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Irrésistible Colette !

 

 

Keira Knightley pendant le tournage de « Colette ».

Je n’ai pu résister à l’envie d’aller voir la version américano-britannique de « Colette ». C’est que j’adore cette écrivaine française, assurément ma préférée. Certes, j’étais loin d’être sûr d’aimer cette production. Mais la grande Colette vaut bien quelques risques.

Il m’a fallu quelques minutes pour accepter d’entendre l’auteure des « Claudine » s’exprimer dans la langue de la reine Elisabeth. Mais les traits ravissants de Keira Knightley ont rapidement dissipé ma gêne, d’autant que l’actrice britannique a aussi une jolie voix. Elle se glisse avec maestria dans le rôle de cette femme brillante qui avait beaucoup de charme.

La vraie Colette en spectacle.

Comme dans la plupart des biopics, les scénaristes ont pris des libertés avec la réalité, forçant çà et là le trait et inventant des scènes qui ne se sont vraisemblablement pas produites. Mais le fond, il me semble, reste pour l’essentiel juste. Willy, le premier mari de Colette, était bien ce libertin qui exploitait le talent de sa jeune épouse en signant ses romans de son seul nom. À lui le succès, la gloire et l’argent.

Le film raconte habilement comment l’écrivaine a fini par conquérir sa liberté. Un an après #metoo, c’est évidemment une histoire qui tombe à point nommé, Colette étant une pionnière de l’émancipation des femmes.

L’écrivaine était aussi bisexuelle, autre élément bien dans l’air du temps. Les scénaristes n’ont pas manqué d’exploiter cette facette sulfureuse, notamment pour l’époque, de la personnalité de Colette, au point d’en oublier qu’elle a eu pas moins de deux autres maris après Willy. Mais je veux bien leur pardonner, car le film de Wash Westmoreland se laisse voir très agréablement. Il n’atteint sans doute jamais la hauteur des œuvres de Colette, mais tout le monde n’est pas un génie.

Mon seul regret, en fait, c’est que le film ne montre pas à quel point l’œuvre de Colette a été et reste majeure. Cette campagnarde peu instruite a inventé en quelque sorte l’autofiction, un procédé aujourd’hui très répandu où un auteur fait le récit d’événements de sa vie sous une forme plus ou moins romancée. C’était au tournant du siècle dernier, des décennies avant que ce néologisme ne soit lancé. Il faut ajouter, bien sûr, que le style de l’auteure est d’une rare beauté. Peu d’écrivains ont aussi bien manié la langue française.

Dans sa liste des 100 meilleurs romans, Frédéric Beigbeder cite deux œuvres de Colette : « Le blé en herbe » et « Chéri ». Pour ma part, j’aime bien aussi tous les « Claudine », auquel il faut ajouter « La retraite sentimentale » qui clôt superbement ce cycle.

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