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Une pause bienvenue

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Après avoir voyagé pendant plus d’un an, Lise et moi avons éprouvé le besoin de faire une nouvelle pause. Le besoin était d’autant plus impératif qu’en janvier nous reprendrons la route pour visiter la Baja California, ce qui ajoutera presque 4000 kilomètres à notre trajet. Et au retour du Mexique, on sera encore bien loin de Montréal, où on reviendra en avril, juste à temps pour l’échéance des impôts.

Notre faculté d’adaptation était un peu émoussée. C’est bien beau la nouveauté, mais trop, c’est trop. «En fait, m’a écrit ma sœur Jocelyne, vous vivez l’inverse de la sédentarité quand le besoin de vacances se fait sentir.» Alors, on s’est dit que ce serait bien, pendant quelques semaines, de vivre à un rythme plus pépère : dodo, piscine, lecture, télé, promenade, etc.

C’est pourquoi nous avons choisi d’aller vivre chez les pépés. Le Caliente Resort, dans le désert californien, est en effet réservé aux plus de 55 ans. En général, c’est une formule qui ne me branche pas trop. J’ai beau être sur le point de buter sur mes 70 ans, j’aime les boomers, mes semblables, mes frères, mais à dose homéopathique. Dans les musées en semaine, dans les cinémas l’après-midi, aux Grands Explorateurs tout le temps, on tombe toujours sur eux. J’ai l’impression de me retrouver dans un labyrinthe de miroirs. Ça m’angoisse un peu. Lise, elle, ça la déprime un peu. Alors, on essaie de trouver des «resorts» qui ne ressemblent pas à un gros club de l’Âge d’or.

??????????Le Caliente toutefois, comparé à ses concurrents du coin, nous offrait de si bons tarifs et de si belles installations, en particulier une grande piscine et des bassins de sources chaudes et naturelles, que nous l’avons choisi, malgré tout. Eh ma foi! On ne l’a pas regretté. Enfin un petit peu, tout de même.

Nous n’avons pas profité de son petit golf (je ne joue pas), ni de ses courts de tennis (je ne joue plus), mais de sa piscine et de ses bassins, nous avons joui à plein. J’adore les sources d’eau chaude. J’y reste jusqu’à ce que la peau commence à ratatiner. Mais il paraît que c’est très bon, même pour la peau. C’est excellent en tout cas pour nos vieux os. Je suis arrivé là avec un mal d’épaule, résultat des heures et des kilomètres de conduite. La douleur a disparu en deux jours.

On peut aussi aller marcher dans les collines environnantes, sans même devoir prendre son autocaravane. Les sentiers ne sont pas balisés, mais c’est sans importance, car les monts étant dénudés, on ne risque jamais de se perdre.

??????????Si l’on est prêt à décamper, on peut se rendre au Joshua Park, à moins d’une heure de route, où l’on peut faire de belles randonnées. C’est surtout le nord du parc qui vaut le déplacement. Des millions d’années de séismes ont sculpté ces superbes blocs de granite qui s’élèvent dans le désert. Le sud, en revanche, est aride et plutôt banal, exception faite du Cholla Cactus Garden, qui est fort joli.

Finalement, les 15 jours ont passé vite au Caliente. Ils ont passé d’autant plus vite que nous en avons profité pour cocher les tâches peu agréables mais indispensables : vidange d’huile, réparation de la génératrice, coupe de cheveux, etc.

Cela dit, il manquait à ces lieux ce zeste de jeunesse qui nous a fait le quitter sans trop de regrets. De toute évidence, nous ne sommes pas mûrs pour un «resort» réservé aux «seniors» pendant tout un hiver. Quant au CHSLD, il attendra.

Le carnet du caravanier

J’ai déploré à quelques reprises la surabondance des automobiles en Californie. Mais il faut aussi mentionner que cet État fait une belle place aux énergies renouvelables. Dans le désert près de Palm Springs, par exemple, on peut voir des champs de panneaux solaires et, plus encore, des kilomètres d’éoliennes, dont le blanc éclatant tranche sur le brun chocolat des montagnes environnantes.

Ce sont surtout les éoliennes qui retiennent l’attention, ne serait-ce qu’en raison de leur hauteur et de leur nombre. J’ai immédiatement pensé à la levée de boucliers qu’aurait provoquée un tel complexe au Québec, où la seule vue de ces grands moulins à vent déclenche une crise nationale d’urticaire.

Malgré leur blancheur, les éoliennes m’ont aussi fait penser à des cols bleus. J’ai l’esprit tordu, direz-vous. Mais regardez-les attentivement. Certaines ne bougent pas, comme de valeureux cols bleus en interminable pause au parc La Fontaine. D’autres tournent paresseusement, comme si elles étaient surveillées par un contremaître. Quelques-unes enfin s’activent comme des moulins à vent hollandais. Ces zélées ne se sont pas encore fait taper sur les doigts par leur syndicat, mais ça ne saurait tarder.

Lise vous fait ses amitiés. On se revoit samedi prochain.

Paul

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Commentaires sur: "Une pause bienvenue" (1)

  1. Plus je te lis, plus j’apprécie ta prose, cher Paul. Ton blog est Interressant. Drôle, informatif, pas trop long. Bravo! Bonne continuation. Louise Lemieux, ex collègue, Le Soleil.

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