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Au début de An Inconvenient Sequel : Truth to Power, le nouvel opus d’Al Gore sur les changements climatiques, on entend des commentateurs américains ridiculisant son documentaire oscarisé de 2006. Et pourtant, c’est l’ex-vice-président américain qui avait raison. Comme le souligne Nathalie Collard, dans une excellente interview parue dans La Presse, « l’eau a bel et bien monté à Manhattan, jusqu’à inonder le site du Mémorial du 11-Septembre », des « poissons ont nagé dans les rues de Miami après une inondation » et d’énormes « morceaux d’iceberg se sont détachés des glaciers dans le Grand Nord ». Gore aurait pu lancer : « Je vous l’avais bien dit ! » Il se contente d’un sobre « j’aurais aimé avoir tort ».

Onze ans plus tard, il revient à la charge, avec la complicité de Bonni Cohen et de Jon Shenk, en rappelant que les catastrophes liées aux changements climatiques « ont gagné en intensité et en fréquence ». Mais son documentaire, tout en étant alarmant, n’est pas pour autant alarmiste. C’est que An Inconvenient Sequel met beaucoup l’accent sur les solutions apparues au cours de la dernière décennie, notamment la baisse spectaculaire du coût de l’électricité engendrée par l’énergie solaire, désormais moins chère que celle produite à partir des énergies fossiles.

Autre motif d’espoir dans ce film, le grand accord de Paris sur le climat, auquel Al Gore a participé activement. Optimisme refroidi, bien entendu, par la décision du président Trump de se retirer de ce pacte mondial. Vers la fin du documentaire, on voit l’ex-vice-président s’engager dans la Trump Tower, pour en ressortir, de son propre aveu, sans être parvenu à convaincre le climatosceptique en chef.

Al Gore reconnaît volontiers que les décisions de Donald Trump, de même que son entourage de milliardaires issus du milieu des énergies fossiles, sont « sources d’inquiétude ». Mais dans un discours passionné, qui n’est pas sans rappeler ceux de Martin Luther King, il se dit convaincu que la grande cause du climat va finir par triompher. Et peut-être plus rapidement qu’on le croit. Je suis sans doute moins optimiste que lui, mais je nous souhaite qu’il ait raison !

Soit dit en passant, je ne suis pas du tout d’accord avec Marc-André Lussier, qui a vu dans An Inconvenient Sequel « des allures d’autopromotion ». Certes, on voit beaucoup Gore et on entend souvent parler de sa fondation dans ce documentaire. Mais je n’ai rien trouvé là de choquant. L’ex-vice-président a fait des changements climatiques le grand combat de sa vie, un combat qu’il mène avec talent, dynamisme, sincérité et passion après avoir perdu la présidence par quelques milliers de votes contre un certain George W. Bush, de triste mémoire. C’est tout à son honneur !

N.B. – Le documentaire n’est présenté qu’en version anglaise, sans sous-titres. C’est dommage, bien sûr. Cela dit, Gore parle lentement et clairement, de sorte que ses propos ne sont pas difficiles à comprendre.

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Commentaires sur: "Al Gore : « J’aurais aimé avoir tort ! »" (4)

  1. Article très intéressant, Paul.
    Ceci dit, je soupçonne que beaucoup de chrétiens se disent que la bible nous donne l’ordre de prospérer, donc de nous occuper de l’économie, et ailleurs de faire confiance que Dieu voit au reste, car les oiseaux ne cueillent ni ne sèment. Pour eux il n’est même pas intéressant de savoir s’il y a réchauffement ou non car la question est sans importance.
    C’est beau la foi !

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