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Dans mon carnet sur mes premiers pas dans Netflix, j’ai oublié de parler du film « Roma », que j’ai enfin pu voir. On se rappellera que le film d’Alfonso Cuaròn ne peut plus être visionné que sur la plate-forme américaine. Il a bien eu droit à quelques projections en salle, fort discrètes, à sa sortie, mais c’était juste pour le rendre admissible aux Oscars. Désormais, il est condamné au petit écran.

J’ai évidemment quelques réticences vis-à-vis de ces longs métrages qui ne sont pas de vrais téléfilms et qui paraissent à l’étroit à la télé. C’est le cas, notamment, d’un film comme « Roma », qui n’est même pas tourné en format 16/9 (aussi est-il accompagné d’une agaçante bande noire en haut et en bas de l’écran). Le format est d’autant plus gênant que le réalisateur a choisi de tenir, la plupart du temps, la caméra loin de l’action, de sorte qu’il est difficile de remarquer les nombreux détails réunis dans les lents travellings et les longs plans-séquences.

Bien qu’on ait beaucoup crié au chef-d’œuvre, je n’avais pas vraiment d’attentes. Je me méfie un peu de pareille unanimité dans l’éloge. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il y a eu un effet « moutons de Panurge ». Mais un effet d’entraînement a rendu difficile de critiquer cet opus. Quand on lit « l’œuvre magistrale d’un géant du cinéma contemporain », rien de moins, il est difficile d’ajouter « mais ». Pourtant ce « Roma » mérite quelques réserves.

Pendant toute la première partie, j’ai admiré plus qu’aimé. Admiré l’usage fin du noir et blanc ou de la lumière, admiré les mouvements de caméra subtils. Mais sans m’enthousiasmer pour ce bel objet un peu froid, voire par moments un peu ennuyeux. Ce n’est que dans la seconde partie que j’ai fini par être touché par les personnages. La grande scène de l’accouchement, en particulier, est un grand moment de cinéma, il faut le reconnaître.

Mais au final, j’ai vu dans le soi-disant chef-d’œuvre de Cuaròn bien plus de virtuosité que d’intensité ou d’émotion. « À la fois impressionnant et refroidissant de perfection glacée », a écrit le critique de Bande à part. Je ne saurais trouver de mots plus justes.

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