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Un mois au même endroit

La plage était difficilement accessible.

La plage était difficilement accessible.

En arrivant au Naples RV Resort, on ne craignait pas seulement que le lieu ne soit pas à la hauteur de nos attentes. On redoutait tout autant la durée du séjour. Durant les 18 mois où nous avons parcouru l’Amérique du Nord, nous ne sommes jamais restés un mois au même endroit. En fait, nous n’avons jamais dépassé 15 jours, et encore, ce fut exceptionnel. La plupart du temps, nous ne restions que quelques jours, voire un seul. C’est ce qui nous plaît le plus dans le caravaning : rouler et découvrir. Mais la Floride s’y prête mal.

naples - resortAlors, un mois dans un «resort», c’était tout un défi. Nous avons survécu. Certes, chaque fois que notre voisin immédiat s’est installé dans son abri-cuisine pour écouter du rap, à deux pas de nous, nous avons levé les yeux au ciel. Nous avons même songé à demander un autre emplacement. Mais, outre qu’ils n’étaient pas nombreux, nous n’étions pas certains d’améliorer notre sort. Notre voisin n’est pas le seul, en effet, à écouter sa musique sans écouteurs.

Cependant, nous avons trouvé notre rythme de croisière. Nous avons quelquefois quitté notre camping pour nous rendre au centre-ville de Naples, toujours agréable. Outre la 5e Avenue, que je vous ai vantée, nous avons découvert la 3e Rue, tout aussi cossue. De temps à autre, nous sommes allés faire des courses chez Monsieur Walmart ou chez Madame Costco, où il y avait toujours foule, même le lundi matin, et où certains clients conduisaient leur gros panier comme s’il s’agissait d’une formule Un. Je déteste ces lieux, mais je retrouve mon sourire à la caisse, dollar canadien oblige.

Notre camping après la pluie.

Notre camping après la pluie.

Nous ne sommes finalement pas allés nous prélasser à la plage une seule fois. Elle a beau être grande et belle, elle n’est pas conçue pour les VR. Il aurait fallu y aller en auto ou en vélo, mais nous n’avons ni l’un ni l’autre. Alors, nous aurions dû garer La grande bleue au centre-ville et descendre la 5e Avenue jusqu’à l’océan. Nous sommes allés la voir, sans plus. En outre, les températures ont baissé en janvier. Sans être carrément froides, elles n’étaient plus estivales. Les nuages ont été fréquents et il a plu, parfois violemment. Alors, il était moins tentant d’aller jouer les lézards sur le sable blanc.

Tous les mercredis, nous nous sommes rendus au marché public de Marco Island, où l’on trouve fruits, légumes, pains, noix et fruits de mer. C’est très sympa et la qualité est excellente. Mais ne vous attendez pas à faire des économies. Je me suis un peu énervé quand le vendeur m’a réclamé 16$ la livre pour ses crevettes locales et fraîches, me demandant s’il était allé les pêcher en apnée dans une mer infestée de requins. Mais vérification faite, le prix est semblable au Publix pour des crevettes décongelées dont on n’indique même pas la provenance.

Cela dit, je serais plus enclin à encourager la production locale, comme une affiche nous enjoint à le faire dans tous les étals du marché, si les producteurs locaux nous faisaient profiter, ne serait-ce qu’un peu, de l’absence d’intermédiaires. Quand je vois, par exemple, des pots de miel à 18$, une demi-douzaine de bagels à 7$, des pains à 6$, une chocolatine à 3$, je me dis qu’il y a un peu d’abus dans l’exagération.

Lorsque nous restions au Naples Resort, nous profitions de la piste cyclable pour aller courir ou marcher, nous nous rendions à la piscine quand le temps était favorable c’est-à-dire peu souvent, nous cuisinions beaucoup et nous lisions beaucoup. J’ai aussi écrit mes carnets et j’ai pris des notes en vue d’un roman.

