Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Dans «Le sens de la fête», le jeu des acteurs est absolument remarquable, de Jean-Pierre Bacri (ci-dessous), vedette de cette œuvre chorale, au moindre petit rôle.

Je viens de voir coup sur coup deux films français, l’un excellent, l’autre, disons… moins bon. Commençons par le premier, Le sens de la fête. C’est le genre de comédie intelligente que j’aimerais voir plus souvent. Il y a longtemps que je n’avais pas ri d’aussi bon cœur au cinéma. Le film a été réalisé par un tandem composé d’Éric Toledano et d’Olivier Nakache, à qui on doit déjà Intouchables, qui était déjà pas mal lui aussi. Mais leur dernier opus, c’est mieux encore.

Tout dans cette comédie est réussi, à commencer par le jeu des acteurs, absolument remarquable, de Jean-Pierre Bacri, qui tient la vedette de cette œuvre chorale, au moindre petit rôle. Il faut dire que Toledano et Nakache, qui sont aussi scénaristes, ont travaillé avec soin chacun des personnages. Ces deux-là arrivent à faire de la critique sociale, mais sans méchanceté et en faisant rire. C’est un talent rare.

Au revoir là-haut, en revanche, me paraît nettement moins fort. Vous me direz que les spectateurs aiment beaucoup ce film, tant au Québec qu’en France. Tant mieux ! Mais je n’arrive pas à partager leur enthousiasme. Je dois dire que j’ai adoré le roman de Pierre Lemaitre, à qui j’ai fait une place dans ma liste des dix meilleurs romans.  Le film qu’en a tiré Albert Dupontel n’est pas mauvais certes, mais je ne pourrais dire qu’il soit est jouissif, jubilatoire, épatant, savoureux, insolite, saisissant, magnifique, éclairant, picaresque, mordant, émouvant, comme j’avais dit du roman.

Visuellement, Au revoir là-haut est très réussi, je dois le dire. Musicalement aussi. Dupontel a su de plus trouver des comédiens qui incarnent bien les personnages du livre, y compris lui-même dans le rôle d’Albert Maillard. Mais quelque chose cloche. La profondeur des personnages, je crois. Ou plutôt leur absence de profondeur. Le film contient tous les grands éléments du livre, mais il n’en reste qu’un squelette. Un joli squelette, mais auquel il manque des rondeurs.

Et puis, pourquoi avoir changé la fin, qui était magistrale, pour la transformer en une bluette larmoyante ? Pourquoi avoir opté pour une réconciliation qui dénature l’esprit du roman ? Cette finale pourrait avoir été concoctée par des producteurs hollywoodiens. D’habitude, le cinéma français se montre plus audacieux. Décevant !

Albert Dupontel (à gauche) a su trouver des comédiens qui incarnent bien les personnages du livre, y compris lui-même dans le rôle d’Albert Maillard.

Publicités

Commentaires sur: "Deux films français : un bon et un moins bon" (2)

  1. Picaresque, bluette… Je te lis avec mon dictionnaire ce matin. C’est très bien !

    Merci pour tes critiques de film. J’aime bien. Elles s’apparentent à celles de Michel Coulombe de Radio-Canada que j’écoute avec beaucoup d’intérêt.

  2. Mon premier film de 2018 est ce délicieux « call me by your name »… un peu long et gauche, mais probablement volontaire.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :