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Mon cardiologue et le stress

Je n’aime pas aller chez le médecin. Mais je fais une exception pour mon cardiologue. C’est toujours un plaisir d’aller le rencontrer une fois l’an depuis maintenant sept ans. Pourtant, on ne peut dire que le centre ambulatoire de cardiologie du CHUM soit un endroit particulièrement agréable. Le lieu lui-même est aussi laid qu’inconfortable. Quant à l’accueil que nous font les réceptionnistes, on ne saurait toujours le qualifier d’hospitalier. Une fois, l’une d’elles m’a même engueulé parce que je n’avais pas apporté la lettre confirmant mon rendez-vous. Pourtant, toutes les informations pertinentes étaient dans l’ordinateur juste devant elle. Enfin…

Mais le Dr Raymond, lui, m’accueille toujours avec le sourire, que je sois son premier ou son dernier patient. On prend d’abord quelques minutes pour parler de tennis, une passion commune. Mon médecin n’est pas un tenant du « lean management », une théorie de gestion de la production axée sur l’élimination du gaspillage. C’est ce qu’on appelle parfois au Québec la méthode Toyota.

Pour la production d’automobiles, c’est peut-être bien. Mais dans les hôpitaux, c’est désastreux, car réduire le gaspillage, c’est y réduire le temps consacré au patient. Le Dr Raymond, heureusement, ne le fait pas. Au contraire, il prend le temps d’expliquer au patient les tenants et aboutissements de sa situation. Et chose rare, il s’intéresse à mon avis. C’est ainsi que d’année en année, il retarde, à mon grand plaisir, la prise d’un anticoagulant, la jugeant, pour l’instant du moins, prématurée.

C’est que je vais bien, mieux même qu’il y a quelques années. Mon arythmie, au lieu de s’aggraver avec l’âge, a disparu. À tel point que mon cardiologue m’a demandé si quelque chose avait changé dans ma vie. « Je suis peut-être moins stressé maintenant que je suis à la retraite », ai-je suggéré. Lui aurait plutôt tendance à croire que les retraités reportent leur anxiété sur autre chose. Si le travail ne les inquiète plus, ils se mettent, par exemple, à se préoccuper de leurs finances, de leur santé, de la mort qui finira bien par arriver, de leurs enfants ou de leurs petits-enfants. C’est une théorie digne d’intérêt.

Cette semaine, j’ai justement participé à ma première réunion des retraités de La Presse, des années après avoir quitté la rédaction. Certains de mes anciens collègues m’ont paru aussi inquiets que lorsqu’ils étaient au travail, ce qui tend à conforter l’opinion de mon cardiologue. Mais plusieurs, la majorité je dirais, ont l’air de retraités bien dans leur peau et enchantés de leur situation. C’est aussi mon cas.

Je suis ressorti du vieil Hôtel-Dieu rassuré sur mon état et heureux d’être en aussi bonne forme à 72 ans. Tout en contraste avec l’humeur que j’ai en sortant de ma visite annuelle chez le médecin de famille, où j’ai toujours l’impression d’être un malade en devenir.

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