pour une société suédoise, je n’encourage pas un monstre américain.

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La saison des médecins

Lorsqu’on atteint un certain âge, pour ne pas dire un âge certain, il faut voir les médecins. Même en santé, on n’y échappe. Vérifications et mises au point s’imposent. C’est ainsi que depuis deux mois j’ai vu l’ophtalmologiste, l’ORL et le médecin de famille. Je n’ai pas encore rencontré mon cardiologue trop occupé, mais j’ai déjà passé avec succès le test à l’effort. « Un jeune homme de 73 ans ! » a lancé la jeune infirmière qui me regardait me démener sur un tapis roulant de plus en plus abrupt dans le rutilant nouveau CHUM. C’était une flatterie, je ne suis pas dupe, mais elle m’a fait du bien. C’est assurément plus agréable que de se faire traiter de vieux croûton.

En fait cet automne, tous les voyants sont au vert. Les gouttes ont fait leur effet, tant et si bien que la pression des yeux est redevenue normale. L’ophtalmo était content ; moi itou. Les polypes dans le nez ne sont pas réapparus ; je n’ai jamais mieux respiré depuis des lustres. L’ORL aussi était contente. Quant à ma nouvelle docteure, elle n’avait que des bons mots pour mon bilan de santé. Taux de sucre et triglycérides se situent à un niveau optimal. Même le cholestérol, qui inquiétait tant mon ancienne docteure, est redevenu normal. Limite mais normal. Et sans ces satanées statines que je refusais de prendre. J’ai eu bien raison de m’entêter.

J’avais bien fait de changer de médecin l’an dernier. Cette femme me stressait. J’arrivais à son bureau en santé et j’avais l’impression d’en ressortir malade. Ce n’était pas un mauvais médecin, bien au contraire. J’en ai rarement rencontré un qui se souciait autant de la santé de ses patients. Mais c’était une inquiète. C’est sans doute pourquoi elle pratiquait l’hyper-prévention.

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La rage du trottoir

On connaît bien la rage au volant ainsi que son pendant, la rage de l’air. Je découvre ces jours-ci la rage du trottoir. Il faut dire qu’il n’y a pas que les conducteurs à buter sur les cônes orange à Montréal. Depuis quelques mois notamment, les piétons sont eux aussi affectés, forcés çà et là de modifier leur trajet. La plupart le prennent bien, enfin pas trop mal. Mais pas tous, ni même toutes.

Il y a quelques jours, rue Jean-Talon, près du métro, il fallait changer de trottoir, celui du côté sud étant bloqué par de lourds travaux qui empiétaient même sur la chaussée. À moins de s’entêter à marcher, à ses risques et périls, dans la voie étroite laissée pour les véhicules, valait mieux faire un petit détour par le côté nord. Mais une dame ne l’entendait pas ainsi. Quand la personne chargée de la circulation l’a gentiment mais fermement empêchée d’aller plus loin, elle s’est indignée, protestant, gueulant, pestant, vociférant. Ciel ! Que de bruit pour rien !

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