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dheepan1En France, le César du meilleur film a été attribué à Fatima. J’ai aimé ce film sur une femme d’origine magrébine qui fait des ménages pour payer les études de ses filles. Mais je n’arrive pas à comprendre qu’on ait pu le préférer à Dheepan (ci-contre). Cette œuvre de Jacques Audiard, un cinéaste que j’aime beaucoup, porte elle aussi sur les problèmes d’intégration d’immigrants. Mais le premier est un petit film sympa, sans grande originalité, qui ressemble à un film tourné pour la télévision. Le second est une œuvre forte, un grand film.

Certains ont accusé l’Académie des arts du cinéma d’avoir fait un choix politique en couronnant Fatima. On peut penser, en effet, que le milieu du cinéma, réputé progressiste, a vu d’un bon œil ce film qui présente une image positive du milieu arabe, à l’heure des attentats terroristes et de la montée du Front national. En revanche, la cause des Sri Lankais, dont il est question dans le film d’Audiard, est presque tombée dans l’oubli. De plus, Dheepan est violent. Il ne flatte pas les bons sentiments, dresse un tableau sombre des quartiers sensibles et met en relief l’échec de l’intégration à la française.

Cela dit, je ne veux pas faire un procès d’intention aux membres de l’Académie. Allez savoir ce qui les a motivés. Peut-être ont-ils été profondément touchés par Fatima. Peut-il ont-ils sincèrement préféré le film de Philippe Faucon. Peut-être ont-ils estimé que celui d’Audiard, Palme d’or au dernier Festival de Cannes, avait-il déjà été suffisamment récompensé. Reste que le second est bien meilleur que le premier.

À l’émission On n’est pas couché, Faucon a justifié ses choix artistiques très conventionnels en plaidant qu’il voulait laisser toute la place à ses comédiennes, soulignant au passage que l’une n’était pas une professionnelle et que les deux autres étaient très jeunes. Je peux comprendre ces partis pris et le résultat, je le répète, est intéressant. C’est juste que le film d’Audiard se situe dans une autre catégorie, bien supérieure.

Aux États-Unis, je me suis plutôt intéressé à l’Oscar du meilleur comédien attribué à Leonardo DiCaprio. J’aime beaucoup Leo. Mais comme le cinéaste Philippe Falardeau, je m’interroge sur la valeur de son interprétation dans The Revenant. «Je ne voterai pas, a dit Falardeau à Marc Cassivi, pour quelqu’un qui grogne pendant deux heures et quart… Parce que grogner, ramper et avoir l’air d’avoir mal partout, je vais dire une énormité, mais c’est assez facile pour un comédien. C’est encore plus facile pour un bon comédien.» Et DeCaprio est un excellent comédien. Je crois moi aussi qu’il a gagné parce qu’il n’avait jamais gagné et parce que les conditions du tournage étaient particulièrement difficiles.

J’estime aussi que The Revenant est surévalué. C’est de loin l’œuvre la moins intéressante d’Alejandro Gonzalez Inarritu. «C’est un beau western, a dit Falardeau, mais je ne comprends pas mes pairs partout à travers la planète de voter pour ce film-là. C’est un film qui est extrêmement redondant à mon avis. Je pense qu’on confond l’exploit du tournage avec le résultat.»

En revanche, je n’ai aucune réserve à l’égard du choix de Spotlight comme meilleur film de l’année. Il faut dire qu’ayant été journaliste pendant 45 ans, le sujet – une enquête du Boston Globe sur les agressions sexuelles de prêtres – m’a beaucoup touché. Il faut dire aussi que je n’ai pas encore vu tous les films nommés à l’Oscar du meilleur long métrage.

Pas de réserve non plus vis-à-vis La passion d’Augustine comme meilleur film québécois. Ici également, il me faut avouer que je n’ai pas vu toutes les œuvres en lice. D’abord, parce que j’ai passé seulement quelques mois chez nous en 2015. Ensuite, il faut bien le dire, parce que je ne me précipite pas pour voir les films de chez nous. Échaudé parfois par des critiques trop élogieuses, j’attends généralement l’avis favorable de trois ou quatre personnes en qui j’ai confiance.

Cela dit, La passion d’Augustine, j’ai adoré. Léa Pol a su rendre avec beaucoup de finesse et de sensibilité l’atmosphère d’un collège de filles pendant la Révolution tranquille. Les comédiennes sont extraordinaires et l’oeuvre est très belle, visuellement autant que musicalement.

J’ai aussi vu avec plaisir en 2015 Paul à Québec et Guibord s’en va-t-en guerre.

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