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Je n’attendais rien de bon de la présidence de Donald Trump et les premières semaines ne m’ont pas fait changer d’idée. Mais je dois admettre que les Bourses aiment beaucoup le nouveau président . Et du même souffle, que j’en profite. Au lendemain de son discours devant le Congrès, je me suis amusé à calculer les gains de nos portefeuilles, à Lise et à moi. Les chiffres, ma foi, étaient impressionnants. Bien sûr, j’ai tempéré mon exaltation, car je ne cesse de lire de savantes analyses économiques selon lesquelles les orientations trumpistes sont intenables à moyen terme. Mais pour le moment, « sky is the limit ». Enfin, peut-être pas le ciel, mais du moins la Trump Tower.

Cette montée en flèche confirme à mes yeux le caractère irrationnel de la Bourse. Après le discours de l’homme à la chevelure jaune, les marchés se sont enflammées, non pas à cause de ce qu’il avait annoncé, mais parce qu’il avait eu l’air présidentiel. Que les spéculateurs sont superficiels ! Il a suffi que ce dingue n’ait pas l’air trop fou pour qu’ils s’enthousiasment. Il y a des gens qui arrivent à comprendre la Bourse, ses subtilités, ses humeurs, ses émois, ses emportements. Moi pas. Je pige que dalle.

Un exemple, parmi d’autres, de mon incompréhension. Pendant des mois, voire des années, la possibilité d’un Grexit a effrayé les boursicoteurs, au point de faire plonger les marchés du monde entier. Chaque fois que les flèches pointaient vers le bas, on disait : il y a de l’inquiétude, c’est à cause de la Grèce. Moi, je n’arrivais pas à comprendre qu’un petit pays qui pèse si peu lourd dans l’économie mondiale puisse faire fondre mes avoirs. Survient le Brexit. Je me suis dit : alors là, ça va être terrible ! La Grande-Bretagne, c’est quand même la cinquième ou la sixième économie mondiale. J’étais à deux doigts d’appeler mon conseiller pour lui dire : vendez tout et achetez des obligations pépères du gouvernement du Canada. J’avais tout faux. La panique n’aura duré que quelques heures. Le lendemain, les marchés repartaient à la hausse, apparemment rassurés par le flegme britannique. Allez y comprendre quelque chose.

Il y a quelques années, j’ai failli retirer toutes mes billes de la Bourse. Primo, j’en avais assez de sa bipolarité, qui en peu de temps faisait varier nos portefeuilles parfois de quelques milliers de dollars. Ça me rendait nerveux. Notre conseiller avait beau me répéter que c’était normal, il ne me rassurait jamais tout à fait. Secundo, quand on place son argent dans des fonds communs, qui plus est par l’intermédiaire d’un conseiller, on ne sait pas trop où s’en vont ses économies. Ainsi, moi qui ne jure que par les énergies renouvelables, j’ai probablement de l’argent dans les sables bitumineux. Moi qui suis pacifiste, j’ai peut-être investi dans les armements. Et j’ai assurément du fric dans des sociétés « qui pratiquent l’optimisation fiscale » (jolie formule qu’il faut traduire par « qui paient le moins d’impôts possible et qui envoient leurs profits dans les paradis fiscaux »).

Toutefois, les rendements faméliques des placements sûrs m’ont vite découragé. Mon conseiller s’est d’ailleurs empressé de me le rappeler. Alors, j’ai continué à spéculer. J’ai des principes, bien entendu. Je suis même prêt à mourir pour eux. À condition, comme le dit Brassens, que ce soit de mort lente. De préférence, de mort très lente. Bref, j’ai besoin de la Bourse pour vivre aussi vieux que Mathusalem sans devenir pauvre comme Job.

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