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Lise et moi n’avons pas aimé la Colombie-Britannique au premier abord. Il faut dire que la première semaine, il a plu presque tous les jours. Après trois mois passés dans des États où les précipitations sont rarissimes, ce fut un choc.

Il faisait froid aussi. En quittant Creston, la pluie s’est même transformée en neige. La grande bleue est restée imperturbable. Mais j’ai eu peur que les précipitations ne se métamorphosent en verglas. Heureusement, aussitôt ce col passé, la pluie est revenue, intense et désagréable mais sans danger.

De plus, Kootenay nous rappelait trop le Québec. Cette région, il est vrai, fait partie des Rocheuses. Mais près de la frontière américaine, ses montagnes ne sont pas imposantes. Leur rondeur paisible fait penser plus aux Laurentides qu’aux Alpes. On trouvait qu’il y avait trop d’arbres, trop d’eau, trop de vert. Pendant dix jours, nous nous sommes ennuyés de l’Arizona, de ses paysages désertiques et arides, de ses couleurs rouge et orange.

??????????Puis, un déclic s’est produit. Le fait de quitter Creston et Trail, deux petites villes plutôt banales, pour Castlegar et Nelson, beaucoup plus pittoresques, a contribué à modifier notre humeur. Le beau temps a fait le reste. Il s’est même mis à faire très beau. Finie la pluie. Le soleil est apparu dans toute sa splendeur, avec juste ce qu’il faut de nuages pour donner du relief aux paysages, et les températures ont bondi.

À Castlegar, nous avons trouvé un très beau petit camping, le Kootenay River Campground, avec vue sur la rivière. Mais le vrai coup de foudre s’est produit à Nelson, une charmante petite ville d’art et de culture. De tourisme aussi, mais pas trop, du moins en mai.

Ce qui frappe en arpentant cette ville, c’est qu’elle est habitée par les gens de la place. Ce qui frappe aussi, c’est que sa population est jeune, signe tangible que l’endroit s’est renouvelé au lieu de dépérir. Ce qui frappe enfin à Nelson, c’est son côté «cool» et «New Age». Il y aurait, paraît-il, pas mal de producteurs de marijuana dans les environs. Nous, on a juste vu un jeune couple en vendre devant un café de la rue principale (non, on n’en a pas acheté). On sait, par contre, avec certitude, que la municipalité regroupe un grand nombre de producteurs bio et locaux, ainsi qu’une belle brochette d’artisans, d’artistes et d’écrivains.

??????????Nelson est aussi une jolie ville. Après la débâcle économique du début des années 80, on a misé, d’après Wikipédia, sur l’embellissement du centre-ville en rénovant les immeubles construits lors de la grande ruée vers l’argent. On peut penser que le consultant choisi par la ville était de meilleur conseil que ne le fut Lotaire Rapaille pour Québec. C’est en tout cas très réussi!

Bref, nous nous sommes immédiatement sentis très bien dans cette ville, où nous retournerons volontiers.

Cela dit, permettez-moi de râler un peu, sinon vous allez croire que j’ai été touché par la grâce. Il y a de nombreux sentiers de randonnée en Colombie-Britannique. On s’en réjouit, tout en déplorant qu’ils soient jusqu’ici plutôt mal balisés et souvent difficiles à trouver. Cette semaine, par exemple, il a fallu se rendre au centre d’information touristique de Castlegar, après avoir cherché en vain la Mary Creek Trail. Heureusement d’ailleurs, sinon on la chercherait encore tant les cartes étaient imprécises.

La dame qui nous a reçus très gentiment a cependant omis de nous préciser qu’il faudrait emprunter une route de deux kilomètres parsemée de trous immenses et de pierres rébarbatives. Le dépliant qu’elle nous a remis ne le précisait pas davantage. C’est pourtant le genre de détail qu’on n’oublie jamais aux États-Unis, où on nous aurait sans doute déconseillé de prendre cette route avec notre autocaravane de 24 pieds. La grande bleue s’est encore une fois bien comportée, mais elle est revenue du trajet quelque peu égratignée par les arbres le long du chemin.

Le carnet du caravanier

On rencontre sur les routes une affiche montrant un chevreuil bondissant. Jusque-là, rien d’étonnant. Il arrive en effet, et on a pu le constater pas plus tard que cette semaine, qu’un animal s’aventure le long du chemin. On a même vu, en quelques minutes seulement, un chevreuil et un coyote. Deux fois, j’ai dû ralentir brusquement. L’avertissement n’est donc pas inutile.

Ce qui me fait sourire, en revanche, c’est la précision «sur les 27 prochains kilomètres». Comment en arrive-t-on à un chiffre pareil? Pourquoi 27, et non pas 26 ou 28? Peut-être existe-t-il une convention signée par les animaux, où ils s’engagent à ne pas se jeter devant les véhicules au-delà des 27 prochains kilomètres. Mais ça m’avait échappé.

Lise vous fait ses amitiés. À samedi prochain.

Paul

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