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Céline Sallette, impeccable dans son rôle de «killeuse» dans le film «Crise R. H.».

« Les personnages sont fictifs, les méthodes de management sont réelles », nous avertit-on dès le début de Crise R. H. Les méthodes utilisées au siège parisien d’une multinationale consistent à pousser des employés à démissionner. Ce qui présente l’avantage de réduire le personnel, mais à faible coup, l’entreprise n’ayant pas à payer les indemnités de licenciement, particulièrement lourdes en France.

Pour parvenir à « dégraisser » ainsi le personnel, les Ressources humaines recrutent ce qu’on appelle dans le métier une « killeuse», une experte du « management par la terreur ». Elle s’appelle Émilie Tesson-Hansen. Derrière ses beaux yeux gris, se cache une femme froide et implacable, capable de pousser à la démission les éléments jugés indésirables.

Mais l’un d’eux se montre particulièrement récalcitrant. Tant et si bien que l’affaire tourne mal, qu’une enquête est ouverte par l’inspection du travail et qu’un scandale menace d’éclabousser l’entreprise. Inquiète, la hiérarchie risque de se retourner contre son exécutrice des basses œuvres. Mais la « killeuse » n’est pas du genre à se laisser tuer, d’où une kyrielle de rebondissements.

C’est bien tourné et bien joué, notamment par Céline Sallette, impeccable dans son rôle de requin. Comme l’écrit 20 Minutes, c’est plus terrifiant que bien des films d’horreur. Certains ont cependant jugé Crise R. H. peu vraisemblable, plutôt caricatural et un brin manichéen, reprochant à Nicolas Silhol d’avoir voulu faire du cinéma-choc au détriment d’une réalité, qui serait plus nuancée.

Je crois que ces critiques ne sont malheureusement pas fondées. Un dossier récent et très fouillé d’Envoyé spécial montrait plutôt que de grandes sociétés françaises excellent à réduire leur personnel sans licencier. Outre la méthode décrite dans ce long métrage, les entreprises montent systématiquement des dossiers disciplinaires pour congédier des employées sans avoir à débourser d’indemnités de licenciement. C’est proprement scandaleux !

Crise R. H. s’inscrit brillamment dans une longue tradition de films qui, des Temps modernes à La loi du marché en passant par Wall Street et In the Air, dénonce la déshumanisation du marché du travail et de la finance.

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