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Chaque mercredi, quand je suis à Montréal, je me rends au Meetup (1), un groupe de conversation où j’ai la chance de mettre mon anglais en pratique. On dit beaucoup que Montréal s’anglicise. Ceux qui le répètent à l’envi n’y habitent généralement pas. Je ne dis pas que tout y est parfait. Bien sûr que non! Il faut rester vigilant. Mais la situation du français est beaucoup moins noire que les alarmés de la grande cause le laissent entendre.

Pour ma part, après 15 ans passés dans la métropole, j’étais en train de perdre mon anglais tellement je le parlais rarement. C’est pourquoi j’ai commencé à fréquenter ce groupe, et j’en suis bien heureux. Non seulement mon anglais s’est beaucoup amélioré, mais j’y ai rencontré, au fil des ans, des gens très sympa, immigrants et immigrés pour la plupart.

Comme pour m’y rendre je dois traverser à pied le centre-ville à l’heure de pointe, j’emprunte habituellement les souterrains, même par beau temps, évitant ainsi ces intersections qu’un rapport récent jugeait fort dangereuses, notamment à l’heure du retour à la maison. Dans ces couloirs souterrains, je croise aussi des banlieusards pressés de fuir la grande ville. Mais ils sont moins dangereux que ceux qui le font en voiture. N’empêche que je suis toujours impressionné par cette vague sortant des bureaux et déferlant, qui vers la gare de trains, qui vers la gare d’autobus de la Rive-Sud, qui vers le métro. Au point où j’hésite à avancer.

Ils occupent toute la largeur du couloir. Si vous arrivez à contre-courant, il faut slalomer pour éviter coudes, épaules, sacs ou sacoches. C’est qu’ils déambulent d’un pas déterminé. Je serais étonné qu’ils marchent aussi vite le matin quand ils font le chemin inverse. Mais en fin d’après-midi, on se croirait sur le circuit Gilles-Villeneuve. Ça file en cinquième vitesse, droit devant, comme des tanks allemands enfonçant la ligne Maginot. Faites gaffe si vous ne voulez pas être emporté par la cohue.

À tort ou à raison, j’ai toujours l’impression que ces gens, pour la plupart, détestent leur travail, qui Dieu merci vient de finir. Et plus encore cette grande ville honnie, bruyante et sale, où ils sont obligés de venir pour gagner leur croûte.

La cote d’amour de Montréal n’est pas très élevée chez ceux qui vivent tout autour, et même chez ceux qui vivent dedans. Ce sont souvent les immigrants qui aiment le plus la métropole, particulièrement les femmes, et plus particulièrement encore celles qui viennent de pays où la condition féminine est pénible.

Je me souviens d’une rencontre où il y avait à ma table une Française plutôt râleuse, comme il ne s’en fait heureusement plus beaucoup maintenant. Elle nous a affirmé d’une voix indignée que la France, sous Hollande, n’était plus une démocratie. Une Iranienne, qui se félicite chaque jour d’avoir fui son pays d’origine pour s’établir chez nous, lui a aussitôt répondu, avec un grand sourire : «Madame, ça paraît que vous n’avez jamais vécu sous une vraie dictature!» Toute Française qu’elle soit, son interlocutrice est restée bouche bée.

Un bien bel été

Là-dessus, je vous souhaite un bien bel été! Un été serein, un été zen, surtout. Les derniers mois ont été durs : tuerie effrayante à Orlando, montée de Trump, crise des migrants, menaces d’un Brexit et de perturbations économiques, climat social pourri un peu partout. Et l’automne ne s’annonce pas plus hop la vie. Pour ma part, j’ai pour l’heure un grand désir de légèreté.

Je songe même à abandonner la lecture de La Presse+ pour l’été. Depuis quelques années déjà, j’ai largué le bulletin d’information de Radio-Canada, et je ne m’en porte que mieux. Bien sûr, La Presse+, c’est bien plus intéressant que les infos de la SRC. Mais tout aussi déprimant! Juste au cours des derniers jours, outre la tuerie d’Orlando et l’assassinat d’une députée britannique, mon journal favori m’a appris que les infirmières du CHUM sont déprimées, que les écoles sales manquent de concierges et que les soldats canadiens ont arrêté plein d’Afghans qui n’avaient aucun lien avec les talibans. Heureusement que dans la section Pause on nous donne des conseils pour bien dormir…

J’écrirai sans doute au cours des prochains mois, mais pas avec la même régularité. En cette saison chaude, il est probable que la transpiration l’emportera sur l’inspiration.

(1) Le Meetup de conversation anglais-français : http://www.meetup.com/fr-FR/FrenchEnglishMontreal/?chapter_analytics_code=UA-12996786-1

 

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Commentaires sur: "Anglais, banlieusards et immigrants" (1)

  1. Merci de nous avoir permis de découvrir Meetup.

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