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L'enveloppe de la confusion

L’enveloppe de la confusion

La cérémonie des Oscars s’est terminée dans une confusion si totale qu’elle en était drolatique. On aurait dit que Donald Trump avait lui-même remis à Warren Beatty la mauvaise enveloppe de l’Oscar du meilleur film, pour se venger d’avoir été moqué pendant toute la soirée. La plus grande cérémonie du genre au monde s’est terminée comme un vaudeville.

Pour ma part, il ne m’aurait pas déplu que La La Land reçoive le prix le plus prestigieux, car j’ai adoré cette comédie musicale. Mais le film de Damien Chazelle avait déjà obtenu six Oscars, dont celui de la meilleure actrice remis à la lumineuse Emma Stone. J’étais donc plutôt content. D’autant que Moonlight, de Barry Jenkins, lui est peut-être supérieur. Je n’en sais rien, ne l’ayant pas encore vu.

Soit dit en passant, j’ai trouvé Isabelle Huppert très bonne dans Elle, mais pas au point de mériter l’Oscar. Je ne lui aurais pas davantage attribué le César de la meilleure actrice, car Marion Cotillard, à mon avis, joue un rôle plus exigeant et plus fort dans Mal de pierres.

J’ai été déçu que Lion, un film puissant et émouvant, n’ait pas reçu le moindre Oscar. Et Dev Patel et Nicole Kidman auraient pu recevoir un Oscar, mais ils faisaient face à une forte concurrence. J’aurais aimé aussi que Les figures de l’ombre reçoivent au moins une petite statuette. La réalisation de Theodore Melfi, il est vrai, n’a rien de bien original, mais le rôle méconnu de ces trois femmes noires à la Nasa, c’est une belle histoire, qui a engendré un solide scénario.

Beaucoup plus intéressant que Manchester by The Sea, qui a pourtant reçu le prix du meilleur scénario original. Je me demande comment on a pu ainsi couronner un récit où il se passe si peu de choses en 135 interminables minutes. Enlevez les moments où l’on ouvre des portes, on l’on ferme des portes, où l’on fait démarrer un moteur, où l’on arrête un moteur, et il ne reste plus guère qu’une petite heure, chargée de lourds silences. Il y a, il est vrai, au beau milieu, un grand drame, mais il est souligné à grands coups d’archet par le pompeux Adagio d’Albinoni. J’aurais dû pleurer à chaudes larmes, j’ai plutôt décroché.

De prime abord, l’Oscar du meilleur acteur attribué à Casey Affleck pour ce (très) long métrage paraît plus justifié. Comme je l’ai écrit, l’Académie, tout comme bon nombre de critiques et de festivaliers, aime bien « ces personnages sombres et torturés, qui laissent une impression de profondeur ». Mais quand j’ai entendu le petit frère de Ben remercier ses pairs de sa voix monocorde, la même qu’il emploie d’un bout à l’autre de Manchester by The Sea, je me suis dit qu’il ne jouait peut-être pas si bien que ça.

L’autre mauvais Oscar de la soirée, c’est celui attribué pour le meilleur film étranger à The Salesman (Le client). Le réalisateur iranien Asghar Farhadi a beaucoup surfé sur sa réputation pour décrocher ce deuxième Oscar. À mon avis, le formidable Toni Erdmann, de Maren Ade, à l’humour si caustique, lui était nettement supérieur.

Mais en fouillant un peu, j’ai découvert que je ne suis pas le seul à avoir trouvé The Salesman surfait. L’Express a jugé le « final trop long et trop mélo ». Sud-Ouest «  se demande comment le jury cannois a pu consacrer un scénario somme toute assez filandreux ». Le Monde conclut que le « sentiment d’une déception l’emporte ». Et les Cahiers du cinéma, méchants comme d’habitude, voient dans Le client « le nouvel avatar d’un cinéma festivalier du tournant des années 2010 maintenant très vieux, vite oublié ».

Pour terminer sur une note plus positive, l’Oscar du mixage et du montage du son attribué à Sylvain Bellemare pour le film de Denis Villeneuve était bien sympa. Arrival n’est pas un chef d’œuvre, tant s’en faut, mais c’est un film qui méritait bien sa statuette dorée.

Après quelques années où les Noirs avaient fait chou blanc, il était sympa également de les voir obtenir une belle récolte d’Oscars.

 

 

 

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