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San Francisco sans magie

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Ça fait au moins 40 ans qu’on me demande si j’ai vu San Francisco. Et quand je dis non, on me regarde d’un air navré, de l’air que je dois avoir quand je demande aux gens s’ils ont vu Paris ou Rome et qu’ils me répondent non. Désormais, je pourrai enfin dire oui. Mais je surprendrai sans doute mes interlocuteurs en ajoutant que je n’ai pas été emballé outre mesure.

Certes, la ville est belle, une des plus belles des États-Unis, j’en conviens volontiers. Pourtant, la magie n’a pas opéré, le coup de foudre ne s’est pas produit. Cette déception mérite quelques explications.

??????????J’ai déjà dit, je crois, que le caravaning n’est pas le moyen idéal pour visiter une grande ville. Mieux vaut s’installer au cœur d’une cité pour en découvrir l’âme. Séjourner dans un camping de banlieue et aller visiter une ville le jour, en bon touriste, n’est évidemment pas idéal. Caravaning oblige, c’est ce que nous avons fait en nous installant au Candlestick RV Park, près de l’ancien stade des 49ers. Ce camping est pourtant tout à fait convenable. Mais la route est longue et encombré pour rejoindre le centre-ville.

La distance toutefois n’explique pas tout. À Vancouver et à Victoria également, nous habitions un camping de banlieue, ce qui ne nous a pas empêchés d’adorer ces villes. D’autant qu’à San Francisco, nous n’avons même pas eu à utiliser les transports en commun. Grâce à notre ami Daniel, toujours à l’affût des nouvelles technologies, nous avons en effet opté pour UberX, le service de covoiturage commercial qui tente de s’imposer à Montréal en ce moment. Pour le prix de la navette du camping, nous pouvions nous rendre rapidement où nous voulions dans San Francisco et en revenir à l’heure qui nous convenait.

Peut-être avons-nous mal choisi nos destinations. Le quartier chinois est surpeuplé et sale. Haight Ashbury, qui fut le berceau du mouvement hippie, est aujourd’hui sordide par endroits. Quant au quartier italien, il est sympa, mais il a perdu beaucoup de son pittoresque depuis l’époque des beatniks et de Jack Kirouac.

Le parc Golden Gate, que nous avons parcouru de bout en bout, est très beau. Mais les autos, omniprésentes à San Francisco, même dans ses rues étroites et pentues, le rendent bruyant. L’endroit n’est pas non plus très convivial. On y trouve peu de bancs et peu de tables. Il manque cruellement aussi de lieux pour se sustenter. Tant et si bien que nous étions complètement affamés lorsque nous sommes arrivés à la plage Ocean Beach tout au bout. Manque de pot, les deux restaurants où nous sommes entrés étaient pleins.

Au centre-ville, il y a de bien beaux immeubles. Mais là aussi, la circulation est envahissante et le bruit agaçant.

??????????Côté négatif, il faut ajouter l’arrivée à San Francisco, où nous avons été englués dans un gros bouchon, et le départ, où il a fallu rouler plus d’une centaine de kilomètres, à travers une banlieue sans fin, avant d’apercevoir un bout de campagne.

Cela dit, il y a eu aussi de beaux moments au cours de nos quatre jours de tourisme. Nous avons bien aimé visiter Alcatraz, la prison mythique où l’on enfermait les criminels les plus dangereux des États-Unis, au milieu de la baie de San Francisco.

Nous avons aussi pris beaucoup de plaisir à gravir la rue Lombard jusqu’à ses huit virages très serrés, qui en feraient «la route la plus sinueuse des États-Unis», ou à parcourir le sentier du littoral, le Lands End Trail, qui mène au Golden Gate. Les heures passées au restaurant ou au café avec nos amis sont également de beaux souvenirs.

Bref, il y a eu assez de beaux moments pour ne pas regretter notre séjour, mais pas assez pour nous donner envie de revenir.

Le carnet du caravanier

??????????Lorsque je suis entré dans la salle de bains du Candlestick RV Park, un caravanier était déjà sous la douche. Quand j’en suis ressorti 25 minutes plus tard, il venait tout juste de fermer le robinet. Un cas d’exception? Eh bien non! L’Américain moyen se sent si sale qu’il consomme en une seule douche autant d’eau qu’un village de Bengalais au complet. Et pourtant, on peut lire dans de nombreux campings une affiche disant : «La Californie est affectée par une dure sécheresse. De grâce, ménagez l’eau!»

Dans la vallée de Joaquim, qui est presque un désert, on fait pousser des fruits sur des dizaines de kilomètres grâce à un arrosage intensif. Là aussi, on ne ménage guère l’eau. Bien sûr, direz-vous, c’est pour récolter des fruits. Mais je ne suis pas sûr que ce soit une idée géniale de cultiver des agrumes sur une terre aride, entre des autoroutes où circulent chaque jour des millions de voitures de plus en plus grosses.

Plus nous séjournons en Californie et plus je doute que cette civilisation ait un bel avenir. Mais rassurez-vous, je ne vais pas m’installer au bord d’une autoroute avec une pancarte affirmant que la fin du monde est proche, comme dans les bandes dessinées. Nous aurons sans doute le temps de terminer ce voyage avant.

Lise vous fait ses amitiés. On se revoit samedi prochain, le long de Big Sur.

Paul

La ville vue de la prison d'Alcatraz.

La ville vue de la prison d’Alcatraz.

 

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