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Le prix du paradis

Si vous vous promenez parfois au Vieux-Port de Montréal, vous aurez remarqué sans doute un bateau un peu étrange, qui ne bouge jamais. Sur ses ponts, on peut voir, notamment l’hiver, une vapeur qui s’échappe de ses grands bains à remous. Dans son intérieur chic et luxueux, on peut recevoir des massages, des soins pour le visage ou pour le corps, paresser dans le hammam ou les saunas, barboter dans ses grands bains à remous. C’est le Bota Bota, le spa sur l’eau.

Bien qu’il soit amarré à notre Vieux-Port depuis quelques années déjà, Lise et moi n’y étions encore jamais allés. Pourtant, nous aimons beaucoup ces centres de détente où l’on passe des heures à se laisser dorloter. Il faut dire que nous avons beaucoup voyagé depuis. Mais c’est aussi parce que nos revenus de retraite augmentent moins vite, disons, que la rémunération des chefs de la direction de Bombardier.

Pour ses 70 ans, Lise avait reçu de ses fils et de ses belles-filles un beau cadeau, qu’elle a eu la gentillesse de partager avec moi. C’est ainsi que nous sommes entrés pour la première fois dans ce mystérieux Bota Bota. C’était un mardi matin. Nous nous attendions à ce qu’il n’y ait à peu près personne. Erreur ! Il n’y avait peut-être pas foule, mais nous étions loin d’être seuls. Les clients étaient jeunes pour la plupart, comme l’est la population du Vieux-Montréal et plus encore, celle de Griffintown. Nous commençons à être habitués à être les papis et mamies partout où nous allons. Ce n’est d’ailleurs pas désagréable.

Bien sûr, il est difficile d’établir la classe sociale des gens en peignoir que nous avons croisés. Mais à en juger par les coiffures, la finesse de la peau, une certaine aisance, une certaine assurance, joints au coût des lieux, on peut affirmer, sans trop se tromper, que les clients du Bota Bota ne viennent pas des bas-fonds.

Nous avions opté pour le forfait Calypso, qui comprend un massage de 60 minutes, l’accès illimité aux saunas, au hammam et aux bains, une assiette de dégustation et un verre de vin. Le massage, très bien. L’assiette, délicieuse. Pas très copieuse sans doute, mais largement suffisante après un massage. Le verre de vin, pas un grand cru, mais après 60 minutes de pétrissages à la suédoise, tout a bon goût.

Ce que j’ai préféré ? Difficile à dire, car tout était bien. Mais je garde un souvenir particulièrement agréable des moments passés dans les bains à remous. L’un est situé du côté du fleuve, l’autre, du côté de la ville. En cette journée grise et froide, le meilleur endroit, c’était avec vue sur ville.

Je me suis mis à penser à Montréal, cette ville où nous avons choisi de vieillir. C’est loin d’être la plus belle cité du monde, je l’ai déjà dit, mais la vue sur le Vieux-Montréal et le centre-ville ne manque pas de charme. J’ai aussi pensé à Paris, dont je m’ennuie parfois, surtout quand je la revois à la télé ou au cinéma. Mais les problèmes récurrents de pollution que la Ville lumière a connus l’hiver dernier m’ont rendu moins nostalgique. D’ailleurs, dès que j’arrive à Paris, je me mets à tousser. Mes bronches ont du mal à supporter toutes ces poussières fines en suspension. Le pessimisme et le cynisme de tant de Français, qu’on sent très fort dans cette élection présidentielle, me heurtent aussi de plein fouet. Peut-être qu’avec l’âge, je deviens moins râleur.

Et puis notre pauvre dollar canadien, malmené par la chute des cours du pétrole, réduit, il faut bien le dire, l’attrait des voyages en France ou en Italie. Me voilà condamné en quelque sorte à aimer Montréal.

Mais ce jour-là, calé jusqu’au cou dans une baignoire bien chaude, dans la fraîcheur ambiante, Montréal avait des allures de paradis terrestre.

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Commentaires sur: "Le prix du paradis" (1)

  1. Au retour de notre croisière sur le Rhin nous passons par Paris, gare de Lyon. Même pour une demie journée, j’ai hâte de revoir Paris.

    Montréal est depuis un bout de temps en réfection. Mais je la vois comme une belle femme qui est masquée par ses crèmes de beauté et ses bigoudis. Son apparence est désolante en ce moment. Il faut connaître son potentiel pour l’aimer. Pourtant après Paris et New York, c’est la ville que je préfère au monde. Rue Sherbrooke, quartier du Musée et de l’U. McGill, quartier des festivals, jardin botanique, la montagne, … Tant de charmes, tant de beautés à Montréal. Je préfère Montréal à Londres, même. Plus lumineuse.

    Pour les spas, MPaule aime. Moi, je dois être trop timide.

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