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« I love Nice », bien sûr, où je passe un mois merveilleux. Mais j’aimerais encore davantage la ville si elle ne faisait pas sa promotion en anglais. « J’aime Nice », il me semble que ça ne serait pas si difficile à comprendre, même pour des étrangers. Après tout, ils viennent visiter la France, pas la Grande-Bretagne ou les États-Unis. Mais sur la Côte d’Azur comme un peu partout en France, on a capitulé devant l’anglais, langue universelle du tourisme et des affaires (ici on dirait plutôt du business).

Pourtant, le français occupe une position plutôt enviable, comme l’a rappelé le président Macron devant l’Académie française, à l’occasion de la Journée internationale de la Francophonie. Notre langue occupe le cinquième rang mondial, le quatrième sur la Toile. Elle est la seule, hormis l’anglais, qui soit parlée sur les cinq continents. C’est aussi la deuxième langue la plus apprise dans le monde, juste après l’anglais.

Mais quand on séjourne longuement dans l’Hexagone, comme il m’arrive de le faire, ce n’est pas l’impression que l’on a.

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Mon endroit favori reste le marché des Cours Saleya, joliment nommé « marché des Fleurs ». (Les photos sont de Lise.)

Pourquoi venir terminer l’hiver à Nice plutôt qu’en Floride, en République dominicaine ou à Cuba? D’abord, je n’ai pas la moindre attirance pour les destinations-soleil où il n’y a rien d’autre à faire que de se faire bronzer. Pour ce qui est de la Floride, nous y sommes allés à quelques reprises. J’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais. Je n’en rajouterai pas une couche, d’autant que plein de Québécois adorent le Sunshine State.

Bien sûr, en matière de plages et de chaleur, Nice ne peut rivaliser. Il faudra encore quelques semaines pour que les températures franchissent la barre des 20 degrés, alors qu’il fait déjà dans les 25 Celsius à La Havane et à Miami. Les miss Météo nous annoncent même un petit refroidissement pour la semaine prochaine. Le printemps traînera la patte et les températures auront du mal à franchir les 10 degrés.

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Nice entre la mer et les Alpes maritimes. (Photos Lise Roy)

J’ai emprunté le titre de mon carnet à l’excellent ouvrage de François Cardinal et Pierre Thibault (1). Dans leurs dialogues, les auteurs établissent un lien entre la beauté d’un lieu et le bonheur de ses habitants. Pour le journaliste et l’architecte, la ville la plus magnifique à cet égard est Copenhague.

Pour ma part, je n’ai jamais visité la capitale du Danemark. Parmi les villes où j’ai séjourné, les deux plus belles sont Paris et Rome. J’y ai passé de bien beaux moments. Il est vrai que le sentiment de beauté qu’on y éprouve est une joie pour les yeux comme pour l’âme et le cœur.

Cependant, le plaisir de s’y promener est amoindri par l’automobile. Ni l’une ni l’autre n’ont été conçues pour nos chevaux-vapeur polluants et bruyants. En tant que Parisien d’occasion, j’appuie donc avec enthousiasme les efforts de la mairie pour limiter la place de l’automobile en général et pour la piétonnisation des berges de la Seine en particulier.

Il y a aussi des autos à Nice, où nous passons tout le mois de mars. Mais on les sent moins, sans doute parce que la cité est plus petite et que son centre n’aimante pas des millions de banlieusards. Sans doute aussi parce qu’elle est desservie depuis quelques années par un rutilant tramway. Le Vieux-Nice où nous vivons est quant à lui interdit aux véhicules.

La beauté de Paris et de Rome tient presque essentiellement à leur architecture, exceptionnelle il faut bien le dire. Ce ne sont pas les sept petites collines de la Ville éternelle ou la butte Montmartre de la Ville lumière qui expliquent leur charme, mais la splendeur de leurs immeubles, de leurs monuments, de leurs parcs.

