Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

En caravaning, quand nous nous retrouvions sur des autoroutes à cinq ou six voies, encombrées dans les deux directions, je me disais souvent que je n’aimais pas faire partie de ce monde d’automobiles qui est en train de polluer la planète tout entière. C’est mon côté écolo. Comme vous savez, je ne suis pas très entiché par ces petits gestes qui nous donnent l’illusion qu’on est «tellement vert». Quand je pars faire mes courses avec mes sacs recyclables, ce que je fais consciencieusement depuis des années, je n’ai pas pour autant l’impression d’être en train de sauver la terre. Je suis plutôt partisan des grands changements, et notamment d’une réduction draconienne du nombre de véhicules.

Notre autocaravane vendue, nous avons retrouvé notre vie à pied. Elle avait commencé il y a 25 ans, à notre arrivée à Montréal. Lise m’avait alors dit : «Pourquoi on n’essaierait pas de vivre sans auto.» Nous ne l’avons jamais regretté.

Bien sûr, une telle décision suppose que les transports en commun sont de qualité, ce qui est à peu près le cas dans la métropole, même si la situation pourrait être améliorée. À mon avis, nos gouvernements de banlieusards investissent un peu trop dans les routes et pas assez dans les transports collectifs. Reste que le Plateau, où nous nous sommes d’abord installés, est desservi par trois stations de métro et par au moins six circuits d’autobus.

Dans Griffintown, où nous vivons maintenant, c’est mieux encore, car nous pouvons y faire presque tout à pied. Les boutiques du centre-ville ou de la rue Notre-Dame sont à dix minutes de marche, l’épicerie à cinq, le canal Lachine, où l’on va marcher ou courir, à dix. En vingt minutes, on est au pied du mont Royal ou chez Costco, en vingt-cinq, on se rend au marché Atwater. Notre dentiste, nos pharmaciens, nos coiffeuses et l’esthéticienne de Lise travaillent alentour. Et en prime, en marchant on garde la forme.

S’il faut prendre le métro, la station Bonaventure est à moins de dix minutes. Le bus 107, au coin de la rue, nous mène en vingt minutes à Verdun, où nous nous rendons presque tous les dimanches. Un autre bus nous amène à l’île des Sœurs, où vit une de mes sœurs (ce qui va de soi puisque c’est l’île des sœurs). Nous nous sommes abonnés à Car2Go, dont les petites Smart peuvent nous conduire partout en ville. Nous venons aussi de rallier Communauto, dont nous nous servirons pour aller marcher au mont Saint-Hilaire ou dans les Adirondacks.

Ce mode de vie nous permet d’économiser chaque année des milliers de dollars. Nous avons également épargné les 30 000$ qu’aurait coûté une place de stationnement dans notre immeuble. Et nous n’avons pas à perdre des heures au garage pour faire réparer ou entretenir une automobile.

En février, quand nous sommes revenus de voyage, nous avons été frappés de voir les autos sales le long des rues, prisonnières de la glace, de la neige ou de la gadoue. Maintenant, ce qui nous impressionne, ce sont les nids-de-poule, les cônes orange, les travaux multiples et les déviations non moins multiples. Nous, on marche tranquillement en se disant presque tous les jours : «Ce qu’on est bien sans auto!»

Agnès Gruda remet ça

Elle avait publié il y a deux ans un beau recueil de nouvelles, Onze petites trahisons. Son deuxième recueil, Mourir, mais pas trop, est, il me semble, encore meilleur. Agnès a pris du métier. Elle a un sens du récit qui me rappelle le maître du genre, Guy de Maupassant. Comme lui, elle sait construire en quelques pages un scénario qui a du punch.

Il est difficile d’écrire sur une ex-collègue, particulièrement sur celle que parfois j’appelais affectueusement Agnieszka. La crainte, c’est que mon jugement soit influencé par mon amitié. C’est pourquoi j’ai demandé à Lise, qui est une excellente lectrice, de lire également ce recueil. Elle a été emballée.

Je sais qu’Agnès songe à écrire un roman, tout en craignant de s’attaquer à ce genre. Si elle nous donne un jour un grand roman, tant mieux! J’en serai bien heureux. Mais si elle poursuit dans la nouvelle, je ne serai pas déçu. Après tout, Maupassant, tout nouvelliste qu’il fût, reste un de mes écrivains favoris.

MOURIR, MAIS PAS TROP, d’Agnès Gruda, Boréal, 2016.

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Commentaires sur: "Sans auto et sans regret" (7)

  1. D’accord avec toi: en ville, le meilleur choix c’est de ne pas avoir d’auto.

    Encore d’accord avec toi: les petites actions écolos individuelles que l’on fait servent surtout à nous donner bonne conscience. Et il est quand même préférable de continuer à les faire.

  2. Cher Paul,

    Toujours agréable de vous lire. Heureuse de vous savoir bien installé et vous voir profiter de tout. Mes amitiés à votre Lise.

    Madeleine

  3. J’ai beaucoup aimé Onze petites trahisons alors je vous remercie pour la suggestion de lecture.

  4. Bonjour ,

    Je vous lis avec beaucoup de plaisir depuis un an . Vos récits de voyage sur la côte Ouest m’ont fait rêver.
    Sans vous en douter , vous avez eu un grand rôle dans ma vie .
    Je rêvais de quitter la banlieue pour vivre en ville près de tout et sans auto . Suite à votre article , j’ai exploré le quartier Sud-ouest et me voilà propriétaire d’un condo près du Marché Atwater .
    Bonne chance dans votre recherche de condo .

    Merci et au plaisir de vous lire .
    Thérèse

    • De mon côté, je vous remercie pour ce beau témoignage. C’est très stimulant. Par ailleurs, nous avons trouvé un nouveau condo, à 1 km seulement du lieu actuel. Mais cette fois nous serons tout près du canal de Lachine. Nous vivrons au 10e étage avec vue sur un parc. J’en reparlerai bientôt.

  5. Touchée !

    Je me permets une suggestion pour votre blog.
    J’aimerais bien que vous nous fassiez découvrir les beaux coins de la ville de Montréal .

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