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Michael Moore dans une scène de «Fahrenhait 11/9».

J’ai tellement aimé Fahrenheit 11/9 que je vais certainement retourner le voir. Je m’attendais à une satire mordante sur Donald Trump, mais le documentaire de Michael Moore est beaucoup plus qu’un brûlot jouissif. Il est vrai que le Monstre Orange et ses républicains en prennent pour leur rhume, mais les démocrates reçoivent aussi une volée de bois vert. Même Barack Obama n’est pas épargné. Alors, imaginez Hillary et Bill Clinton.

Ce que nous montre le réalisateur dans ce documentaire, qui est une véritable leçon de politique, c’est que l’actuel président des États-Unis, loin d’être un accident de l’histoire, est au contraire l’aboutissement logique de la politique américaine. Il est juste pire que ses prédécesseurs, creusant davantage les inégalités sociales et tournant résolument le dos aux défis du changement climatique.

Les détracteurs de Moore estiment qu’il a tendance à « beurrer épais ». L’ennui, c’est que ses exagérations n’en sont pas. Le portrait implacable que trace le réalisateur de Bowling for Columbine et de SicKO de la politique et de la société américaines est malheureusement juste. Je sais qu’on a beaucoup tiqué en voyant la comparaison que fait Moore entre Trump et Hitler. C’est énorme, bien sûr. Mais quand on voit ce président colérique et narcissique s’attaquer constamment à la presse, critiquer la justice et agresser les Nations unies, tout en vantant les hommes forts comme Poutine, Jong-un, Duterte, Erdogan ou Jinping, on ne peut qu’être inquiet. D’autant que Trump n’a jamais caché que pour lui, le vrai pouvoir repose sur la peur. Ce qu’on découvre, c’est un politicien déjà puissant qui voit loin et cherche à accroître son pouvoir.

Les États-Unis ne vivent certes pas encore dans une démocrature comme la Russie ou la Turquie, mais leur démocratie paraît soudainement bien fragile. En ce moment d’ailleurs, elle ressemble davantage à une ploutocratie. Trump, c’est l’aboutissement ultime du pouvoir des riches.

C’est d’autant plus désolant que la grande majorité des Américains, comme le montre bien Moore, sont en fait des progressistes. Mais ils n’ont pas de pouvoir et sont mal représentés, la présidence, le Sénat et la Chambre des représentants étant entre les mains des conservateurs et des fortunés.

On ne s’ennuie jamais en voyant Fahrenheit 11/9 tant Moore a le sens du spectacle et de la narration. Son utilisation de la musique, en particulier, est géniale. Mais si on rit souvent, on rit jaune. En fait, on a souvent les larmes aux yeux tant les constats sont brutaux. Le réalisateur nous laisse cependant sur une note d’espoir. Il nous fallait peut-être un Trump, nous dit-il en substance, pour nous réveiller. À chacun de nous maintenant d’agir !

 

 

Commentaires sur: "Fahrenheit 11/9, du grand Moore !" (3)

  1. Il suffit d’additionner les points de sondage des libéraux et des caqistes ici au Québec pour se convaincre que ce réveil n’arrivera pas. Le capitalisme est une maladie terminale. As-tu jeté un coup d’œil au livre « Le capitalisme au 21e siècle » de Thomas Piketty? La démonstration est formelle.

    • Il est bien possible que le capitalisme soit une maladie incurable ; il n’y a pas que Piketty a le croire. Pour l’heure, je m’accroche à la réponse que Rushdie a récemment faite à un journaliste : «Difficile d’être optimiste alors que le monde est dans un si sale état. Mais je n’aime pas l’idée du désespoir, qui me paraît comme étant un luxe. Une des raisons pour lesquelles le livre se termine sur une note d’espoir, c’est qu’en dépit de toute cette merde, tout ce chaos, une part de nous est fondamentalement bonne. Et qu’il est possible, en fin de compte, que ce soit elle qui l’emporte.»

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