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Tom Hanks et Emme Watson dans Le cercle.

Le cercle (***)

Deux superstars, un sujet au goût du jour, un gros budget. Le cercle devait être un gros succès. C’est plutôt une grosse déception pour beaucoup. Seize pour cent seulement de critiques favorables au Tomatometer, c’est un score totalement imprévu pour un film qui réunit Tom Hanks et Emma Watson. Les spectateurs américains sont à peine plus indulgents : 25 % d’opinions favorables. À Montréal, le public se montre moins féroce. Mais la note générale plafonne à 5,7, pas même suffisante pour obtenir la note de passage avec le logiciel du ministère de l’Éducation. Un commentaire résume bien un certain consensus : « Le film avait un bon potentiel, mais il n’a pas été exploité. Il est trop superficiel pour lancer une véritable réflexion sur les dangers des réseaux sociaux. »

Rappelons, sans en dire trop, que Le cercle raconte l’arrivée d’une jeune femme dans un empire qui constitue une sorte d’alliage de Facebook, Google et Apple. Elle est d’abord fascinée par la beauté des lieux et séduite par les objectifs apparemment altruistes de l’entreprise, avant de déchanter, car derrière ces innovations technologiques merveilleuses se cache un envahissement totalitaire de la vie privée.

Pour ma part, j’estime ce jugement trop sévère. Je suis plutôt d’accord avec Nathalie Collard qui, dans La Presse, décrivait « Le cercle comme un film intéressant sans pour autant être un grand film ». En revanche, je ne partage pas son opinion voulant que « les bons et les méchants (soient) un peu trop caricaturaux pour être crédibles ». À mon avis, ce qui fait l’originalité du scénario du Cercle, c’est justement qu’il n’y ait que des bons.

L’entreprise décrite dans cette œuvre appartient en effet à ce que l’essayiste français Philippe Muray appelait déjà en 1991 l’Empire du Bien, une sorte de jardin d’Eden d’où le mal est éradiqué ou en passe de l’être. Les dirigeants du Cercle ne cherchent que le bien de l’humanité en lui promettant « le droit fondamental à la connaissance », le bien-être, la santé, voire à terme l’immortalité. Le sous-titre du film est d’ailleurs évocateur : « le pouvoir de tout changer ». Pour le mieux, bien sûr. Mais dans ce paradis « high tech », la transparence absolue anéantit toute intimité, le groupe détruit l’individu, le travail bouffe les loisirs et l’esprit critique disparaît.

Muray ne voyait « pas la plus minime lueur d’espoir » dans cet Empire. Le dénouement du Cercle, en revanche, est ambigu. Ni optimiste, ni franchement pessimiste. C’est sans doute ce qui explique qu’il ait laissé beaucoup de spectateurs sur leur faim. Mais peut-être valait-il mieux que la fin reste ouverte.

L’EMPIRE DU BIEN, de Philippe Muray, Les Belles Lettres, 1991.

Raid Dingue (***)

Pas la comédie du siècle, ni même de l’année, mais on se bidonne souvent. C’est dommage que la bande-annonce ait révélé tant de gags ; on aurait ri encore davantage. Mais on se marre quand même, ce qui, dans ces années Trump, fait toujours grand bien. La comédienne Alice Pol, une sorte de Pierre Richard avec une queue de cheval, est excellente.

Dalida (***)

Sveva Alviti, ex-joueuse de tennis et ex-mannequin, fait une magnifique Dalida.

Voilà un film que beaucoup de spectateurs adorent, mais les critiques sont dans l’ensemble plus partagés. C’est dans l’ordre des choses. Le succès de ce biopic tient en bonne partie à ce que Dalida, trente ans après sa disparition, continue à fasciner. Sa carrière est brillante et sa vie est un véritable roman, un roman tragique, il va sans dire.

Liza Azuelos en a tiré un bon film. Au lieu d’opter pour une chronologie linéaire, elle a enchevêtré les époques, ce qui, au début du moins, crée une certaine confusion. Il m’a fallu un certain temps avant de me laisser toucher par l’émotion, mais une fois embarqué, j’ai bien aimé ce voyage dans la vie tourmentée d’une immense vedette.

La comédienne Sveva Alviti, ex-joueuse de tennis et ex-mannequin, fait une magnifique Dalida. On croit de bout en bout à son personnage. Il faut dire que la ressemblance, accentuée par le maquillage, est frappante.

Soit dit en passant, si le répertoire de la chanteuse vous intéresse, je vous suggère Dalida pour vous au Québec. On y trouve vingt de ses plus grands et plus beaux succès.

(*) Pas du tout. (**) Un peu. (***) Bien. (****) Beaucoup. (*****) Passionnément.

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