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Les photos sont tirées du site web de Wimbledon.

Bien sûr, on est chanceux, comme l’a dit John McEnroe, d’avoir assisté à une des plus grandes finales de l’histoire du tennis. Mais quand on est, comme moi, un inconditionnel de Roger Federer depuis 20 ans, il est douloureux de voir ainsi s’envoler une de ses dernières chances, voire sa dernière, de remporter un titre du Grand Chelem. On a beau se dire que son héros n’a pas démérité, qu’il n’a perdu qu’au jeu décisif de la dernière manche, à Wimbledon contre le meilleur joueur de l’heure, c’est la tristesse qui domine. Pire, la déception. Pire encore la frustration. Car l’homme aux 20 Grands Chelems est venu si près de son 21e triomphe !

Il aurait suffi qu’il joue bien un seul des trois jeux décisifs. Lui qui n’en avait perdu que trois, je crois, depuis le début de l’année en a perdu autant dans la même journée. Lui qui est habituellement le maître de ces jeux a multiplié les mauvais choix et commis des fautes habituelles.

Malgré tout, il aurait pu gagner. À 8-7, 45-15 au service, il n’était plus qu’à un point de la victoire. Il aurait suffi d’un service gagnant et il aurait levé les bras pour la neuvième fois au All England Club. Mais il n’y a pas eu de service gagnant. La balle est revenue en jeu. Rodge a monté au filet sur une approche trop courte, qui plus est sur le coup droit de Novak, qui a réussi facilement le passing. L’autre point, j’étais si énervé, que je l’ai oublié. Deux coups plus tard, c’était de nouveau l’égalité, qui a perduré jusqu’à 12-12. On connaît la suite.

J’imagine que Federer ne trouvera pas non plus une grande consolation d’avoir perdu au terme d’une bataille d’anthologie. Après avoir été défait par Marin Safin à l’Open d’Australie en 2005, au terme d’une demi-finale où il avait obtenu également une balle de match, on lui avait demandé s’il était fier d’avoir disputé un classique du tennis. Le Suisse avait répondu qu’il aimait mieux gagner en trois petites manches, fussent-elles moches, que de perdre un duel, fût-il épique. Aujourd’hui, interviewé lors de la remise des trophées, il a lancé, avec une pointe d’humour noir, que cette finale « inoubliable », il allait s’efforcer de l’oublier.

« Comme lors de son homérique finale de 2008 contre Rafael Nadal, écrit L’Équipe, Roger Federer se retrouvait une nouvelle fois, dans ce chef-d’œuvre de 2019, du mauvais côté de l’histoire. »

Une finale sur Facebook

J’ai suivi cette finale un œil sur l’écran de télévision, un œil sur Court central, une page Facebook qui réunit depuis quelques années des mordus du tennis. On dit beaucoup de mal par les temps qui courent à propos des réseaux sociaux. Je dois admettre qu’une bonne partie de ces critiques sont justifiées. Il est vrai que ces réseaux sont souvent les hauts lieux des infox et des fausses nouvelles. Il est vrai également qu’ils sont inondés de commentaires mesquins, d’injures, d’insultes, de calomnies, d’invectives, de grossièretés ou de sottises. Et c’est sans compter les propos racistes ou xénophobes. À tel point que, pendant le pénible débat sur le projet de loi 21, je m’en suis tenu loin.

Mais Twitter et Facebook n’ont pas inventé la bêtise. Ils n’en sont que les haut-parleurs.

En revanche, les réseaux sociaux, comme ils l’ont été pour cette finale, peuvent être un lieu formidable de rencontres et d’échanges. Grâce à la formidable bande de Court central, je n’ai pas vécu ce match fin seul devant mon téléviseur. J’ai suivi cette rencontre riche en péripéties et en rebondissements, pendant cinq heures, en compagnie de passionnés du tennis. Leur présence m’a fait chaud au cœur, rendant cette finale moins crève-cœur.

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Commentaires sur: "Après la défaite de Federer" (3)

  1. Tristesse, déception, frustration certes mais pour ma part actuellement je suis dans une sorte d’état dépressif post-traumatique et ma femme commence à s’inquiéter…
    L’ascenseur émotionnel fut trop rude…
    A 8-7 40-15, je me suis dit qu’il n’allait pas nous refaire le coup des balles de match des 2 US Open consécutifs (2010-2011), que statistiquement ce n’était pas possible et que l’histoire serait bien trop cruelle (je me suis aussi dit qu’il ferait bien de tenter un service cuillère pour conjurer le sort). J’ai pensé que si ça se produisait je mettrais plusieurs semaines à m’en remettre, j’ai bien peur que ça soit le cas (avec les mêmes étapes qu’un deuil)…
    Je me sens stupide de prendre les choses tant à cœur et mes proches se disent que je suis quand même bien obsessionnel mais pour avoir parcouru les réseaux j’ai effectivement l’impression de ne pas être seul…
    Ce dont je suis sûr c’est que Roger va s’en remettre plus vite que moi… Comme toujours… Il est tellement cool

  2. M. Roux, je suivais assidûment vos articles du temps où vous étiez sur Lapresse et je suis heureux de connaitre l’adresse de vos carnets sur lesquels je viens de temps en temps.

    Comme vous, je suis un inconditionnel de Federer et, comme vous, j’ai ressenti la finale d’hier comme un véritable crève-cœur. Une fois de plus, il s’incline contre Djokovic en ayant eu des balles de match: ce genre de défaite ne déçoit pas, elle écœure (j’ai encore dans la gorge les demi-finales de l’US Open en 2010 et 2011).

    Finale d’anthologie? La belle affaire! Comme en 2008 et comme vous le soulignez, Roger se retrouve du mauvais côté du filet lorsque ladite finale prend fin. En vérité, cette onzième finale perdue vient s’ajouter à la liste des finales de Grand Chelem qu’il n’aurait jamais dû perdre, aux côtés des deux de 2009 ou des précédentes à Wimbledon (celle de 2014, tout du moins).

    Je garde néanmoins des raisons d’espérer: Federer a prouvé qu’il tenait encore les rallyes et que les longs matchs n’étaient pas un obstacle. Ensuite, son niveau de jeu reste excellent; je regrette simplement ses mauvais choix dans les moments clés.
    Nul doute que le Maître saura digérer cette défaite mieux que nous, il a prouvé qu’il savait rebondir mieux que quiconque. Je refuse donc de croire qu’il s’agissait là de sa dernière opportunité en Grand Chelem: il y en aura d’autres, notamment à l’US Open où j’ai des espoirs pour lui! Là-bas, au moins, la surface peut être considérée comme rapide, à la différence de cette « terre battue verte » qu’est désormais le gazon anglais.

    Sur une autre note, je serais également content si les « jeunes » parvenaient enfin à percer ou si Wawrinka revenait à son meilleur niveau, pour varier un peu les vainqueurs: autant Federer je ne m’en lasse pas, autant Nadal et Djoko j’en ai ma claque!

    Au plaisir de vous relire.

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