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Pourquoi je voterai vert

Je me suis parfois pincé le nez en allant voter. Mais cette fois, je ne le ferai pas. Par conviction, je voterai vert pour éviter d’avoir les bleus après les élections. Certes, choisir un Parti vert qui recueillera un ou deux pour cent des votes n’a rien de bien inspirant. Mais n’étant ni capitaliste, ni socialiste et encore moins communiste, n’étant pas non plus nationaliste et encore moins identitaire, l’étiquette qui me convient le mieux, c’est encore celle d’écolo. Autant l’assumer.

Contrairement à bien des francophones, je ne déteste pas le Parti libéral. Les Montréalais y sont bien représentés, tout comme les anglophones et les communautés culturelles. Et à tout prendre, j’aimerais mieux revoir les libéraux au pouvoir que la CAQ, qui nous ferait reculer de quelques décennies. C’est un parti qui, s’il est élu comme le laissent croire les sondages, aggravera la fracture entre Montréal et les régions. Un parti identitaire qui divisera les Québécois. Un parti qui investira dans les ponts et les routes plutôt que dans les transports en commun. Un parti conservateur à la sauce québécoise, pas du tout en phase avec les défis de notre temps.

Cela dit, je ne peux me résoudre à voter pour un PLQ qui a géré la province comme une grosse caisse populaire, sans proposer un véritable projet de société.

Je ne donnerai pas mon vote non plus au Parti québécois, ne serait-ce que parce que je ne suis plus indépendantiste depuis le premier référendum. Oui, je sais que Jean-François Lisée a promis qu’il n’y en aurait pas un troisième durant un premier mandat. Mais outre que je n’ai aucune confiance en un homme qui change d’idée plus vite que son ombre, je connais trop bien le passé pour savoir que les partis indépendantistes se remettent à parler de souveraineté dès que les élections sont passées.

Pour ma part, après deux référendums perdus, j’ai quitté un projet qui nous fait tourner en rond depuis une cinquante d’années et qui, déserté par les jeunes, n’a plus la moindre chance de succès. Je n’arrive plus à me passionner pour l’avenir constitutionnel du Québec à l’heure où la Terre est menacée par la sixième extinction de masse. Et puis, avec le temps, le PQ s’est mis à flirter avec des thèses identitaires qui ne m’inspirent rien de bon. On est bien loin de René Lévesque et de Gérald Godin.

J’aime bien, en revanche, Québec solidaire, un parti de convictions. D’autant qu’il présente un programme écologique solide et crédible. Mais son parti-pris souverainiste me refroidit, comme il éloigne sans doute nombre d’anglophones et d’allophones. De plus, comme je l’ai déjà écrit, je trouve les solidaires très généreux avec l’argent qu’ils n’ont pas. Faire payer les riches et récupérer l’argent des paradis fiscaux, ce sont de beaux principes, avec lesquels je suis d’accord. Mais ils sont peu réalistes dans le contexte nord-américain.

Je voterai donc pour le Parti vert. Bien sûr, il est si marginal qu’on ne l’a même pas invité au débat des chefs. Il ne formera pas le prochain gouvernement. Il n’obtiendra même pas un député. Alors, pourquoi le choisir ? Parce que son programme est axé sur le grand défi de notre époque, celui sans lequel tous les autres perdent leur sens : l’avenir de notre planète.

« Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique », vient de nous avertir le chef de l’ONU. Pas vingt, pas dix, pas cinq. Deux petites années ! « Si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous prévient Antonio Guterres, nous risquons de devoir composer avec des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Pour y parvenir, nous dit encore M. Guterres, il faudra arrêter la déforestation, restaurer les forêts détériorées et changer notre manière de cultiver. Nous devrons revoir notre manière de chauffer, de refroidir et d’éclairer nos bâtiments pour gaspiller moins d’énergie. Il faudrait aussi changer nos modes de transport pour polluer moins.

Or que nous proposent les trois principaux partis au Québec ? Une stratégie des petits pas, qui nous font plutôt « avancer en arrière », comme on dit chez nous. Nicolas Hulot l’a rappelé sèchement en démissionnant de son ministère de la Transition écologique en France.

Comme le déplorait M. Guterres, « nous avons les outils pour rendre nos actions efficaces, mais nous manquons, malgré l’accord de Paris sur le climat, de leadership et d’ambition pour faire ce que nous devons faire ».

Alors que la planète bleue a brûlé pendant tout l’été, nos partis provinciaux, l’automne venu, promettent, qui une limitation du prix du stationnement dans les hôpitaux, qui un service de repas à coût modique dans les écoles, qui un taux unique de taxe scolaire. Ces promesses électoralistes paraissent tellement au ras des pâquerettes.

 

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Commentaires sur: "Pourquoi je voterai vert" (1)

  1. Par contre en votant vert, la CAQ rentrera… ce sera pire pour la planète 🌏
    Je reste encore PLQ malgré tout…

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