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En conduisant vers le Yukon, j’ai repensé à mon ami Jean-Paul, qui se demandait ce que j’allais faire dans ce territoire reculé, moi qui n’aime ni la pluie ni le froid. C’est qu’il pleuvait depuis quatre jours. Depuis quatre jours donc, nous roulions sur une route parsemée de nids-de-poule. De chaque côté, des arbres, que des arbres sur des centaines de kilomètres. Et dans le pare-brise, des gouttes de pluie qui réapparaissaient dès que les essuie-glaces avaient chassé les précédentes.

Nous comptions nous arrêter le long de la route de l’Alaska pour parcourir quelques sentiers. Mais il aurait fallu des scaphandres, et pour marcher, ce n’est pas terrible.

??????????Il faut avoir la foi pour se rendre au Yukon. Ou une bonne dose d’entêtement. Mais nous étions rendus si près du but qu’il était trop tard pour faire marche arrière. Je me suis dit toutefois : si le mauvais temps persiste, si les chemins restent aussi mauvais, on ne va pas y faire de vieux os.

À notre arrivée à Watson Lake, porte du Yukon, les nuages ont commencé à se fractionner. Même que le lendemain il faisait un soleil splendide. Lise a proposé qu’on reste une journée de plus. Bonne idée d’autant qu’on était un peu fatigués par les longues journées sur la route. On avait besoin de souffler.

Et on avait envie de marcher. Par bonheur, tout à côté du camping, il y avait un sentier autour du lac. Belle balade, sauf que nous n’étions pas seuls. Non, les touristes ne nous avaient pas suivis. Mais les maringouins, si ! Jean-Paul aurait pu les ajouter à ma litanie ; j’aime pas les moustiques. On se serait cru au Québec. Heureusement pour moi, ils préfèrent Lise eux aussi. N’empêche qu’on ne s’est pas trop attardés le long du parcours.

??????????Au retour, nous nous sommes rendus au Sign Post Forest, un endroit où les visiteurs du monde entier laissent des pancartes avec leurs noms et leur lieu d’origine. C’est une curiosité touristique, bien sûr, mais elle ne manque ni d’originalité ni de panache. Nous n’avions pas apporté de pancarte et nous le regrettions. Mais nous avons vu, clouée à un poteau, une semelle où une voyageuse avait laissé ses coordonnées. Sans doute inspirée par la chanson de Félix «Moi mes souliers ont beaucoup voyagé», Lise est revenue avec deux semelles intérieures qui ne servaient plus. Désormais bien vissées dans le parc, elles indiquent fièrement notre passage.

Lundi, nous sommes partis pour Whitehorse, où nous nous sommes installés pour la première fois dans un Walmart. Eh oui, nous nous sommes joints à la communauté des Walmartiens. Nous étions près d’une centaine ce soir-là, sur le grand stationnement du magasin.

Nos impressions? Pas mauvaises du tout. Certes, le lieu est bruyant. Pas à cause des Walmartiens, bien tranquilles, mais à cause des autos et des camions, qui passent tout près. Mais il y a, tout à côté du parking, une station de vidange, un point d’eau potable, des poubelles et un café Starbucks. De plus, on peut capter le Wi-Fi du Walmart. Et c’est gratuit. Avouez qu’il y a pire.

Ah! j’allais oublier : la pluie avait repris à Whitehorse. Mais au moins nous étions sur l’asphalte, pas dans la boue comme sur les campings des jours précédents.

Mercredi, nous avons quitté sans regret les Walmartiens pour le parc Kluane. À l’origine, nous devions passer par Dawson City, l’ex-métropole des chercheurs d’or. Mais la perspective de rouler pendant près de 550 kilomètres sur une route mauvaise et monotone nous a découragés.

??????????Nous aurions ensuite gagné Kluane par la route panoramique du Toit du monde. Mais tous les caravaniers que nous avons croisés nous ont déconseillé de l’emprunter en autocaravane. Le chemin n’est pas asphalté et les pluies des derniers jours l’ont abîmé encore davantage. Les crevaisons et les bris de pare-brise y sont fréquents. De plus, 25 kilomètres sont en travaux.

Un Saskatchewanais a ajouté que cette route n’était pas si belle qu’on le dit. «La plupart du temps, a-t-il raconté, on roule dans une vallée, où la vue est bouchée par les montagnes.» Exagérait-il? Allez savoir! Toujours est-il qu’on a décidé de ne pas courir le risque.

On se revoit donc la semaine prochaine, où on vous parlera, si vous êtes bien sages d’ici là, de Kluane. Lise vous fait ses amitiés. À bientôt.

Paul

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Commentaires sur: "Premières impressions du Yukon" (1)

  1. Bonsoir à vous deux,

    Que vous êtes courageux de faire ce voyage au Yukon. Je ne crois pas que j’aurais été tentée de le faire quand j’avais vos âges. Vous deux dans un Walmart, vous me surprendrez toujours. Je souhaite que la suite de ce voyage vous sera plus agréable. Faut dire qu’ici nous avons notre dose de pluie et de vent en plus de l’humidité. Pour la semaine, ce sera un plus chaud avec quelques orages dispersées. Rien à dire faut prendre ce qui passe.

    J’ai envoyé un mot la semaine dernière. Cependant, j’ai l’impression que le message n’est jamais parti. Sur Facebook, vous devriez le recevoir.

    Bonne suite à votre voyage.

    Amicalement,

    Madeleine

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