Les maisons, les palais et les édifices de Nice, quoique fort beaux, sont peut-être moins remarquables. Mais le site, entre la Méditerranée et les Alpes maritimes, est, lui, absolument splendide. Où que l’on soit dans la ville, le point de vue est ravissant. C’est encore plus vrai si la balade passe par la colline du Château.

Comme elle est tout à côté du vieux quartier, c’est par là que commence la promenade du matin. La pente qui mène à la colline est un peu raide mais tonique. Le premier jour, je pompais l’huile. Mais déjà, ça va mieux. Lise est beaucoup plus en forme. N’empêche qu’elle a ressenti quelques douleurs dans les cuisses au début.

Un peu partout, on peut s’arrêter pour admirer le point de vue, là sur la vieille ville, là sur le port, là sur la baie des Anges, là sur les monts environnants. Partout, la beauté vous saute aux yeux, particulièrement les jours où le soleil est au rendez-vous. Déjà, on peut voir des fleurs. D’ici une semaine ou deux, il devrait y en avoir partout. La colline en fleurs, au printemps, c’est un spectacle grandiose.

Nous redescendons par le grand escalier qui mène à la promenade des Anglais. C’est là en effet que commence ce grand chemin pour piétons et cyclistes qui longe la Méditerranée et qui s’allonge sur cinq ou six kilomètres. D’un côté la mer, de l’autre les immeubles cossus et colorés de Nice.

Quand Lise m’accompagne (car un jour sur deux, elle abandonne son vieux mari pour aller courir sur la promenade), nous nous arrêtons au grand marché public, où l’on trouve fruits, légumes, noix, fromages, œufs et j’en passe. Qui plus est, généralement à bon prix. Au besoin, on s’arrête ensuite dans une des boulangeries ou une des boucheries du quartier.

Il y a deux jours, ma compagne a proposé qu’on s’arrête sur la plage pour aller méditer. Sitôt dit, sitôt fait. On repère deux belles roches où nous nous installons. Bien sûr, c’est un peu dur pour les fesses, mais ça garde éveillé. Le seul souci, c’est que la mer est bien proche. Mais bon, les vagues viennent se fracasser l’une après l’autre à quelques mètres de nous, nous laissant les pieds au sec. Tout au plus, sommes-nous caressés par les embruns. C’est loin d’être désagréable. Le bruit de la mer, le ballet des vagues, la sensation du vent, l’air salin : les sensations sont bonnes.

Nous sommes restés là, en pleine conscience, jusqu’à ce qu’une vague plus forte que les autres ne vienne inonder mes baskets et mouiller le sac contenant les mets que nous venions d’acheter. Ça nous a ramenés sur le plancher des vaches, si je puis dire. Nous avons éclaté de rire avant de retourner gaiement à l’appartement. Oui, la beauté peut rendre heureux.

(1) « Et si la beauté rendait heureux », de François Cardinal et Pierre Thibault, éditions La Presse, Montréal, 2017.

Le port de Nice dominé par un yacht de milliardaire.

 

Je suis allé revoir La forme de l’eau cette semaine. Est-ce à cause de Nice, que je redécouvre ces jours-ci, toujours est-il que j’ai préféré le deuxième visionnement. Ce film romantico-fantastique mérite bien l’Oscar du meilleur film, même si je continue à lui préférer 3 Billboards : Les panneaux de la vengeance. Par le passé, on a vu des choix pas mal pires que le nouvel opus de Guillermo del Toro.

Ce nouveau visionnement renforce également ma conviction que Sally Hawkins aurait dû remporter l’Oscar de la meilleure actrice, même si, je le répète, Frances McDormand est une grande actrice qui n’a pas volé sa statuette. Mais Hawkins, dans La forme de l’eau, c’est quasiment le rôle d’une vie. Je dis quasiment, car cette actrice britannique aurait déjà pu recevoir un Oscar pour son extraordinaire rôle dans Maudie. Mais ce petit film canadien n’était pas assez connu.

