Voyages, lectures, films, impressions, humeurs, la vie quoi!

J’ai la chance de jouir d’une assez bonne santé pour mon âge, ce qui m’évite, ô bonheur, de fréquenter souvent notre système de santé.

Pas facile d’y entrer dans ce système. Un exemple : j’aurai, dans deux mois, un rendez-vous avec mon cardiologue, le premier depuis trois ans. J’avais essayé de le voir avant le début de notre long voyage. Sans succès. J’avais eu beau préciser au secrétariat du CHUM que je partais pour un an et demi, on avait été incapable de trouver quinze minutes pour moi pendant les quatre mois précédents. Au retour de notre périple, une lettre m’attendait, me fixant un rendez-vous… après notre départ.

Puis, il y a quelques jours, j’ai été tenu éveillé une partie de la nuit par une douleur dans le bas-ventre. Inquiet et souffrant, je téléphone à Info-Santé vers 4h du matin. L’infirmière de service me conseille de me rendre dans une clinique sans rendez-vous le matin même. Encore faut-il en trouver une.

Sur le Portail santé mieux-être, je tape mon code postal pour découvrir, mauvaise surprise, qu’il n’y a plus aucune clinique du genre au centre-ville. Je me résigne en me rendre en métro dans un centre médical au coin des rues Papineau et Bélanger. Le système de rendez-vous, il faut en convenir, fonctionne plutôt bien. À compter de 6h, un service automatisé vous indique si une place est disponible. On vous fixe même une heure de rendez-vous, laquelle est respectée à une demi-heure près.

Mais quelle ambiance! Il faut dire que l’accessibilité n’est pas le seul problème de notre beau système. Je découvre une salle d’attente, fort laide, où l’on a entassé quelques dizaines de chaises, toutes inconfortables et presque toutes occupées. Qui plus est, par des gens malades. Moi-même, je dois avoir une gueule à faire peur. Plein de malades donc, mais pas une vieille revue à lire.

J’en profite pour observer les médecins qui viennent appeler leurs patients. J’en remarque un qui n’a pas l’air très sympa, souhaitant ne pas avoir affaire à lui. Sur qui je tombe, vous pensez? Sur celui-là, bien sûr. Il me fait signe, sans mot dire, d’entrer dans une pièce, pendant qu’il traite un autre patient. La salle est minuscule. On y trouve une chaise, raide il va sans dire, et une table de traitement, dont le vinyle est en bonne partie arraché et dont les pattes sont chambranlantes. Je me dis qu’il n’y a pas un ostéopathe, un physiothérapeute ou un massothérapeute qui oserait vous recevoir dans un lieu pareil.

Le médecin finit par m’y rejoindre. Ni très avenant ni très bavard, le docteur. Mais au moins, il a l’air consciencieux. Il me palpe le ventre, puis les gosses sans trop de ménagement. Il pousse ensuite l’investigation en me mettant un doigt dans le derrière pour vérifier ma prostate, sans un mot d’excuse. A-t-il trouvé quelque chose? Apparemment non. Aussi décide-t-il de me faire passer un test d’urine.

Me voilà maintenant avec l’infirmière, qui me donne deux petites fioles à remplir, quand la salle de bains sera libre. Comme il n’y en a qu’une, en effet, il faut faire la queue. Et encore attendre pour obtenir les résultats de l’analyse. J’essaie de savoir combien de temps cela va prendre. Question inutile. Quand ce sera prêt. J’aurais dû m’en douter. Je retourne dans la charmante salle d’attente, toujours bondée.

Au bout d’une heure environ, me voici de nouveau devant le médecin. On a trouvé un peu de sang dans mon urine. Je souffre d’une infection urinaire, qu’il faudra soigner à coup d’antibiotiques. Mais le docteur n’en paraît pas très sûr. «Si dans quelques jours, il n’y a pas d’amélioration, il faudra revenir à la clinique ou aller à l’hôpital», laisse-t-il tomber. Très rassurant!

Cela dit, il avait apparemment visé juste, car la douleur a rapidement disparu. Rien de grave. Juste dix jours sans vin. C’est ce qui me désole le plus.

Je suis sorti de cette expérience en souhaitant, plus que jamais, vieillir en santé. En regrettant aussi, un tout petit peu, de ne pas être un toutou. Dans n’importe quelle clinique vétérinaire, on m’aurait reçu en me faisant de belles façons. On m’aurait parlé doucement pour me rassurer. On m’aurait expliqué le moindre geste. Et en partant, on m’aurait donné un biscuit.

Paul

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