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Archives de septembre, 2018

Lumineuse Pauline Julien !

Pour les vingt ans de la mort de Pauline Julien, Pascale Ferland lui a consacré un film, « Pauline Julien, intime et politique », que j’avais bien envie de voir. Je n’ai pas été déçu même si le documentaire n’est pas génial, tant s’en faut. Mais juste d’entendre chanter et parler la lumineuse Pauline m’a fait chaud au cœur. Je me suis souvenu de l’avoir interviewée pour le journal du collègue, au début des années 60. Gérald Godin, qui allait devenir son compagnon pour 32 ans, l’attendait dans sa loge pendant qu’elle répondait, d’un ton amusé, aux questions qu’un confrère et moi lui posions.

La réalisatrice s’attarde beaucoup au côté politique de la carrière de la chanteuse. On peut comprendre ce choix étant donné l’engagement de Pauline Julien, qui s’est donnée à fond pour la cause indépendantiste. Mais certains passages sont répétitifs, un peu ennuyeux et inutilement longs. Les images de la défaite référendaire, on les a vues un million de fois. Ce qui m’intéressait, c’est la vie de l’artiste bien plus que l’histoire du mouvement souverainiste. À tort ou à raison, j’ai cru voir le coup de chapeau d’une réalisatrice indépendantiste au PQ, à quelques jours des élections.

Les témoignages sur Pauline Julien se limitent à celui de son ami, l’artiste Alan Glass (qu’on ne prend même pas la peine de présenter comme s’il était connu comme Barabbas dans La Passion). J’en aurais pris davantage. Restent les chansons et les interviews. Ce n’est quand même pas rien.

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Fahrenheit 11/9, du grand Moore !

Michael Moore dans une scène de «Fahrenhait 11/9».

J’ai tellement aimé Fahrenheit 11/9 que je vais certainement retourner le voir. Je m’attendais à une satire mordante sur Donald Trump, mais le documentaire de Michael Moore est beaucoup plus qu’un brûlot jouissif. Il est vrai que le Monstre Orange et ses républicains en prennent pour leur rhume, mais les démocrates reçoivent aussi une volée de bois vert. Même Barack Obama n’est pas épargné. Alors, imaginez Hillary et Bill Clinton.

Ce que nous montre le réalisateur dans ce documentaire, qui est une véritable leçon de politique, c’est que l’actuel président des États-Unis, loin d’être un accident de l’histoire, est au contraire l’aboutissement logique de la politique américaine. Il est juste pire que ses prédécesseurs, creusant davantage les inégalités sociales et tournant résolument le dos aux défis du changement climatique.

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Pourquoi je voterai vert

Je me suis parfois pincé le nez en allant voter. Mais cette fois, je ne le ferai pas. Par conviction, je voterai vert pour éviter d’avoir les bleus après les élections. Certes, choisir un Parti vert qui recueillera un ou deux pour cent des votes n’a rien de bien inspirant. Mais n’étant ni capitaliste, ni socialiste et encore moins communiste, n’étant pas non plus nationaliste et encore moins identitaire, l’étiquette qui me convient le mieux, c’est encore celle d’écolo. Autant l’assumer.

Contrairement à bien des francophones, je ne déteste pas le Parti libéral. Les Montréalais y sont bien représentés, tout comme les anglophones et les communautés culturelles. Et à tout prendre, j’aimerais mieux revoir les libéraux au pouvoir que la CAQ, qui nous ferait reculer de quelques décennies. C’est un parti qui, s’il est élu comme le laissent croire les sondages, aggravera la fracture entre Montréal et les régions. Un parti identitaire qui divisera les Québécois. Un parti qui investira dans les ponts et les routes plutôt que dans les transports en commun. Un parti conservateur à la sauce québécoise, pas du tout en phase avec les défis de notre temps.

Cela dit, je ne peux me résoudre à voter pour un PLQ qui a géré la province comme une grosse caisse populaire, sans proposer un véritable projet de société.

Je ne donnerai pas mon vote non plus au Parti québécois, ne serait-ce que parce que je ne suis plus indépendantiste depuis le premier référendum. Oui, je sais que Jean-François Lisée a promis qu’il n’y en aurait pas un troisième durant un premier mandat. Mais outre que je n’ai aucune confiance en un homme qui change d’idée plus vite que son ombre, je connais trop bien le passé pour savoir que les partis indépendantistes se remettent à parler de souveraineté dès que les élections sont passées.

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Nos petits-enfants seront-ils anglophones ?

Les trois quarts des émigrés se retrouvent dans la métropole et sa couronne.

Le président de la CAQ, François Legault, craint que nos petits-enfants parlent anglais plutôt que français. La hantise de la disparition de notre langue n’est pas nouvelle ; elle est propagée depuis longtemps par bien des nationalistes. Ce qui est relativement récent, c’est son motif. Jadis, la menace venait des Anglais ; aujourd’hui, elle émane des immigrants. Autre temps, autres peurs. Cette appréhension résiste-t-elle à l’analyse ?

Commençons par les régions du Québec. Plus on s’éloigne de Montréal, moins on trouve de nouveaux arrivants. Quelques-uns s’y aventurent, mais ils parlent déjà français ou l’apprennent à la vitesse grand V. Leur présence rarissime menace-t-elle la survie du français en région ? Bien sûr que non !

Le problème, si problème il y a, se situe dans sa métropole et sa couronne immédiate, où se concentrent grosso modo les trois quarts des émigrés. Leur nombre pèse-t-il sur l’avenir du français dans la Belle Province ?

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Federer : de demi-dieu à simple mortel

Photo Culturevie.info

Depuis des lustres, on voyait les adversaires de Roger Federer suer à grosses gouttes sur les courts alors que lui paraissait se déplacer avec classe et élégance dans un cocktail mondain. Mais lundi soir, dans la cuve torride et humide du Arthur Ashe, lui aussi s’est mis à transpirer. On a vu son T-shirt changer de couleur. On a vu le joueur qui sert plus vite que son ombre étirer les secondes entre les coups. On l’a vu s’éponger le front. Comme un simple mortel. Et contre toute attente, il a été éliminé par John Millman, vaillant mais modeste 55e mondial.

Le match avait pourtant plutôt bien commencé pour le quintuple champion de l’US Open, qui avait réussi un bris rapide et conservé son avance jusqu’à la fin de la première manche. Pourtant, j’étais inquiet. Dès le début du deuxième set, j’ai écrit sur la page Facebook des As du tennis : « Ce n’est pas gagné pour le Maestro, qui sert particulièrement mal. D’autant que Millman joue plutôt bien. » J’ai cru m’être trompé quand le Suisse a eu deux balles de manche à 5-4, 40-15. Mais il les a toutes deux gaspillées sur une grosse faute, avant de perdre deux fois d’affilée son jeu de service, lui qui a déjà gagné des tournois entiers sans en perdre un seul.

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