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hassidim

En vantant la chronique de Michèle Ouimet sur les hassidim d’Outremont, je faisais un peu de provoc. Je savais que ce coup de chapeau à mon ex-collègue allait susciter quelques réactions. Je savais même de qui elles viendraient.

Précisons un point tout de suite : Michèle, que je connais depuis 25 ans, ne s’est certainement pas sentie humiliée en allant rencontrer un leader hassidique qui ne lui a pas donné la main. Non seulement cette femme croit à l’égalité entre les hommes et les femmes, mais elle la pratique depuis des lustres. Elle n’a de leçon de féminisme à recevoir de personne.

Venons-en à l’essentiel. La cause de cette petite communauté repliée sur elle-même ne suscite pas beaucoup d’empathie chez nous, où l’on tient pour suspect tout ce qui est religieux. Je peux le comprendre. Je n’ai pas non plus de grandes affinités avec une communauté dont la vie est axée sur la religion et qui refuse obstinément de s’intégrer, y compris au reste de la communauté juive. Abraham Ekstein l’admet sans détour. «Nous avons nos propres vêtements, a-t-il dit à Michèle Ouimet, notre langue, le yiddish, nos journaux, notre religion et notre culture. Nos enfants ne fréquentent pas les mêmes écoles que vous.»

Cependant, et c’est là où je veux en venir, je suis très attachée à une société qui permet à des gens différents de vivre parmi nous. C’est même ce qui me plaît le plus dans notre société contemporaine, qui ne manque pas de défauts, mais qui a fait de la liberté une de ses valeurs phares. Les hassidim ne sont pas des terroristes. Comme le dit M. Ekstein, ils sont pacifistes. Ils ne nous enlèvent rien. Certes, ils ne partagent pas plusieurs de nos valeurs et nous ne partageons pas plusieurs des leurs. Mais où est le souci? Leur présence me rassure quant à ma propre liberté.

Ce que j’ai retenu de mon enfance dans les années cinquante, ce n’est pas une grande méfiance à l’égard de la religion. C’est une grande défiance à l’égard du «tous pareils» et de la pensée unique. À l’époque, hors de l’Église, catholique s’entend, point de salut. Je trouvais cette société oppressante et je n’en conserve aucune nostalgie. Depuis fort heureusement, nous avons découvert les libertés fondamentales.

Aujourd’hui, ce dont je me méfie tout autant que de la religion de mon enfance, c’est d’une laïcité hostile au religieux et non inclusive. Comme Alain Juppé, je crois à une identité heureuse et non peureuse. Mais ce concept n’est pas très populaire en ce moment, j’en suis conscient. M. Juppé vient justement de subir une dure défaite aux primaires de la droite et du centre, en France. Le triomphe de François Fillon, un chef aux valeurs conservatrices et gauloises, s’ajoute aux victoires de Donald Trump et du Brexit. L’époque est au repli identitaire.

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Commentaires sur: "Les hassidim et nous, même combat" (1)

  1. Paul,
    Les hassidim me sont sympatiques. Car il sont un vestige d’un moyen âge parmi nous. Un peu comme si on voyait passer un mammouth dans notre toundra. Par contre en aucun cas ne devraient-ils susciter chez toi un sentiment rassurant parce que leur présence serait garante de notre liberté. Je suppose alors que la vue d’une burqua provoque chez toi le même sentiment. Je n’irai pas dans les détails, mais ils ne sont vraiment pas un symbole de liberté. Et nous ne sommes pas des symboles d’intolérance en exigeant que leurs demandes sociales soient contenues.

    Pour ma part, je ne suis pas du tout hostile aux religions. Au contraire elles m’ont toujours intéressées, même pour athée que je suis maintenant. Mais au fil du temps, oui, je suis devenu hostile aux clergés. Je considère ces organisations socio-politiques dangereuses. Et en tout premier pour notre liberté.

    Nous avons contenu le clergé catholique déjà. Continuons d’être vigilants et contenons les autres clergés qui s’invitent parmi nous, comme ceux qui y sont depuis longtemps et qui demandent plus d’espace où imposer leurs coutumes.

    La liberté, ça ce mérite. Il faut toujours être prêts à se battre pour la protéger. Même de nos politiciens. Surtout des clergés, dont le rôle, après tout, est de dominer les esprits.

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