Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

Mélanie Laurent et Cyril Dion, les réalisateurs de «Demain».

Mélanie Laurent et Cyril Dion, les réalisateurs de «Demain».

Contrairement à d’autres documentaires écolos, Demain n’est pas un film désespérant, alarmiste ou dogmatique. Certes, le constat est tout aussi accablant : notre planète est au bord de la catastrophe. J’aurais plutôt dû écrire «l’humanité», car la planète bleue, elle, survivra assurément aux changements climatiques. Nous, c’est moins certain. Nous aurions une vingtaine d’années pour donner le coup de barre salutaire. Ça rassure quasiment d’avoir 71 ans.

Le thème, comme on le voit, est terriblement noir, mais le film est lumineux. Cyril Dion et Mélanie Laurent, à la tête d’une petite équipe de quatre personnes, se sont rendus dans dix pays pour comprendre ce qui pourrait provoquer notre disparition, mais surtout pour saisir comment l’éviter. Ils ont rencontré des pionniers, des passionnés, qui, dans leur milieu, ont trouvé des solutions, que ce soit sur le plan de l’agriculture, de l’énergie, de l’économie, de la démocratie ou de l’éducation.

Certaines solutions, notamment en matière d’énergies renouvelables, m’ont paru à la fois géniales et applicables à grande échelle. D’autres sembleront candides, notamment quant à la démocratie. Mais le documentaire, au final, suscite la réflexion et l’espoir. C’est déjà beaucoup.

En revenant chez moi, j’ai repensé à ce documentaire dans une optique québécoise. Et là, mes espérances ont un peu vacillé. Nous avons au pouvoir un parti qui essaie d’administrer le Québec comme une grosse banque. Sa vision est aussi fiable que celle de la girouette, et Dieu sait qu’il vente chez nous. En face de lui, le principal parti d’opposition nous divise depuis bientôt 50 ans quant à notre avenir constitutionnel. Mais ce n’est pas le futur de la Belle Province qui est en danger en ce moment, c’est celui de la planète tout entière. Québec Solidaire nous propose des solutions qui ont fait en long et en large la preuve de leur inefficacité dans les pays communistes. La Coalition Avenir Québec n’arrive pas à être autre chose que le parti des banlieusards francophones. Et notre parti vert est si minimaliste qu’il fait partie des espèces menacées. Me voilà redevenu pessimiste.

Il est vrai qu’une partie non négligeable des changements devra venir des communautés locales. Mais les gouvernements auront assurément un grand rôle à jouer. Comment le joueront-ils? Demain s’y attarde trop peu ; c’est son point faible. Dans les pays scandinaves, l’espoir est permis. Ici comme à bien d’autres endroits, c’est inquiétant. Qu’on pense seulement à l’ascension des leaders intolérants comme Donald Trump aux États-Unis ou Marine Le Pen en France.

Autre élément peu encourageant : le documentaire insiste sur la nécessité de réduire notre croissance et notre consommation. Oui, bien sûr, il faut remplacer les énergies fossiles par des énergies vertes. Mais cela ne sera pas suffisant. Il faudra aussi repenser les villes pour que les gens puissent se déplacer à pied, à vélo ou en transport en commun, cesser d’idolâtrer le dieu Auto, réduire notre consommation de viande et surtout, sortir d’un modèle économique fondé sur une croissance sans fin que la Terre ne pourra supporter encore bien longtemps. Or l’an dernier, la part du pétrole, dopée par l’augmentation du parc automobile en Chine et en Inde, a augmenté de 2% alors qu’elle est déjà trop considérable.

Cela dit, il faut voir Demain, ne serait-ce que pour continuer à espérer. Pour nous inciter aussi à trouver des solutions.

Au revoir là-haut

Vous allez dire que je suis en retard pour parler de Au revoir là-haut, car ce roman a reçu le prix Goncourt en 2013 et Pierre Lemaître a publié une nouvelle œuvre depuis. J’en conviens, mais sur le plan littéraire, je suis rarement en phase avec l’actualité. L’important, c’est que j’ai adoré ce livre. Je ne suis d’ailleurs pas le seul : dans la seule année de sa sortie, on en a vendu près d’un demi-million d’exemplaires.

Au revoir là-haut commence à la toute fin de la Première Guerre mondiale. Il met en scène Édouard Péricourt, un fils de la haute bourgeoisie, Albert Maillard, un petit comptable, et le capitaine Henri d’Aulnay-Pradelle, un aristocrate arriviste et cupide. Les deux premiers forment un tandem d’amis improbable mais attachant. Le troisième est leur ennemi. Je ne vous en dis pas davantage de peur de dévoiler des éléments d’une intrigue aussi passionnante que truculente, qu’on a envie de lire d’un seul coup malgré l’épaisseur du bouquin.

Je viens de relire plein de critiques. On dit du livre de Lemaître qu’il est jouissif, jubilatoire, épatant, savoureux, insolite, saisissant, magnifique, éclairant, picaresque, mordant, émouvant, magistral. C’est beaucoup, mais tout cela est amplement mérité. Il y a longtemps que je n’avais éprouvé autant de plaisir en lisant.

Publicités

Commentaires sur: "« Demain », un documentaire inspirant !" (4)

  1. « …le principal parti d’opposition nous divise depuis bientôt 50 ans quant à notre avenir constitutionnel », jugement un peu court, surtout quand on pense au fait que ni Bourassa, ni Johnson, ni Charest, ni même Couillard qui promettait pourtant de le faire, n’ont signés la Constitution de 82.

    Ça me fait penser à une parole de mon père, que j’ai tant aimé, qui m’a un jour jeté par terre. On était à Bouctouche. La Conquête, me dit-il ce jour-là, a été une bonne chose car elle nous a préservé des horreurs de la Révolution Française et de sa guillotine. Mon papa était bien près du clergé, comme ma maman d’ailleurs, dont le père était, selon toute probabilité, un prêtre.

    J’ai eu beau lui dire que la Conquête a soumis nos ancêtres aux lois anglaises abominables qui punissaient de la peine de mort plus de 300 méfaits, ça n’a pas semblé diminuer sa reconnaissance pour la Conquête, lui qui, pourtant, pleurait en me racontant la Déportation, le Grand Dérangement. Il faut dire que, quand on est canadien, on est tolérant!

    Allez! Salut Paul, et bisous à Lise.

  2. Beaucoup de difficultés avec les Prix Goncourt. J’aime rarement. Et je me méfie encore plus des « vendus à xxx exemplaires ». Mais je me laisserai au moins tentée par un feuilletage!

  3. Jean-Guy Roy a dit:

    Tout à fait d’accord avec toi au sujet du livre de Pierre Lemaître. C’est un Goncourt amplement mérité. Je l’ai à ce point aimé que je l’ai mis sur ma liste des livres à relire.

  4. Moi aussi je le relirai certainement. Il m’arrive souvent d’avoir des images qui viennent du livre.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Nuage de Tags

%d blogueurs aiment cette page :