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Paul à la Coulée verte, en compagnie de Céline, une Québécoise rencontrée à Paris.

Paul à la Coulée verte, en compagnie de Céline, une Québécoise rencontrée à Paris.

Malgré les attentats terroristes, nous n’avons pas hésité à venir à Paris. Si j’ai peur des araignées, des lieux clos, de l’eau, des hauteurs et des cons, je ne crains pas les attentats. On ne peut pas avoir peur de tout, après tout. Je n’ai pas trop peur de la mort non plus, car je m’efforce d’être un bon épicurien. «La mort, disait le grand Épicure, n’est rien pour nous puisque, tant que nous existons nous-mêmes, la mort n’est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus.»

Resto de Saint-Germain-des-Prés.

Resto de Saint-Germain-des-Prés.

Nous avons eu raison. Jusqu’ici, en tout cas. Bien sûr, la sécurité est omniprésente dans la capitale française. Les contrôles des musées, par exemple, ressemblent à ceux des aéroports. Les sacs sont fouillés et il faut traverser les détecteurs de métal. On va jusqu’à nous demander d’ouvrir nos manteaux pour s’assurer que les petits bedons ne sont pas des ceintures d’explosifs. Même pour se rendre à la billetterie de l’Opéra Bastille, il faut montrer patte blanche. Idem dans les grandes surfaces, où il y a des gardiens à chaque entrée. Heureusement, ils font généralement preuve de gentillesse. De toute façon, vaut mieux qu’ils soient présents et qu’il n’y ait pas de nouvel attentat. On ne se plaint donc pas de cette surprotection, qui est plutôt rassurante.

Les Parisiens sont-ils préoccupés par la menace terroriste, qui les a frappés si durement, notamment depuis deux ans? Sans doute. Mais ils ne le laissent pas trop paraître. La vie continue dans cette ville résiliente qui a survécu aux guerres, aux émeutes et aux révolutions.

Lise et moi n’avons pas peur de marcher dans Paris, même le soir. Les agressions, paraît-il, sont rares. À moins, bien entendu, de s’appeler Kim Kardashian. Mais on s’est attaqué à elle dans sa chambre d’hôtel, pas dans la rue. Puis, ma compagne a laissé ses bijoux à Montréal. Tout comme son burkini d’ailleurs, inutile en cette saison.

Un sans-abri sur un banc à Paris, en plein jour.

Un sans-abri sur un banc à Paris, en plein jour.

Le plus impressionnant, la nuit, ce sont tous ces gens qui dorment, j’allais écrire à la belle étoile, mais ce serait un peu trop poétique. Ils s’allongent plutôt sur les trottoirs froids, sous les réverbères, le long des façades. La plupart sont seuls, mais on voit aussi des familles. Certains sans-abri n’ont que des couvertures ; d’autres, des sacs de couchage. Quelques-uns ont conservé des tentes qui leur avaient été données il y a quelques années, pendant un hiver rigoureux ; ils s’installent dans quelques recoins du Viaduc des Arts. Chaque fois qu’on croise ces miséreux, ça me fait un pincement au cœur.

Là où nous aurions peur d’aller, en revanche, c’est dans les quartiers dits sensibles de la région parisienne, où des policiers, des proviseurs et des instituteurs ont été agressés récemment. De toute évidence, le climat des banlieues chaudes est pourri, d’où ces explosions de violence. Mais dans le Paris intra-muros, on ne sent pas ce malaise et ce danger.

Le plaisir de marcher

Lise sur une passerelle de la Seine.

Lise sur une passerelle de la Seine.

Depuis notre arrivée, nous avons rarement pris le bus ou le métro. Même lorsqu’il faut parcourir plusieurs kilomètres, on préfère la marche. Pour aller à la tour Eiffel, par exemple, il fallait faire au moins neuf kilomètres. Et comme nous avons zigzagué, nous avons dû en totaliser une vingtaine ce jour-là. Lise se tape en plus cinq kilomètres de course aux deux jours sur la Coulée verte. Alors, mémé et même pépé sont en grande forme.

Nous marchons d’autant plus volontiers que la maire de Paris, Anne Hidalgo, a rendu récemment aux citoyens les berges de la Seine que Georges Pompidou avait données aux automobilistes dans les années 60. Sur des kilomètres, on peut maintenant se balader le long de l’eau sans croiser un seul véhicule. Dans ce pays où tout est l’objet de débats passionnés, la mesure est vivement discutée. Selon ses détracteurs, on ne fait que déplacer la pollution. Mais nous, on est résolument pour. Marcher le long de la Seine sans autos, c’est le bonheur!

Lise vous fait ses amitiés. Je vous embrasse. À bientôt.

Les arbres ont commencé à se colorer.

Les arbres ont commencé à se colorer.

 

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Commentaires sur: "Paris à l’ère des attentats" (2)

  1. Bon dimanche à vous deux et vous souhaite un bon séjour dans cette belle ville .

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