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Bye, bye, Baja !

Nous avons passé la nuit dans un vignoble appelé M-D Vinos, dans la vallée de La Grilla.

Nous avons passé la nuit dans un vignoble appelé M-D Vinos, dans la vallée de la Grilla.

Nous avions été tentés de quitter la Baja California à quelques reprises, notamment pendant la première semaine, mais finalement nous y serons restés 50 jours.

Après nous être attardés dans la partie sud, nous avons franchi rapidement les 1000 derniers kilomètres. J’en ai eu marre tout d’un coup des routes étroites, des nids-de-poule, du désert interminable, de l’internet qui dit «magnana», de l’électricité qui lâche, de l’eau qui ne coule pas, des salles de bains défraîchies, des campings de deuxième ordre, des épiceries de troisième ordre où l’on ne trouve rien, des contrôles militaires qui se répètent aux 200 kilomètres. Vivement chez l’Oncle Sam!

Une route étroite et interminable.

Une route étroite et interminable.

Heureusement, nous avons rencontré deux Québécois qui aiment et fréquentent le Mexique depuis près de 40 ans. Ils y ont fait une vingtaine de voyages. C’est dire qu’ils connaissent ce pays mieux que Lise et moi, l’Italie.

Jean et Hélène sont des aventuriers. Avant de prendre leur retraite, il y a quelques années, ils avaient déjà parcouru près de 40 pays, pas toujours les plus faciles d’accès et souvent dans des conditions difficiles. Ils ont déjà foulé l’Afrique, l’Asie, l’Amérique centrale, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Indonésie, sans compter, bien entendu, l’Europe et l’Amérique du Nord. Leur prochaine destination pourrait être la Chine.

Nous avons fait leur connaissance dans un camping où nous ne devions même pas nous rendre. En attendant nos voix, Jean est aussitôt sorti en disant : «Ah! je crois avoir entendu parler français.» En trois mois au Mexique, ça ne lui était pas arrivé souvent. «Nous sommes à l’heure de l’apéro. Voulez-vous vous joindre à nous?» a-t-il ajouté. Comment refuser?

Le lendemain, nous nous sommes rendus en leur compagnie à San Tomas, au cœur d’une région vinicole. Nous nous sommes arrêtés notamment dans un vignoble appelé M-D Vinos. L’endroit est magnifique. Jean a demandé si nous pouvions y rester pour la nuit, ce qui fut aussitôt acceptée.

Cette église de Santa Rosalia a été dessinée par M. Eiffel lui-même.

Cette église de Santa Rosalia a été dessinée par M. Eiffel lui-même.

Après notre dégustation de vins, le contremaître nous a fait faire une longue visite à pied. Ce tour impromptu du propriétaire, nous le devons certes à l’entregent de Jean, mais aussi au fait que lui et sa compagne parlent espagnol. Parler la langue du pays, je l’ai souvent constaté en Italie, permet d’établir un contact beaucoup plus personnel avec les gens.

Notre voyage au Mexique avait été jusque-là bien trop touristique, en particulier les trois premières semaines avec la caravane de Baja Amigos. Même si nos guides étaient bien sympathiques, nous ne referions jamais un voyage semblable. Seuls, nous aurions épargné pas mal de sous tout en évitant les horaires contraignants et les itinéraires frustrants. Jamais plus donc! D’autant que la Baja California, je le répète, n’est pas un endroit dangereux, Tijuana exceptée.

Retournerons-nous en Baja? Sans doute jamais. Regrettons-nous d’y être allés? Non, même si ce ne fut pas, tant s’en faut, la plus belle partie de notre long voyage. Mais nous avons aimé les Mexicains. Sauf rares exceptions, nous les avons trouvés gentils, attachants, cordiaux et serviables. Ils sourient beaucoup, rient souvent et paraissent heureux. Ils ont rendu notre séjour agréable malgré les désagréments, les aléas, les inconforts et les inévitables frustrations.

Le carnet du caravanier

La belle vallée de La Grilla.

La belle vallée de la Grilla.

Nous sommes entrés au Mexique à bord d’une caravane et nous devions en revenir avec une caravane. Nous ne nous sommes donc pas préoccupés de ce que notre Tomtom ne possède pas la carte du pays. Mais en revenant seuls, l’absence d’un GPS nous a beaucoup manqué. Nous avons perdu l’habitude de voyager sans cet instrument si précieux. Et vous vous doutez bien que dans ce pays mal géré et plutôt bordélique, les indications routières sont minimalistes. Si vous cherchez Tecate, par exemple, en traversant la grande ville d’Ensenada, bonne chance! Tecate, porte d’entrée aux États-Unis, n’est indiquée nulle part. Il faut d’abord suivre la route de Tijuana, puis bifurquer vers Tecate, une fois Ensenada traversée.

J’ai fini par le découvrir en le demandant à deux personnes. Manque de pot dans cet État où presque tout le monde est bilingue, ils étaient unilingues. Heureusement, je baragouine assez l’espagnol pour comprendre semaforo (feux de circulation), derecha (droite) et izquierda (gauche). Ça nous a permis de cesser de tourner en rond. Mes nerfs avaient pris la forme d’une grosse boule.

Lise, qui m’a stoïquement enduré, vous fait ses amitiés. On se revoit samedi en huit.

Paul

P.-S. On nous avait fait bien des peurs quant à la rentrée aux États-Unis : franchir la frontière prenait au moins une heure trente, les fouilles étaient nombreuses, etc. Or en une demi-heure à peine, tout était bouclé. Le douanier s’est limité aux questions d’usage et nous a fait signe de passer. On n’en revenait pas.

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