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Dans une boutique, nous avons commencé à causer avec la vendeuse et quelques clients. Quand nous leur avons dit que nous étions Québécois, on a senti une pointe de déception. Pas parce que nous étions du Québec, rassurez-vous, mais parce que nous n’avions pas suffisamment l’accent. Ils auraient sans doute préféré que nous jasions comme Fred Pellerin. Les Cousins, on le sait, aiment bien nous folkloriser. On l’a vu encore récemment dans l’interview de notre Ricardo national. Adressez-vous à eux avec cet accent qu’ils aiment tant mais qu’ils comprennent si peu, et je vous parie deux billets d’un spectacle de Fred, tiens, qu’ils vous parleront de la neige et du froid en moins de 30 secondes. Les plus québécophiles épiceront même leurs clichés sur l’hiver de quelques jurons mal prononcés. «Tabarnac», dans la bouche d’un Français, ça sonne drôle.

Notre accent peu distinctif, à Lise et à moi, nous permet d’échapper à ce folklore. Quand on ouvre la bouche, on n’entend pas : «Ah! Vous êtes québécois. Comme j’aime votre accent!» On nous traite comme tout le monde. C’est-à-dire gentiment la plupart du temps. Mais parfois aussi avec cette pointe d’impatience que les Français peuvent avoir entre eux. Le premier jour, par exemple, fatigués, traînant nos valises, on cherchait où prendre le bus C3. «C’est juste derrière vous», nous a dit la dame d’un bureau d’information. Je lui ai dit : «Mais où exactement derrière nous?» Ce à quoi elle a répondu sèchement : «Mais il faut chercher, Monsieur!» Je me suis dit : «On ne s’est pas trompés de destination. On est bien en France.»

lise1Le propriétaire de l’appartement que nous avions loué était heureusement beaucoup plus sympa. Il était même venu nous accueillir à l’arrêt du bus C3, que nous avions fini par trouver, non sans mal toutefois, car le C3 passait «derrière nous», il est vrai, mais assez loin tout de même, à plusieurs centaines de mètres en fait, ce que la dame de l’information touristique avait omis de nous préciser.

M. Poivre a même pris la valise de Lise, geste que ma compagne a bien aimé pendant toute la montée des 80 marches, plutôt raides, qui mènent au logement que nous avions loué. Moi, j’ai peiné derrière. Je devais avoir 100 ans quand je suis arrivé tout en haut.

Heureusement, il est très joli, cet appartement, bien rénové et bien aménagé. Le proprio a bien raison d’en être fier. Il est situé en plein cœur du Vieux-Lyon, à deux pas de la célèbre rue Saint-Jean, qu’empruntent des milliers de touristes chaque jour et quelques millions les week-ends. Ce quartier Renaissance est incontestablement très beau, un des plus beaux d’Europe, dit-on. On comprend l’Unesco de l’avoir inclus dans le patrimoine mondial. Mais l’autre versant de la Saône, qui fait également partie de ce patrimoine, est tout aussi superbe tout en étant moins touristique. Les commerces de proximité y sont nombreux et on y sent davantage la présence des Lyonnais. Si un jour nous revenons dans cette ville, c’est sans doute là qu’on s’installera.

C’est le genre d’endroit où l’on peut s’imaginer passer doucement le reste de nous jours. Mais il est encore trop tôt pour demander qu’on nous envoie le reste de nos affaires. Je ne sais pas encore si Lyon est une ville, comme Québec, où on adore passer quelques jours, mais où on s’ennuie au bout d’une semaine.

Les affiches en anglais

affiches2J’ai souvent pris la défense du français des Français et je ne veux pas rouvrir ce débat aujourd’hui. Les Lyonnais rencontrés jusqu’ici s’expriment d’ailleurs très bien et utilisent peu d’anglicismes. Comme ailleurs en France cependant, on trouve beaucoup de raisons sociales en anglais, même pour des commerces français et locaux. De plus, l’affichage est souvent teinté d’anglomanie du genre «les best bagels» ou «drinks & free music». Pire encore, l’office de tourisme, par ailleurs un modèle du genre, s’appelle «Only Lyon». Là mes amis, je retrouve tous mes réflexes de Québécois. Je lève les bras au ciel et je lance : POURQUOI?

Le ciel n’a pas encore daigné répondre. Peut-être aurais-je dû crier : WHY?

immeuble

 

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Commentaires sur: "Premières impressions de Lyon" (6)

  1. Bon voyage à vous deux. J’aimerais bien être dans vos valises. J’ai de beaux souvenirs de Lyon. Bonne santé et belle température. Madeleine

  2. Enfin!
    Denis au Portugal

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