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Critiqué de toutes parts, Facebook met en place des outils pour éviter certains dérapages sur son site. Malheureusement, le réseau confie cette tâche à des algorithmes. On a beau vanter l’intelligence artificielle, elle reste bien peu intelligente en matière de discernement, comme le montre la censure d’une publicité du Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Dans La Presse, Éric Clément raconte que la peinture cubiste Femmes à la toilette, utilisée par le Musée pour promouvoir l’exposition de Pablo Picasso, a été retirée par Facebook, qui la jugeait indécente. Horreur ! elle montrait deux femmes nues.

Le Musée change donc la publicité « en prenant l’image de la peinture de Picasso Nature morte au guéridon ». Mais après quelques jours, explique Clément, « elle a aussi été refusée, car les algorithmes y avaient vu un sein ».

Troisième essai (heureusement qu’on n’est pas au football canadien), le Musée choisit une vue de l’exposition. Mais là encore, l’algorithme de Facebook repère un sein, ce qui m’inspire deux réflexions. Primo, le réseau de Zuckerberg est pas mal plus rapide pour repérer un bout de mamelon, fût-il hautement stylisé, qu’une intervention russe dans les élections américaines ou une incitation à la violence des militants d’extrême droite. Secundo, la censure nord-américaine est obsédée par les seins. Ça me rappelle cette fois où nous n’avions pas pu amener notre neveu de 14 ans voir un film sur la vie d’un peintre. L’œuvre n’était pas du tout porno, mais on pouvait voir quelques bouts de sein. En revanche, nous aurions pu l’amener, dans la salle d’à côté, voir un film particulièrement violent.

La Presse a obtenu un extrait du courriel que Facebook a fait parvenir au Musée. On y apprend que l’œuvre a été rejetée, car elle fait « la promotion de la vente et de l’utilisation de produits et de services réservés aux adultes tels que les produits d’amélioration sexuelle, les techniques de séduction, les clubs pour adultes, les spectacles pour adultes et les jouets pour adultes ».

Je ne suis pas étonné par la teneur de ce message fourre-tout, car j’en ai reçu un semblable quand une promotion de ma page Facebook a été refusée, sous prétexte que j’employais des mots grossiers. Comme je l’ai raconté récemment, le seul gros mot que j’utilisais, c’était « maudite galette », titre d’une œuvre de Denis Arcand.

En désespoir de cause, le Musée est entré en contact avec une représentante torontoise de Facebook, qui lui a finalement donné raison. Mais tout le monde n’a pas les moyens de notre grand musée pour se faire entendre par le réseau des réseaux.

Que Facebook intervienne pour assainir son site, on ne peut qu’applaudir ; il en a bien besoin. Mais tant que ses algorithmes ne seront pas plus raffinés, je crains que les résultats soient bien décevants et que les victimes collatérales soient nombreuses.

 

 

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