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Archives de la catégorie ‘Vie quotidienne’

Scènes de la vie montréalaise (2)

– Au coin de René-Lévesque et de La Cathédrale, le feu passe au vert. Les yeux rivés sur son téléphone, une jeune femme, toute menue, s’engage en diagonale, traversant à pas de tortue les six voies du boulevard. Un mètre derrière, un gros autobus de la STM la suit lentement. Le chauffeur résiste à la tentation de klaxonner, vraisemblablement parce qu’elle est jolie. Sa dépendance au cellulaire aurait pu la conduire à l’hôpital ou au cimetière, mais sa beauté l’a sauvée.

 

– Je marche le long du canal de Lachine. Trois jeunes cyclistes viennent en direction inverse. Soudain, ils interrompent leur balade. Pourquoi ? Pour consulter tous trois leur cellulaire, voyons ! Les textos et les courriels ne pouvaient attendre une demi-heure de plus.

Scènes de la vie montréalaise (1)

– Par une chaude journée de juillet, deux jeunes femmes s’amènent dans la piscine sur le toit de l’immeuble. Malgré la chaleur, ce n’est pas pour nager. En fait, elles se mouillent à peine. C’est qu’elles ont chacune en main leur précieux cellulaire. Bien qu’elles soient ensemble, elles ne se parlent pas. L’une téléphone, l’autre envoie un texto. Quand je quitte la piscine, une vingtaine de minutes plus tard, elles n’ont toujours pas levé les yeux de leur téléphone, sauf un instant pour répondre à une connaissance qui passait.

 

– Dans la baignoire à remous, toujours sur le toit de l’immeuble, un jeune homme s’est installé bien confortablement pour faire ses appels professionnels. Il a étendu des papiers autour de la baignoire commune, comme s’il était seul dans son bureau. Il parle fort et accapare toute la place. D’habitude, j’évite ces baignoires bouillantes, pleines de bactéries dégueu. Mais là, c’est plus fort que moi : je vais m’y installer. Dès que j’arrive, je sens un peu de panique, mon voisin craignant sans doute que son beau téléphone et ses documents ne soient éclaboussés, et beaucoup d’irritation. Je réprime un sourire. Après quelques minutes, je le laisse à ses occupations.

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