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Coucher de soleil à San Clemente.

Coucher de soleil à San Clemente.

Plus ce voyage avance et plus je songe à la blague de Woody Allen : l’éternité c’est long, surtout vers la fin. Nous avons quitté notre appartement en septembre 2013 ; le Québec, deux mois plus tard. Psychologiquement, je serais prêt à rentrer. Depuis 15 mois, j’ai vu suffisamment de paysages splendides pour combler pour des années ma polarité nature. En un an, nous avons visité les canyons de Bryce, de Shelley, de Zion, d’Arches, d’Antelope, ainsi que Monument Valley. Nous avons séjourné dans les Rocheuses, dans la vallée de l’Okanagan et sur l’île de Vancouver. Nous avons admiré les baleines de l’Alaska, croisé les bisons et les grizzlis du Yukon. Nous avons traversé Death Valley, la Valley of Fire, les parcs de Yosemite, de Kings, de Sequoia et d’Anza-Borrego. Et j’en oublie. De pures merveilles! Nous avons été comblés!

Une baleine en Alaska.

Une baleine en Alaska.

C’est maintenant l’autre aspect de ma bipolarité qui remonte. Quand je ferme les yeux, c’est Paris qui apparaît désormais. Je vois surgir la tour Eiffel, si belle vue du Trocadéro, la Seine et ses vieux ponts, le canal Saint-Martin, le vieux Quartier latin, la place de la Bastille, les petites rues du Marais, les Grands Boulevards, les Jardins du Luxembourg ou la Promenade plantée, qui mène au Bois-de-Vincennes et où nous allions faire notre marche rapide tous les matins.

Je pense aussi parfois à Montréal, une ville moins jolie que Paris ou Rome, il faut bien l’admettre, mais non dénuée de charme. Je songe avec un brin de nostalgie à nos matinées de cinéma, où nous allions à l’Ex-Centris voir des films qu’on ne pouvait voir ailleurs, européens principalement. Je me rappelle les soirées passées au Meet-up anglais-français, où j’ai connu des gens passionnants, immigrants pour la plupart.

Mais c’est l’hiver au Québec en ce moment. Le sentier Olmstead, qui mène au sommet du mont Royal et que j’aime tant, est sans doute boueux. Le vent glacial a dû s’engouffrer entre les gratte-ciel du centre-ville, gelant les passants au passage. Les trottoirs sont sans doute couverts de glace ou de sloche. C’est la saison du Montréal souterrain. De plus, notre condo est loué jusqu’en avril et notre voyage au Mexique est déjà payé.

Dans les Painted Hills de l'Oregon.

Dans les Painted Hills de l’Oregon.

Alors, il n’y a qu’une solution : continuer. Certes, l’enthousiasme n’est pas aussi grand qu’au début, mais la seule perspective de patauger dans la gadoue me donne des ardeurs sudistes. Fêter Noël et le jour de l’An sous les palmiers me va très bien.

La Baja California, où nous nous rendrons en janvier, pourrait d’ailleurs relancer notre voyage. Je la vois venir avec un mélange de plaisir et de crainte. Plaisir parce que nous n’avons jamais mis les pieds dans cette région que l’on dit très belle, crainte parce que le Mexique a bien mauvaise réputation. Plusieurs Américains rencontrés nous disent spontanément qu’ils n’y mettraient jamais les pieds. Mais il est difficile de savoir si leurs appréhensions sont fondées, car ce sont des gens qui rechignent à quitter leur pays et qui ont des préjugés gros comme le bras à l’égard des Mexicains. On verra bien, amigos.

Des œufs frais!

Voyant une affiche le long de la route, Lise me lance : «Des œufs frais! Arrête-toi.» Sitôt dit, sitôt fait! Il faut dire que nous sommes accros aux œufs frais. Ça nous rappelle l’Europe, où ils sont si délicieux, à peine sortis de la poule. À Nice, en particulier, nous les achetions au marché d’une dame qui amenait une de ses vieilles pondeuses avec elle. Rien à voir avec les œufs du Québec, qui sont si défraîchis quand ils arrivent dans les épiceries qu’on se demande s’il n’en sortira pas des poussins.

Nous voilà donc dans une boutique au bord de la route où il y a des œufs, beaucoup d’œufs. Beaucoup trop pour provenir d’une petite production. Déjà, on aurait dû se méfier, d’autant qu’ils étaient tous pareils, d’un blanc monotone. Mais nous étions restés accrochés à la pancarte «œufs frais». Un peu penauds, nous sommes repartis avec une douzaine d’œufs supposément frais, pas vraiment convaincus d’avoir fait une bonne affaire.

Une fois dans La grande bleue, notre mauvaise impression a été confirmée quand on a aperçu, à une centaine de mètres, un gigantesque poulailler où les poules étaient assurément en cage. Nous venions d’acheter des œufs que nous n’aurions même pas choisis dans un supermarché.

Joyeux temps des fêtes!

Lise se joint à moi pour souhaiter à tous les lecteurs et lectrices de ce blogue un joyeux temps des fêtes. Nous avons, bien entendu, une pensée toute spéciale, chaude et tendre, pour les enfants, les petits-enfants et les belles-filles, ainsi que pour les proches avec lesquels nous avions l’habitude de fêter Noël et le jour de l’An. Ils nous manquent tous, c’est sûr. On les embrasse bien fort.

Paul

Heureux à Yosemite.

Heureux à Yosemite.

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Commentaires sur: "L’éternité sous les palmiers" (3)

  1. Joyeux temps des fetes! Comme on disait, la misere est beaucoup mieux sous le soleil… Car ici au Quebec, c’est le deluge a Noel. Il fait jusqu’a 10 celsus depuis un semaine… Bonne continuation! Baja California est sur notre liste a visiter…

  2. Oussama Muse a dit:

    Jamais d’oeufs sans toit ! Joyeux Nouvel an 2015 sous les palmiers et bonne route au Mexique, bande de veinards bipolaires !

  3. Marie-France Huot a dit:

    Bonjour à mes deux nomades préférés… Paul, mois, lorsque je ferme les yeux, je nous vois lors de nos soupers du dimanche avec Laurence qui s’exclame T’es nono grand-papa Paul!!!! Mais profitez de ces beaux paysages et de cette nature qui ne cesse de nous surprendre. Ici, il fait froid et il n’y a pas de neige…c’est désolant comme paysage mais nous sommes entourés de la famille et c’est ce qui compte le plus. Gardez le moral et surtout, vivez le moment présent car il ne reviendra pas…
    Je vous aime,
    Marie-France
    xxx

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