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Une autre année Trump

Ça fera bientôt un an que Donald Trump occupe la Maison-Blanche. On ne saurait dire que le successeur de Barack Obama a été inactif. Presque chaque jour, par ses tweets, ses décrets ou ses déclarations, il nous a rappelé brutalement que le président des États-Unis était de facto l’homme le plus puissant de la Terre. Heureusement qu’il aime le golf, ce qui nous donne à l’occasion un petit congé. Mais même sur les terrains verts, il finit par imposer sa chevelure jaune.

Pour être honnête, il m’obsède. J’aimerais bien me foutre de lui, mais je n’y arrive pas. De toute façon, ce serait bien difficile : il est partout. Que je lise La Presse ou Le Monde, que je regarde le bulletin d’informations de France 2 ou de Radio-Canada, il se passe rarement une journée sans qu’on ne parle de lui. Et dans 99 % des cas, pour de mauvaises raisons.

En un an, il a tenté d’abolir l’Obamacare, d’imposer un décret limitant l’immigration des musulmans, de relancer les mines de charbon, d’autoriser la vente d’ivoire au risque de voir disparaître les éléphants, et essayé de faire construire un mur entre les États-Unis et le Mexique. Il a retiré son pays de l’accord de Paris sur le climat, réduit la liberté de parole des scientifiques, autorisé les forages en Alaska et la chasse aux ours blancs, annoncé le transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, fait adopter une réforme des impôts en faveur des plus riches. Il a provoqué la Corée du Nord au risque de provoquer un conflit nucléaire, menacé de représailles les pays qui oseraient voter contre les États-Unis aux Nations unies, fussent-ils des alliés, laissé craindre la fin de l’Aléna et fait nommer de nombreux juges conservateurs. Entre autres.

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J’ai vu des gens utiliser leur cellulaire dans bien des situations, y compris dans des endroits où son usage était discutable ou surprenant. Au volant d’une auto, par exemple, d’un camion ou d’un vélo. Ou encore sur le tapis roulant d’un gymnase, dans la piscine de notre immeuble, en traversant la rue, qui plus est au feu rouge. J’ai souvent vu des couples au restaurant, chacun consultant ses courriels ou parlant au téléphone. J’ai vu des amis marchant sur le trottoir, chacun tenant son portable au lieu de se parler.

Mais je n’avais encore jamais vu un homme consultant ses courriels en faisant pipi dans un urinoir d’un cinéma. Je ne sais pas s’il tenait un modèle ralenti par Apple (je n’ai pas osé le lui demander), mais il a mis beaucoup de temps à se soulager. Problème de prostate ou de cellulaire ?

L’an dernier, c’était pour Lise et moi notre premier hiver complet au Québec en sept ans. Au cours des six années précédentes, nous avions passé la saison froide, en tout ou en partie, à Nice, en Floride, au Texas, en Arizona, en Californie ou en Baja California. Pas mal non ! J’en étais si heureux que j’avais écrit que plus jamais nous ne passerions tout un hiver dans la Belle Province. Elle est peut-être belle sous la neige, mais je la préfère en plein été. Toutefois, la fin du caravaning et la décision d’acheter un nouvel appartement avaient modifié nos plans.

Nous étions donc un peu craintifs à la fin de 2016, quand l’hiver s’est amené. Heureusement pour nous, il n’a pas été brutal. Long, presque interminable, mais plutôt doux de bout en bout, de sorte que nous y avons survécu sans trop de mal. S’il avait fallu cependant que le froid fût aussi mordant que cette année, je crois que nous serions morts. Ou peut-être serions-nous partis pour Nice, ce qui constitue une autre façon de partir, mais en douce.

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Dans «Le sens de la fête», le jeu des acteurs est absolument remarquable, de Jean-Pierre Bacri (ci-dessous), vedette de cette œuvre chorale, au moindre petit rôle.

Je viens de voir coup sur coup deux films français, l’un excellent, l’autre, disons… moins bon. Commençons par le premier, Le sens de la fête. C’est le genre de comédie intelligente que j’aimerais voir plus souvent. Il y a longtemps que je n’avais pas ri d’aussi bon cœur au cinéma. Le film a été réalisé par un tandem composé d’Éric Toledano et d’Olivier Nakache, à qui on doit déjà Intouchables, qui était déjà pas mal lui aussi. Mais leur dernier opus, c’est mieux encore.

Tout dans cette comédie est réussi, à commencer par le jeu des acteurs, absolument remarquable, de Jean-Pierre Bacri, qui tient la vedette de cette œuvre chorale, au moindre petit rôle. Il faut dire que Toledano et Nakache, qui sont aussi scénaristes, ont travaillé avec soin chacun des personnages. Ces deux-là arrivent à faire de la critique sociale, mais sans méchanceté et en faisant rire. C’est un talent rare.