Il faut dire que la concurrence était rude cette année pour le titre de la meilleure actrice. Outre McDormand et Hawkins, on pouvait admirer Saoirse Ronan et Margot Robbie, toutes deux exceptionnelles, la première dans Lady Bird, la seconde dans I, Tonya. Meryl Streep, dans The Post, complétait cet extraordinaire quintette. On peut voir que les actrices, si elles restent moins payées que leurs partenaires, n’en sont pas moins remarquables.

Sally Hawkins est merveilleuse dans «La forme de l’eau».

La forme de l’eau a reçu l’Oscar du meilleur film. C’était sans doute le choix le plus consensuel. Pour ma part, j’aurais préféré Three Billboards : Les panneaux de la vengeance, un polar social que j’ai trouvé plus fort. En revanche, je n’aurais pas donné l’Oscar du meilleur rôle féminin à Frances McDormand, même si elle est, comme toujours, excellente. Il me semble que le rôle de rôle de Sally Hawkins, la muette du film fantastique de Guillermo del Toro, est bien plus exigeant. Il faut dire que l’Académie, peu audacieuse et plutôt paresseuse, aime bien récompenser le talent déjà largement reconnu. Comme ça, on croit être sûr de ne pas se tromper. Saoirse Ronan, étincelante dans Lady Bird, aurait aussi mérité bien des votes, mais les bonzes l’ont sans doute jugée trop jeune. Son tour viendra, espérons-le, car c’est une grande jeune comédienne.

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Quand nous avons pénétré dans le grand A330, nous avons trouvé qu’Air Transat méritait bien son surnom d’Air Sardines. Je suis toujours étonné qu’on puisse installer plus de 400 sièges dans un espace pareil. Dur, dur pour un claustrophobe ! Heureusement, nous avions payé un supplément pour être dans la queue de l’avion, où le corridor est un peu plus large et où, sur le côté, il y a deux places plutôt que trois. C’est un peu plus confortable.

Reste que plus de 400 personnes entassées dans un lieu clos, où pendant sept heures l’air n’est pas renouvelé, c’est lourd et ça sent mauvais. C’est pourquoi j’ai dit à Lise : « La prochaine fois, on s’offre la classe Club. » C’est la première classe d’Air Transat. On l’a prise une fois. C’est cher mais tellement plus agréable ! Nos vieux os le méritent bien. Nos estomacs aussi, car la nourriture servie dans la classe des pauvres est digne des vols à bas coût.

En partant pour l’Europe, je crains toujours « le jour le plus long ». Quand on s’arrête à Paris, passe encore. Sept heures et on y est. Mais quand il faut ajouter une correspondance, le jour le plus long, c’est prendre l’avion en soirée à Montréal, essayer de dormir quelques heures sur un siège étroit et dur, traîner plusieurs heures à Charles-de-Gaulle, puis atterrir à Nice exténué en fin d’après-midi. Là, il faut surtout résister à la tentation d’aller dormir.

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J’ai survécu aux Jeux olympiques. Le curling, bien sûr, c’est un peu pépère. Mais je ne l’ai pas suivi. Faire glisser de lourdes pierres sur la glace demande sans doute une grande habileté. Mais je n’arrive pas à me passionner pour ce geste élégant,  pourtant si zen. En revanche, le slopestyle, le snowboard cross (désolé pour les termes english), le grand saut, la demi-lune, en skis ou sur une planche, j’en redemandais. D’autant que j’avais raté les Jeux de Sotchi.

Évidemment, le risque était moins grand pour moi, bien calé dans mon canapé, que pour ses jeunes casse-cou tout sourire, femmes ou hommes, qui faisaient trois, voire quatre tours la tête en bas, les skis ou la planche vers le ciel, et qui en sortaient exaltés et indemnes. La plupart du temps, en tout cas.

Pour ma part, au bout de quinze jours, j’avais les jambes raides, la fesse droite douloureuse et le dos couci-couça. On ne regarde pas des sports extrêmes tous les jours jusqu’à une heure du matin, voire davantage, sans en payer le prix. Surtout lorsqu’on en néglige son entraînement et que la marche se limite à se rendre aux toilettes ou au frigo.

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