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Je n’avais pas l’intention de parler du Pacte pour la transition, ne serait-ce que parce que tout le monde en a déjà parlé. Mais comme j’ai commencé à m’intéresser à l’environnement il y a une cinquantaine d’années déjà, j’éprouve finalement le besoin d’ajouter mon grain de sel, en espérant qu’il ne générera pas trop de CO2.

On se doute bien que je suis du côté de Dominic Champagne plutôt que de celui de Richard Martineau. S’il y a dans ce débat un donneur de leçons, ce n’est pas le premier. Je n’ai jamais eu l’impression que les artistes qui se sont engagés dans ce projet étaient les gourous d’un sectarisme vert. Je les ai plutôt vus comme des citoyens, imparfaits sans doute mais conscients de la gravité de la situation, qui ont voulu se servir de leur influence pour conscientiser leurs concitoyens ainsi que notre gouvernement.

Pour ce qui est des concitoyens, c’est un peu raté. Certes, quelque 200 000 signatures, ce n’est pas rien. Mais ce n’est pas beaucoup non plus. Ce serait sans doute plus facile de faire signer 200 000 personnes contre la hausse des prix de l’essence et du diésel. Pour ce qui est du gouvernement caquiste, je doute aussi du poids du Pacte sur ses décisions. Je veux bien donner la chance au coureur, mais ce parti-là vient de gagner ses élections haut la main sans dire un mot de l’environnement. De surcroît, ceux qui l’ont élu sont ceux-là mêmes qui vivent dans cet étalement urbain tant critiqué et qui rechignent à changer leur mode de vie.

Pour ma part, j’ai signé le Pacte le jour même de son lancement. Sans me faire trop d’illusions, bien entendu. Mais comme ma compagne et moi avons choisi d’aller au paradis des écolos, difficile de ne pas signer un manifeste en faveur d’une transition écologique. Nous avons laissé tomber l’automobile il y a plus de 25 ans, nous mangeons très peu de viande, nous recyclons tout ce qu’on peut, nous poussons même le zèle jusqu’à magasiner avec nos sacs réutilisables, nous allons porter nos sacs de compost à l’écoquartier et nous visons le zéro déchet. Notre grande faute (j’emploie le mot à dessein puisqu’on nous accuse d’être des curés), c’est de prendre l’avion une fois par année pour nous rendre en Europe.

Est-ce utile d’en faire autant ? Je n’en sais rien. Je ne me vois juste pas ne pas le faire. Je me verrais mal, en effet, exiger de nos gouvernements des mesures radicales en matière d’environnement tout en ne faisant rien de mon côté.

Est-ce grave, docteur ? Eh oui ! Inutile de se cacher la tête dans l’eau de nos piscines chauffées, l’être humain, c’est-à-dire nous, a déjà modifié irrémédiablement le climat. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nous exploitons les ressources de notre pauvre Terre à un rythme si effréné qu’il nous faudrait plus de trois planètes bleues pour combler nos besoins voraces et sans cesse croissants. Autant dire que l’endettement des ménages, comparé à celui de l’humanité, c’est de la petite bière.

Est-ce trop tard ? Apparemment non, s’il faut en croire le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Mais il y a péril en la demeure terrestre, car le GIEC nous donne jusqu’en 2030 pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C. Douze petites années pour empêcher que notre climat miséreux se dérègle pour de bon. Il faudra plus que quelques coups de râteau pour prévenir les incendies meurtriers en Californie.

Difficile d’être optimiste toutefois quand les États-Unis ont élu Donald Trump et le Brésil, Jair Bolsonaro, deux climatosceptiques ; quand chez nous, Justin Trudeau dit tellement s’intéresser à l’environnement qu’il achète un pipeline ; quand François Legault s’apprête à faire ériger un troisième pont à Québec et à faire construire de nouvelles routes ; quand le nombre de voitures, au demeurant de plus en plus grosses, continue à augmenter à Montréal et dans sa banlieue ; ou quand les Français semblent prêts à faire la révolution pour stopper l’augmentation des prix à la pompe.

Cependant, comme le répète le moine Matthieu Ricard, nous ne pouvons pas nous offrir le luxe du pessimisme. Alors, tant qu’il restera un espoir, fût-il minime, signons le Pacte, appliquons-le dans nos vies et exigeons de nos gouvernements des politiques draconiennes de transition, fussent-elles douloureuses.

 

Commentaires sur: "Être ou ne pas être (pour le Pacte) ?" (2)

  1. Jean-Guy Roy a dit:

    Merci, Paul, de si bien nous présenter quelques éléments essentiels qui pourraient permettre à celles et ceux qui nous suivront de profiter de la vie.

    • Merci, Jean-Guy. C’est très gentil de ta part. Je pense beaucoup, en effet, à celles et ceux qui nous suivront et à qui, comme toi, je souhaite une très belle vie, comme a pu l’être la nôtre. C’est sans doute l’âge.

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