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Paris sans magie

Vu de notre appartement, le ciel de Paris était bien gris ce matin.

Le feu est sur le point de virer au rouge. Une mère et son enfant à trottinette traversent néanmoins l’intersection, sans doute pour rejoindre le mari, déjà rendu de l’autre côté. En sens inverse, un motocycliste appuie violemment sur son klaxon tout en fonçant sur la mère et l’enfant, qu’il frôle intentionnellement, histoire sans doute de leur apprendre la vie dans la métropole. Lise et moi, on se regarde incrédules et un brin découragés.

C’est un acte individuel, bien sûr ; je me garderai donc de généraliser. Reste que cette scène décrit bien, à mes yeux, l’atmosphère viciée de Paris cette année. Il y a dans l’air, outre les particules fines qui piquent les yeux et font tousser, un fond d’agressivité qu’on sent un peu partout, particulièrement dans les rues.

Lorsqu’un feu passe au vert, par exemple, si le premier conducteur a le malheur d’être un peu distrait ou un peu lent, ne serait-ce qu’une seconde ou deux, il se fait inévitablement klaxonner. Ce qui frappe quand on marche dans Paris, outre le bruit irritant des motos, qui foncent comme des dingues à travers les autos, c’est ce concert incessant de coups de klaxon. Je ne suis pas sûr qu’Yves Montand chanterait encore : « J’aime marcher sur les grands boulevards. » Il y encore « tant de choses à voir », certes. Mais quand on est piéton, il faut faire gaffe au coin des rues, où les motards ne respectent pas notre priorité. Les automobilistes, eux, s’arrêtent, mais à condition que le feu soit rouge. Aux passages piétons, vaut mieux rester prudent.

Tout cela n’est pas entièrement nouveau, j’en conviens. Mais c’est pire cette année. Est-ce la faute des gilets jaunes, qui depuis six mois viennent mettre les nerfs des Parisiens à rude épreuve chaque samedi ? Est-ce le fait d’un climat social vicié ? Allez savoir ! Reste que pour nous la Ville Lumière ne brille pas fort cette année.

Il faut dire que le soleil ne brille pas fort non plus. Il pleut souvent depuis une bonne quinzaine. Et pour les huit prochains jours, on nous annonce six jours de pluie. La belle Chloé de France 2 a beau rester souriante en annonçant le mauvais temps, six jours, c’est de la pluie en titi. D’autant que les précipitations seront accompagnées d’un froid venu directement de la Scandinavie. On préfère leur social-démocratie à leur climat.

Heureusement que les activités restent nombreuses. On est à Paris après tout. Jeudi, nous sommes allés voir l’exposition consacrée à Toutânkhamon. Très belle, cette exposition. Dommage cependant qu’on permette à un million de personnes de pénétrer dans la Grande Halle de la Villette en même temps. D’autant qu’au moins 750 000 mille d’entre eux tiennent à photographier, de préférence de près, tous les objets exposés. En étirant le cou, j’ai réussi à en voir quelques-uns.

Lundi, nous irons admirer « La nuit étoilée » à l’Atelier des lumières. La foule devrait être un peu moins compacte pour Van Gogh que pour Toutânkhamon. En outre, les œuvres du peintre y seront projetées sur des murs immenses. Les zombies du « smartphone » devraient moins sévir.

Mercredi, nous irons entendre une de mes actrices favorites, Isabelle Carré, dans « Dégustation » au Théâtre de la Renaissance. Je suis déjà tout ému.

Et il y a évidemment le cinéma. Nous fréquentons moins les salles obscures qu’à Nice. Mais cette semaine, nous sommes allés voir, le jour même de sa sortie, « Nous finirons ensemble », la suite des « Petits mouchoirs ». Devant la queue impressionnante à l’entrée du cinéma, j’ai un peu regretté ma précipitation. Mais comme nous aimons nous asseoir très près de l’écran, il restait de la place. Et puis, nous avons entendu : « Je viens juste vous faire un petit coucou. » C’était Guillaume Canet en personne, venu saluer en coup de vent les premiers spectateurs. Devant cette salle pleine, le réalisateur était tout sourire. C’était bien sympa. J’ai juste regretté que Marion Cotillard ne soit pas à ses côtés.

La critique est plutôt partagée, certains jugeant ce long métrage trop petit-bourgeois, une tare dans la France des « jaloux jaunes », comme les appelle un ami humoriste. Les spectateurs, en revanche, semblent ravis de redécouvrir la bande d’amis huit ans plus tard. Nous avons également beaucoup aimé ce nouvel opus, qui mélange finement rires et émotions. Je vous en reparlerai sans doute davantage quand le film sortira au Québec.

Enfin, il y a nos merveilleux amis parisiens, qui font tout pour agrémenter notre séjour et qui nous ont même amenés cinq jours en Bretagne… où il a plu aussi. Mais la pluie sur la côte d’Émeraude, c’est quand même mieux que sur les pavés de la métropole. Et il y a eu de bien belles éclaircies.

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse.

Au loin, le château de La Latte en Bretagne.

 

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Commentaires sur: "Paris sans magie" (1)

  1. Y avoir été si souvent et longtemps, à Paris, c’est inévitable d’en découvrir des humeurs plus grises un jour ou l’autre.
    C’est de même, ici au Bas Saint-Laurent, où le printemps se laisse désirer. Même les oies et les bernaches sont en retard.

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