Nous avons aussi regardé la deuxième saison de la série True Detective. Elle est moins réussie que la première, mais elle nous a fait passer quelques belles soirées.

naples - guériteNous aurions aimé explorer les environs à pied. Mais la chose s’est révélée difficile, voire impossible dans ce voisinage dont on dit qu’il cache une forte concentration de milliardaires. La plupart des lotissements de riches, en effet, sont fermés par des barrières, des murs, des grillages et des aménagements paysagers touffus. Il arrive même qu’ils soient protégés par un gros poste de gardiens de sécurité. Sur un panneau, on pouvait lire : «On vote républicains et on ne paie pas beaucoup d’impôts grâce à notre bon ami George W. Bush. Alors, on a les moyens de s’offrir ce qu’il y a de mieux en matière de sécurité. Gens de la plèbe, tenez-vous loin!» C’est une blague évidemment. Le message n’en est pas moins limpide.

C’est pourquoi on s’est d’abord contentés de marcher dans les quelques rues ouvertes séparant les lotissements. Mais nous avons fini par découvrir un quartier, le Ole, sans barrières. C’est sans doute parce que les maisons, en rangée pour la plupart, sont plus petites. Ça ne veut pas dire qu’elles soient données car elles sont bien coquettes. La promenade est d’autant plus agréable qu’il y a de beaux trottoirs en pavés. Elle nous mène à une place centrale où l’on trouve un café, un bistro, un cinoche, une piscine et un gymnase. Je me suis dit, c’est chouette, ils ont fait une belle place à la manière des Italiens. Mais erreur, grave erreur! Nous étions bien chez l’Oncle Sam. Toutes les commodités de ce joli centre sont réservées aux résidants et à leurs invités. Ces gens-là ont remplacé la ségrégation raciale par la ségrégation sociale. Pas moyen donc de prendre un cappuccino. Il a fallu rebrousser chemin.

Au début du séjour, on s’est sentis un peu isolés. J’ai souvent éprouvé cette impression en voyageant aux États-Unis, mais jamais en France. La barrière de la langue y est sans doute pour quelque chose. Mais elle n’explique pas tout. En Italie, où nous sommes allés treize fois, je n’ai jamais senti un tel isolement. Pourtant, mon anglais est meilleur que mon italien. Question d’affinités sans doute. Heureusement, nous avons connu un couple de Québécois très sympa, de sorte que nous avons fini par nous sentir moins seuls.

Le temps a bien passé, mais lentement et non parfois sans un certain ennui. Il faut dire que j’ai été malade ces derniers jours. Nouvelle infection urinaire, ma vieille prostate me joue des tours. Il va falloir s’en occuper au retour. Lundi, nous serons heureux de quitter le Naples RV Resort pour de nouvelles découvertes.

Lise vous fait ses amitiés. On se revoit samedi prochain.

Le Ole est un beau quartier, mais il n'est pas très convivial.

Le Ole est un beau quartier, mais il n’est pas très convivial.

P.-S. Vous pouvez laisser un commentaire ci-dessous ou m’écrire à paul.roux@live.ca. Je n’ai pas toujours le temps de répondre, mais je prends toujours le temps de vous lire.

 

 

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Commentaires sur: "Un mois au même endroit" (4)

  1. Un mois c’est long. Les premières années nous avons deux fois tenté la chose, puis avions quitté après trois semaines. Maintenant que nous avons arpenté quelques fois toute la zone libre de neige des ÉU, et que ses surprises se font plus rares, nous trouvons plus facile de rester sur place plus longtemps. Mais pas n’importe où. Et si ce n’était du mélange de neige et de glace et de pluie froide et de nuits longues qui composent nos hivers actuels, nous passerons moins de temps en expatriés. Viendra assez vite le temps où nous ne pourrons plus faire autrement.

    Par les deux dernières photos, je constate que les maisons de Ole se ressemblent beaucoup entre elles!

    😉

    • Les deux photos de la fin étaient une erreur, que Lise vient justement de me signaler et que j’ai corrigée. Mes amitiés à toi et à Marie-Paule.

  2. legrandnormand a dit:

    J’ai commencé à vous lire, disons j’ai lu le blogue de cette saison à ce jour.
    Votre blogue est très intéressant et vivant.
    Dans le passé, je trouvais aussi les séjours d’un mois assez longs, mais une fois qu’on participe aux différentes activités tels que les jeux de « shuffle board » ou même aux parties de golf organisées ainsi qu’aux soupers communautaires, les semaines passent et on manque presque de temps pour tout faire.

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