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Le film de Christopher Nolan raconte un épisode important mais méconnu de la Seconde Guerre mondiale. Au printemps 1940, après la capitulation de la Belgique et l’écroulement de la ligne Maginot, 400 000 soldats alliés sont pris au piège près de Dunkerque, dans le nord de la France. Leur seul espoir, gagner la Grande-Bretagne par la mer. Le commandement anglais n’est pas très optimiste. Mais l’évacuation est un grand succès : contre toute attente, 338 000 hommes, dix fois plus qu’espéré, parviendront à s’embarquer, sous les bombes allemandes.

C’est le miracle de Dunkerque, comme l’appelle le Paris Match. Il est dû, bien entendu, au courage et à la débrouillardise des Britanniques, qui sont parvenus à réunir 750 bateaux, des yachts de luxe aux petits voiliers, pour aller chercher les soldats entassés sur la rive française de la Manche. Mais cette « débâcle victorieuse » n’aurait pas été possible sans le courage des Français, qui se sont vaillamment battus pour protéger l’évacuation de leurs alliés. Le prix de leur fait d’armes a été lourd : 18 000 morts et  34 000 soldats faits prisonniers à Dunkerque.

De cet héroïsme, pas une image, pas même un petit mot dans Dunkerque. Tout au plus mentionne-t-on que les Français résistent aux Allemands pendant que les Britanniques embarquent les leurs en premiers. Comme hommage, on a vu mieux.

Remarquez, Dunkerque n’est pas le premier film historique d’Hollywood à triturer l’histoire et à faire preuve d’injustice. Argo allait plus loin encore dans l’indécence. Ce film de Ben Affleck, on s’en souviendra, raconte comment le 4 novembre 1979, des militants islamistes envahissent l’ambassade américaine de Téhéran, prenant 52 Américains en otage. Six parviennent à s’échapper. Deux diplomates canadiens les cachent. Reste à les faire sortir du pays. Le scénario du film décrit un plan risqué qui serait sorti tout droit du cerveau d’un spécialiste de la CIA, Tony Mendez. L’ennui, c’est que ledit Mendez n’a passé qu’un jour et demi à Téhéran alors que l’ambassadeur canadien Ken Taylor a orchestré la fuite pendant trois mois. Mais dans ce film made in USA, notre ambassadeur ne fait qu’ouvrir et fermer des portes, tout le mérite de l’évasion revenant à la CIA.

Je veux bien croire qu’un film, fût-il historique, a droit à quelques licences. Un long métrage n’est pas un traité d’histoire. Mais tout de même ! À partir du moment où l’on affirme qu’une œuvre s’inspire de faits réels, il faut que ces faits soient véridiques et honnêtes. Autrement, qu’on ne s’étonne pas que les fausses nouvelles se multiplient et que les gens n’attachent plus d’importance à la vérité !

Cela dit, Dunkerque, il faut le reconnaître, est un excellent film. Comme la plupart des spectateurs, j’ai été happé par cette épopée dès les premières secondes et je suis resté sur le qui-vive jusqu’à la fin. Le film, souligne avec raison Le Figaro, a été tourné dans un grand souci d’authenticité. « Le spectateur, écrit-on, sort de la salle avec une question en tête: comment ont-ils pu tourner un tel film ? » Avec beaucoup de talent sans doute, mais surtout, beaucoup de travail. Toutes les scènes, en effet, paraissent vraisemblables. On y l’impression d’être soi-même à Dunkerque, sous le feu de l’Allemagne nazie.

C’est pourquoi, comment l’a suggéré Marc-André Lussier dans La Presse, il faut voir ce film en 70 mm. Pour la force des images, bien sûr, mais aussi pour la qualité remarquable du son. Frissons garantis !

 

N.B. – À Montréal, la version française est présentée au Imax du cinéma Guzzo, au Marché Central, et la version anglaise au Imax ou sur un écran 70 mm du cinéma de la Banque Scotia, au centre-ville.

 

 

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