Au revoir là-haut, en revanche, me paraît nettement moins fort. Vous me direz que les spectateurs aiment beaucoup ce film, tant au Québec qu’en France. Tant mieux ! Mais je n’arrive pas à partager leur enthousiasme. Je dois dire que j’ai adoré le roman de Pierre Lemaitre, à qui j’ai fait une place dans ma liste des dix meilleurs romans.  Le film qu’en a tiré Albert Dupontel n’est pas mauvais certes, mais je ne pourrais dire qu’il soit est jouissif, jubilatoire, épatant, savoureux, insolite, saisissant, magnifique, éclairant, picaresque, mordant, émouvant, comme j’avais dit du roman. Lire le reste de cette entrée »

J’ai l’habitude d’aller au cinéma en matinée et en semaine. Si l’on excepte les mardis, que j’évite habituellement, nous sommes peu nombreux à le faire. Il m’est même arrivé une fois cette année d’être tout à fait seul dans une des salles du Forum. Le bonheur pour un vieux râleur cinéphile !

C’est loin d’être le cas durant les Fêtes, particulièrement cette année où le froid pousse les vacanciers dans les salles obscures. En principe, je devrais me réjouir qu’elles soient envahies. Si nous n’étions, à longueur d’année, que quelques happy few à les fréquenter, il faudrait bientôt se résigner à ne regarder les films qu’à la télé. Pour un passionné de cinéma, ce serait terrible.

Cela dit, je dois avouer que je deviens facilement ronchon quand j’arrive dans une salle déjà presque pleine, même dans les premières rangées où je m’assoie habituellement. J’ai bien du mal à endurer qu’on parle fort et sans arrêt pendant la projection des bandes-annonces. Même dans les cafés où je m’arrête avant d’aller au cinoche, c’est plus tranquille.

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Je ne peux évidemment vous offrir le bonheur en cadeau, car il dépend de chacun de nous. Mais je peux vous conseiller un ouvrage qui en traite. C’est le Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard. Attention toutefois, l’auteur est un moine bouddhiste. Je tiens à le préciser, car je connais les réticences, voire l’hostilité, de nombreux Québécois, notamment de ma génération, à l’égard de tout ce qui de près ou de loin est religieux. Le bouddhisme a beau tenir plus de la philosophie que de la religion, il est possible que le message de ce moine français ne vous touche pas. Mais si les mots bouddhisme, Bouddha ou dalaï-lama ne vous donnent pas d’urticaire, je ne saurais trop vous suggérer la lecture de cet éloge de la félicité. De tous les ouvrages sur le bonheur que j’ai lus (et j’en ai parcouru des masses), celui-là est pour moi le meilleur.

Le Plaidoyer pour le bonheur n’est pas, contrairement à beaucoup de traités sur le sujet, un manuel pour nous aider à réaliser nos désirs. Ceux-ci, estime son auteur, sont sans limites et notre emprise sur le monde, restreinte et bien illusoire.

Certes il vaut mieux, reconnaît le moine, vivre dans un pays où ne règnent ni la misère, ni la famine, ni les massacres. Comme le dit Yvon Deschamps, il est sans doute préférable d’être riche et en santé que pauvre et malade. Mais les habitants de ce « meilleur des mondes » ne sont pas pour autant heureux. Sans doute sont-ils, selon les études et les sondages, plus satisfaits de leur sort que les gens des pays défavorisés. Mais leur « bonheur », fait remarquer Ricard, est « éminemment fragile », car il tient trop aux conditions extérieures. La perte d’un emploi, par exemple, peut faire en sorte que tout s’écroule.

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Bien au chaud près du foyer de notre grande pièce commune, au 9e étage de notre immeuble, j’avais une vue magnifique sur la neige qui balayait le centre-ville de Montréal. (Photo Lise Roy)

Mardi, pendant que les médias s’amusaient à faire peur au monde avec la première tempête de la saison, je suis monté au neuvième étage de notre immeuble, d’où j’avais une vue magnifique sur la neige qui balayait le centre-ville de Montréal. Bien au chaud près du foyer de notre grande pièce commune, je voyais, non sans un malin plaisir, dois-je avouer, les voitures patiner dans la gadoue, tentant péniblement de rallier la Rive-Sud. Boucar Diouf m’accuserait sans doute de traiter les banlieusards de haut.

Le donneur de leçons de Longueuil s’est en effet attaqué samedi dernier aux nationalistes de Montréal. Je fais sans doute partie du lot puisque, quelques jours plus tôt dans la même Presse+, j’avais écrit un article justifiant l’usage du « Bonjour, Hi ! », qu’il fustige. L’emploi du mot « nationaliste » m’a fait sourire, car s’il y a une chose que je me pique de ne pas être, c’est bien nationaliste. Le nationalisme québécois ne me fait pas vibrer. Le nationalisme canadien encore moins.

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